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À la campagne, on pédale (un peu) pour aller travailler

D’après une enquête de l’Insee de janvier 2021, les transports doux sont utilisés pour près d’un quart des trajets domicile-travail de courte distance, mais plus en ville qu’en campagne. Certains ruraux les ont tout de même adoptés. 

En Hauts-de France, en 2017, 646 400 actifs résident à moins de 5 km de leur lieu de travail. Près d’un quart d’entre eux s’y rendent en marche, vélo ou trottinette. 
En Hauts-de France, en 2017, 646 400 actifs résident à moins de 5 km de leur lieu de travail. Près d’un quart d’entre eux s’y rendent en marche, vélo ou trottinette. © A. P.
© A. P.

Depuis cet été, Laurent Copin enfourche régulièrement son nouveau vélo électrique pour se rendre au travail. 19 km le séparent de Saisseval, où il habite, à son travail, à Amiens nord, soit vingt minutes de voiture. «À vélo, je n’emprunte pas le même trajet pour éviter les grands axes. Je mets près d’une heure, mais tout est différent. Je prends le temps et je prends l’air. C’est un sas de décompression.» Sa femme, Laurène, qui travaille à Abbeville, à 40 km, a choisi le train, puis la marche à pied de la gare à son lieu de travail. «Je mets une heure de plus qu’en voiture, mais le trajet est plus reposant. Surtout, je fais de sacrées économies.» Même la fille, Armance, a opté pour le train puis la trottinette, une fois en gare d’Amiens. «Le stationnement est très compliqué en ville. Je gagne du temps et de l’argent !»

D’après une enquête de l’Insee de janvier 2021, ce sont plutôt les personnes qui habitent près de leur lieu de travail qui privilégient ces modes de transport. «En Hauts-de France, en 2017, 646 400 actifs résident à moins de 5 km de leur lieu de travail. Près d’un quart d’entre eux s’y rendent en marche, vélo ou trottinette», est-il indiqué. Cette distance de moins de 5 km représente 31 % des trajets domicile-travail. C’est en moyenne 2,7 points de moins qu’en France de province. «Comme ailleurs, deux tiers de ces courts trajets s’effectuent en voiture. L’utilisation des transports en commun y est légèrement moins fréquente qu’en province (8,1 % contre 9,2 %). En revanche, 23 % des actifs de la région, soit 146 900 personnes, choisissent un des transports doux que sont la marche, le vélo, la trottinette…, soit une proportion légèrement supérieure à celle de France de province (22 %)», est-il précisé. 

Sans surprise, il s’avère que les citadins se passent plus facilement de leur voiture que les ruraux. «Plus l’aire d’attraction d’une ville est peuplée, plus les actifs utilisent des modes de transport doux pour les trajets courts.» Ainsi, dans l’aire d’Amiens, les actifs recourent souvent aux modes de déplacement doux (27 %) et, en particulier, au vélo (6 %). Au sein d’aires moins peuplées, telles que celle d’Abbeville, la voiture prédomine plus largement (73 % contre 68 % en région), au détriment des modes de déplacements doux (21 %) et, en particulier, du vélo (3,3 %).

La différence existe même entre les hommes et les femmes. «Les femmes travaillent plus fréquemment à proximité de leur domicile (35 % contre 28 % pour les hommes)», justifie l’Insee. 16 % d’entre elles parcourent moins de 2 km, soit 3 points de plus que les hommes. «Cette proximité est un atout pour se déplacer plus souvent à pied (20 % contre 16 % des hommes) ou en transport en commun (9,6 % contre 6,5 %). À l’inverse, les hommes utilisent plus souvent le vélo (6,2 % contre 3,2 %) et la voiture (69 % contre 67 %).»

 

Podium des trajets les plus longs

Si la plupart des habitants des Hauts-de-France n’utilisent pas les transports doux pour aller au travail, il peuvent avancer une excuse. Toujours d’après l’Insee, en 2017, ces actifs parcourent en moyenne 17,6 km pour aller travailler, soit 2,6 km de plus qu’en moyenne nationale. «C’est dans la région que ces trajets sont les plus longs, derrière Centre-Val de Loire (17,9 km) et devant la Normandie (17,1 km).» Cette particularité résulte en partie de l’attractivité de la Métropole européenne de Lille (MEL) au nord de la région et de l’Île-de-France au sud, ainsi que des facilités routières offertes par le territoire. 

Quelle que soit la distance à parcourir, la voiture reste le mode de transport privilégié par 82 % des actifs, soit une proportion similaire à la moyenne nationale. «Les autres modes de déplacement sont largement moins utilisés : 9,0 % pour les transports en commun, 7,7 % pour la marche, le vélo ou la trottinette et 1,1 % pour la moto. Pour les trajets inférieurs à 2 km, la marche est le mode de déplacement le plus utilisé, hors voiture.» Au-delà de cette distance, les transports en commun prennent le relais (le bus, puis le train). Leur recours, plus élevé dans la région qu’en province, est notamment dû aux trajets vers la MEL et la région parisienne.

 

Les agriculteurs très véhiculés

Et les agriculteurs, comment vont-ils travailler ? Selon l’Insee, la plupart habite près de son exploitation, lorsqu’ils n’habitent pas carrément sur place. «Les deux tiers des agriculteurs qui se déplacent pour aller travailler se rendent à moins de 5 kilomètres de leur lieu de résidence», indique une enquête publié le 19 janvier 2021. Sur les distances domicile-travail d’au plus 5 kilomètres, les agriculteurs se déplacent plus
souvent à pied que les autres catégories socio-professionnelles.
Parmi eux, 22,6 % y vont à pied… Mais 73,5 % y vont en voiture. «L’exercice de leur activité peut les amener à se déplacer sur de plus longues distances dans la journée, au-delà de leur seul lieu de travail», justifie l’Insee.
109 000 actifs, soit 22 % des actifs dont la géolocalisation du lieu de travail est sans incertitude, résidant à au plus un kilomètre de leur travail et recourant à leur voiture, déclarent avoir plusieurs lieux de travail. «Pour ces actifs, utiliser la voiture est très probablement lié à l’exercice d’activités plus éloignées de leur domicile que le lieu de travail principal déclaré. Il s’agit d’ailleurs, pour la moitié d’entre eux, d’agriculteurs, d’artisans, de commerçants, de personnels de service direct aux particuliers ou de professions de santé.»

 

Une aide à l’achat d’un vélo électrique

Le vélo électrique comme nouveau mode de déplacement ? Le Département de la Somme y croit.  Pour le promouvoir, il accorde une aide à tout particulier résidant dans la Somme, sans condition de ressources, pour l’achat d’un vélo à assistance électrique réglé par l’acquéreur auprès d’un commerçant de la Somme. À la clé : 25 % du prix d’achat TTC, avec un plafond de 400 E. Une seule aide pourra être apportée par foyer fiscal.«Cette subvention s’applique aux acquisitions intervenues à partir du 17 mars 2020, pour tenir compte de la période de confinement qui a été propice à ce mode de transport», explique-t-on au département. 
Seuls sont éligibles les vélos neufs à assistance électrique (cycles et tricycles) modèle adulte et répondant aux normes européennes à la date d’acquisition. La facture d’achat du vélo doit porter la mention «acquittée ou payée le» mentionnant le nom et l’adresse de l’acquéreur, la désignation précise du vélo, ainsi que l’adresse du commerçant. L’aide peut être cumulable avec d’autres dispositifs d’aide aux particuliers. Le bénéficiaire s’engage aussi à ne pas revendre le vélo subventionné dans un délai de trois ans. Le dépôt des demandes d’aides est à faire sur la plateforme de demande de subvention en ligne (https://subvention.somme.fr/). Fournir la facture d’achat, l’attestation sur l’honneur (téléchargeable lors de la saisie) remplie, et un Rib.
Renseignements : vae@somme.fr ; 03 22 71 81 87
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