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La campagne betteravière démarre sous de bons auspices

De bons rendements et des prix supérieurs aux dernières années : voilà ce qu’espère la filière betteraves pour cette nouvelle campagne, qui démarre tout juste. 

Les planteurs peuvent espérer approcher un rendement de 90 t/ha à 16° et une rémunération de 30 €/t pulpes comprises. 
Les planteurs peuvent espérer approcher un rendement de 90 t/ha à 16° et une rémunération de 30 €/t pulpes comprises. 
© Reussir

Le vent semble enfin avoir tourné pour les betteraves de la Somme. Après une campagne  2020-2021 délicate en termes de production (sécheresse, jaunisse...), les 46 000 ha qui s’apprêtent à être arrachés semblent prometteurs. «Le climat pluvieux du printemps et de l’été a été bon pour le poids racine, mais moins pour la richesse en sucre. Cependant, les jours chauds et ensoleillés dont nous avons bénéficié fin août et début septembre ont été très bénéfiques à la quantité de sucre par hectare», rassure Yohan Debeauvais, responsable de l’ITB Somme. 

Il faut dire qu’il ne manquait qu’un rayon de soleil pour permettre une photosynthèse de la plante efficace : «Nos betteraves ont fait deux fois plus de feuilles que d’habitude. La boîte à sucre se remplit enfin», se réjouit Dominique Fievez, président de la CGB Somme. Les maladies, elles, ont été bien maîtrisées. «La pression cercosporiose était un peu plus forte que les deux années précédentes, mais la gravité reste faible. La jaunisse, même dans les parcelles non traitées aux NNI, n’a pas atteint le seuil des 10 % de surfaces touchées pour impacter le rendement», relève Yohan Debeauvais. À la CGB, on espère des rendements dans la moyenne cinq ans, voire plus. «On devrait approcher les 90 t/ha à 16°, et c’est rassurant», note Dominique Fievez.

Les premiers arrachages ont eu lieu la semaine dernière. «Il s’agissait des betteraves concernées par des traitements avec du désherbant non conforme commercialisé par Adama, qui seront à destination de la production d’éthanol», précise Jean-Jacques Fatou, directeur adjoint de la CGB Somme. Les sucreries, elles, adaptent leur date de démarrage pour laisser aux betteraves le bénéfice des derniers jours ensoleillés. L’usine Tereos de Boiry (62) était la première du secteur à lancer sa campagne de transformation en sucre ce 16 septembre. Les autres usines - Tereos à Attin (62) et Chevrières (60), Cristal Union à Sainte-Émilie (80) et Saint Louis Sucre à Roye (80) - devraient démarrer dans les prochains jours. La durée de campagne est prévue entre cent-dix et cent-trente jours selon les usines. 

Meilleur prix ?

En plus d’une bonne récolte, les planteurs peuvent aussi espérer une meilleure rémunération. «Le marché mondial, qui influe le marché européen sur lequel nous sommes positionnés, est à un niveau que nous n’avions pas connu depuis trois ans, à 0,20 $/lb. Nous n’avons pas encore atteint le fameux palier des 400 /t de sucre, mais on peut espérer s’en approcher», analyse Dominique Fievez. Avec un marché des pulpes, lui aussi porteur, les planteurs peuvent espérer une rémunération à hauteur de 30 €/t tout compris.

 

En toute sécurité 

Les 46 000 ha de betteraves à arracher mobilisent plus de cent entreprises pour les transporter, vers les sucreries de Roye, Sainte-Émilie, Boiry (62), Attin (62) et Chevrières (60). «Cela représente jusqu’à 75 000 km parcourus chaque jour, et cela, pendant quatre mois», note le Département de la Somme. Voilà plusieurs années que le Département travaille main dans la main avec les acteurs de la filière (planteurs, sucreries, transporteurs) pour assurer la meilleure sécurité routière possible. 
«L’arrêté départemental fonctionne très bien. Nous avons plus de mille dépôts, qui s’organisent tous de la même manière : un stationnement des camions en demi-chaussée, signalés par de simples panneaux lorsque cela est suffisant, ou par des feux alternatifs lorsque la sécurité l’impose», rappelle Jean-Jacques Fatous, directeur adjoint de la CGB Somme. Néanmoins, l’organisation pourrait être améliorée si les agriculteurs l’anticipait davantage. «Les demandes d’autorisation des dépôts sont censées être faites deux mois avant, mais certaines le sont bien plus tard. Or, si les agents du département n’ont pas le temps de se déplacer sur place, par sécurité, ils imposent des feux alternatifs coûteux, alors que ceux-ci peuvent souvent être évités», assure-t-il. Pour faciliter ces demandes, les agents du Département souhaitent aussi qu’une cartographie type capture d’écran géoportail, avec le lieu exact du dépôt, leur soit fournie. «La plaine est vaste et les parcelles se ressemblent.»
La CGB aimerait enfin remettre à jour le protocole d’engagement collectif signé en 2018 (par l’État, le Conseil départemental, l’Association des maires de la Somme, la Fédération nationale des transporteurs routiers, la CGB Somme et les sucreries).
La CGB Somme met à disposition de ses adhérents un jeu de feux alternatifs, à venir chercher dans ses locaux, rue Alexandre Dumas, à Amiens. Tél. : 03 22 33 25 70
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