Engrais
La Commission européenne s'engage à suspendre le MACF rétroactivement
Pour la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, « il n'y a aucune justification que les importateurs d'engrais augmentent leurs prix ».
Pour la ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, « il n'y a aucune justification que les importateurs d'engrais augmentent leurs prix ».
« La taxe carbone sur les engrais pourra être suspendue avec effet rétroactif au 1er janvier 2026. C'est une excellente nouvelle et un soulagement pour nos agriculteurs ! », s’est félicité la ministre de l’Agriculture Annie Genevard à l’issue d’une réunion d’urgence des ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles le 7 janvier.
En effet le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic a confirmé que le règlement amendant ce mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, proposé mi-décembre, permettrait de suspendre temporairement son application pour les engrais. Il s’est engagé à ce qu’une fois adopté par les colégislateurs - d’ici le mois de février - cette disposition puisse entrer en vigueur de manière rétroactive au 1er janvier 2026.
« Il n'y a donc aucune justification que les importateurs d'engrais augmentent leurs prix », a prévenu Annie Genevard.
Par ailleurs, la Commission européenne a aussi proposé, le même jour, de suspendre temporairement les droits de la nation la plus favorisée (NPF) restants « sur l'ammoniac, l'urée et, le cas échéant, certains autres engrais ». « Cette mesure pourrait entrer en vigueur rapidement en 2026 et serait globalement du même ordre de grandeur que les coûts découlant du MACF», souligne-t-elle.
Cette annonce est une « bouffée d’oxygène », a réagi Antoine Hacard, président de Métiers du Grain à La Coopération Agricole, dans un communiqué. Il attend toutefois des précisions sur leur mise en place, et à l'avenir, des mesures plus structurelles « pour sécuriser l’approvisionnement en engrais ».
Pour la FNSEA, il s'agit d'une « excellente nouvelle et un soulagement pour les agriculteurs ». Le syndicat majoritaire, qui y voit un effet de la mobilisation du 18 décembre dernier à Bruxelles, est déterminé : « Nous allons continuer à nous battre pour que cette suspension devienne définitive ». Autrement dit, que la taxe carbone sur les engrais pour l'agriculture disparaisse complètement.