Aller au contenu principal

La coopérative Grasasa fait dans la luzerne bio

En Dordogne, Grasasa brille par sa luzerne déshydratée biologique. Retour à Sainte-Sabine, sur les traces de cette coopérative pas comme les autres.

Parcelle de luzerne bio en phase d’essais cultivée par Bertrand Flayac, membre de la coopérative Grasasa.
Parcelle de luzerne bio en phase d’essais cultivée par Bertrand Flayac, membre de la coopérative Grasasa.
© Manon Bodeving

Cette année, du 1er au 10 juin, les coopératives ouvraient leurs portes au public pour cette quatrième édition de la semaine de la coop agricole. Grasasa ne fait pas exception et c’est avec plaisir et enthousiasme qu’elle accueillait médias et visiteurs. En 1975, Grasasa devient une Cuma (coopérative d’utilisation en commun de matériel agricole). Elle se transforme en un GEA (groupement d’employés agricoles) en 2003. Puis, elle évolue, il y a quatre ans, en une SAS (société d’actions simplifiés). La coopérative est engagée dans une démarche de qualité-sécurité-environnement. Ainsi, elle a réussi à cumuler jusqu’à
920 jours sans accident de travail. Elle est ouverte à peu près la moitié de l’année, mais continue d’envisager des améliorations techniques. Grasasa a une capacité de production de 40 000 t/an, dont 16 à 25 000 tonnes de granulés (entre 11 000 et 18 000 t de granulés de bois et entre 6 000 et 8 000 t de luzerne). A noter qu’aucune branche, ni tronc d’arbre n’est coupé pour produire ces fameux granulés de bois. Les fourrages se destinent principalement aux élevages laitiers, puis à la fabrication fromagère et à la fabrication d’aliments pour animaux. En 2012, la coopérative se munit d’un séchoir à bottes, permettant de produire du foin de luzerne.

La luzerne bio et ses essais
Cette légumineuse consomme les nitrates des sols, enrichit ceux-ci en azote, mais nécessite tout de même du potassium et du phosphore. Par ailleurs, c’est une excellente tête d’assolement (permet la rotation des cultures). C’est pourquoi les bénéfices de la luzerne sont mieux valorisés lorsqu’elle est cultivée de manière biologique. De plus, elle provoque un effet d’étouffement sur les mauvaises herbes durant plusieurs années (chardon, folle avoine et vulpin). Elle permet aussi de «casser» les cycles des maladies et des parasites. La luzerne possède un taux de protéines élevé et une capacité particulière pour favoriser la rumination.
Grasasa a vu sa production globale d’usine augmenter à la suite de plusieurs tranches d’investissements. La disponibilité de l’outil de travail utilisé pour la luzerne permet une diversification de l’activité avec la production d’autres cultures. Les qualités agronomiques d’une conduite en agriculture biologique et le faible écart de rendement avec la luzerne conventionnelle font d’elle une culture idéale pour une transition sécurisée vers la bio. En outre, la luzerne bio satisfait une demande croissante. Par conséquent, le groupe coopératif Grasasa travaille sur différentes plateformes d’essais. Le but : améliorer ses techniques agronomiques. C’est le cas sur une parcelle de Sainte-Sabine appartenant à Bertrand Flayac. Différents types d’essais sont pratiqués : variétaux, fertilisants et inocula. Plusieurs variétés sont cultivées : Galaxie Max MP01, Galaxie Max, Galaxie Max témoin, Sovrana, JDL0647 et Dorine. A savoir si l’une d’elles sortira du lot…

Présentation de la coopérative

Grasasa – Granulés Sainte-Sabine – est une coopérative agricole créée en 1969 par une quinzaine d’agriculteurs de Sainte-Sabine-Born, en Dordogne. Sa présidence est assurée par Thierry Guérin tandis que Denis Pinoit se charge de la direction générale. Depuis quarante ans, elle est spécialisée dans la déshydratation et la granulation de produits agricoles et forestiers. La coopérative se concentre donc sur deux marchés : l’alimentation animale,  avec la luzerne et les fourrages déshydratés, ainsi que le chauffage, avec les granulés de bois. C’est en plein cœur du Périgord qu’elle permet aux adhérents de valoriser au mieux leurs cultures. En 1981, ils décident tous d’abandonner le fioul, suite aux deux chocs pétroliers. C’est ainsi que Grasasa passe à la sciure, le bois étant abondant et peu coûteux à cette époque. L’année suivante, des poêles à granulés sont mis au point par des membres de la coop. Les premiers granulés de bois français sont fabriqués à Sainte-Sabine et dans quelques autres villes. Grasasa s’agrandit en 1991, permettant l’arrivée de nouveaux adhérents, et vend sa luzerne et son maïs à des fabricants d’aliments dans le Sud-Ouest. Onze années s’écoulent avant que la coopérative périgourdine se restructure et s’améliore techniquement. Elle augmente ses capacités de traitement et ouvre ses portes aux déchets agro-industriels : pomme, légumes, etc. Puis, c’est en 2003 que Grasasa obtient sa certification «Agriculture biologique» pour ses produits déshydratés. Six ans plus tard, la coopérative devient le premier producteur du Sud-Ouest à obtenir la certification NF Granulés Biocombustibles – Bois haute performance, avant d’acquérir en 2015, la certification EN + A1 (producteur et distributeur).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Hutte Hable d'Ault
Un drame évité de justesse dans une hutte du Hable d'Ault
Deux chasseurs occupant une installation de chasse de nuit ont échappé la nuit dernière à l’intoxication par les fumées d’un…
Groupama Grand Est
Pour une erreur de calendrier, Groupama fait le buzz malgré lui
Les réseaux sociaux sont féroces et la moindre erreur de communication se paye au prix fort. C'est ce qu'a constaté au cours des…
Jean-Louis Bouthors a sauvé son exploitation par la remise en cause du poste d’alimentation, avec l’affouragement  en vert. Un défi qu’il a su relever avec le soutien de sa famille (ici ses enfants, Louis et Laura).
Eleveurs bovins (5/10). L’autonomie fourragère pour un élevage viable
Épisode 5/10. Ils sont éleveurs bovins par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Aujourd’hui, Frédéric Gaffet est à l’aise avec ses pratiques qui lui ont permis de sauver sa ferme. Sa fille, Constance, pourrait même s’y installer à l’avenir grâce  à un projet de diversification.
Eleveurs bovins (7/10): "Si je n'étais pas bio, je n'existerais plus"
Épisode 7/10. Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Chaque semaine,…
Selon leur qualité, les pailles 2020 sont orientées vers la transformation la plus valorisante pour elles : un teillage classique ou un teillage toutes fibres. 
Mauvaise récolte 2020, teillage en souffrance en 2021
Depuis décembre, la Calira, à Martainneville, teille le lin récolté en 2020. Sans (bonne) surprise, la récolte est très mauvaise…
Projet de sucrerie de Seneffe
Le projet de sucrerie de Seneffe (B) est enterré
Ultime rebondissement dans la course à la construction d’une sucrerie dans le Hainaut belge, la coopérative rassemblant les…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde