Aller au contenu principal

La bonne quantité d’eau au bon moment

Principalement en raison de l’accentuation des périodes sèches au cours du printemps, le pois de conserve est une culture qui tend à être de plus en plus irriguée
au cours de ces dernières années. L'utilisation d'une stratégie d'irrigation adaptée et d'une variété tolérante devrait toutefois limiter les besoins en eau de cette culture.

Adapter l’irrigation du pois au climat

Encore minoritaires dans la Somme, les irrigations sont généralement réalisées autour du stade de floraison pour réduire le stress hydrique. À cette période, le pois est particulièrement sensible au manque d’eau. Les règles de décision pour déclencher l’irrigation restent toutefois approximatives et demandent à être précisées pour améliorer l’efficacité de l’eau apportée au pois. Ce travail est d’autant plus nécessaire que les projections climatiques pour les prochaines années prévoient plus de besoins en eau. 

Pour anticiper cette évolution climatique, la Chambre d’agriculture de la Somme travaille depuis cette année avec Bonduelle et les organisations de producteurs (OPL vert et OPLINord) sur Eva-lu’eau, un projet centré sur l’irrigation du pois de conserve et du haricot vert. Objectifs : identifier les phases d’irrigation déterminantes de ces deux cultures et définir des stratégies d’irrigation efficientes et économes en eau pour garantir la récolte en quantité et en qualité.
Une attention particulière est portée sur l’effet variétal lié à la tolérance au stress hydrique, caractéristique essentielle pour envisager des économies d’eau, mais pourtant très mal connue jusqu’à maintenant.

 

Une première quantification de l’impact du stress hydrique sur le pois

Cette année, les premières expérimentations ont été menées à Berny-en-Santerre. Trois modalités ont été définies : pour chacune d’elle, un stress hydrique est provoqué lors d’une phase du cycle du pois (stress 1 : du semis au bouton vert, stress 2 : du bouton vert à la fin de la floraison, stress 3 :
après floraison). Une quatrième et dernière modalité, maintenue constamment en confort hydrique, constitue le témoin. L’originalité de l’essai consiste à protéger les micro-parcelles de l’essai avec des abris mobiles lorsqu’une pluie est annoncée.  Cette technique permet de s’assurer de provoquer un stress hydrique lorsque le protocole de l’essai l’exige, même si la pluviométrie est importante. 

Les pois ont été semés le 29 mars et récoltés du 22 au 26 juin selon les modalités (ajustement de la date pour homogénéiser la tendérométrie). D’après nos résultats, l’impact du stress hydrique est le plus fort lorsqu’il intervient autour de la floraison (stress 2 et stress 3). Parmi les trois composantes du rendement étudiées, ce sont le nombre d’étages par plant et le nombre de grains par gousse qui sont les plus impactés. Des diminutions de l’ordre de 35 % pour le nombre d’étages et de 20 % pour le nombre de grain par gousse ont été mesurées pour les modalités stress 2 et stress 3. Le nombre de gousses par étage est, quant à lui, plutôt stable quel que soit la modalité.

 

Une variété plus tolérante déjà identifiée

Par ailleurs, cet essai ayant été mené sur deux variétés, Firenza et Tarn, il est déjà possible d’apprécier la différence de tolérance au stress hydrique pour chacune d’elle. D’après ces premiers résultats, Firenza semble plus tolérante que Tarn, en particulier lorsque le stress hydrique intervient au moment de la floraison.

Au cours des deux prochaines années, cet essai va être reconduit afin de confirmer ces premières tendances. Davantage de variétés vont toutefois être considérées afin d’étudier plus finement l’effet variétal sur la tolérance au stress hydrique. La finalité réside ici en la définition d’une stratégie d’irrigation optimale pour un panel de variétés de pois. Ces nouvelles connaissances pourraient contribuer à raisonner l’irrigation du pois en adaptant les règles de décision selon les caractéristiques de chaque variété.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

quota sur la pêche du maquereau
Un quota sur la pêche du maquereau met le feu aux pontons

La décision envisagée par la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud de limiter à cinq maquereaux par jour…

Burger King Noriap
La « Gaufrette fries », une innovation de Noriap chez Burger King

La coopérative Noriap, Burger King France et Lamb Weston viennent de lancer un nouveau produit à base de pommes de terre…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde