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Mécanisation
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait ses quarante ans en 2025. Entre chantiers complets, gestion des équipements et innovations, c’est avant tout l’esprit du collectif qui assure son succès et sa longévité.

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
© A. P.

«La gestion du matériel ? Oh, ce n’est rien dans une Cuma ! L’important, c’est l’humain», s’exclame Vincent Lepers, président de la Cuma de Belloy-sur-Somme. Il ajoute tout de même : «Quoi que, le matériel est de plus en plus cher et de plus en plus compliqué à maîtriser…» Cette Cuma, qui regroupe une quarantaine de fermes pour autant d’outils, a fêté ses quarante ans en 2025. Le secret de sa longévité et de sa réussite, pour Vincent Lepers, est la communication. «Quand on fait une réunion, tout le monde est présent ou presque. C’est mon baromètre. Tant qu’on est nombreux, c’est que la Cuma est vivante et qu’elle évolue.» La preuve en est : elle développe quasiment une nouvelle activité chaque année. Depuis deux ans, elle embauche aussi Simon Pointel, salarié à temps plein (cf. encadré), et nécessite un deuxième équivalent temps plein pour l’épauler dans les chantiers.

Tout a commencé en 1985, quand l’oncle de Vincent, qui pratiquait l’entraide pour les chantiers de betteraves avec ses voisins, a proposé la création d’une Cuma. «Notre canton de Picquigny a toujours bien fonctionné, dès les Jeunes agriculteurs. On a baigné dans l’éducation du collectif. C’est ce qui nous fait évoluer.» D’abord pour les semis et les arrachages de betteraves, la Cuma évolue rapidement avec la distribution d’engrais de grosse capacité, une bineuse, un outil de travail du sol, une presse à ballots carrés. «En 1992, on démarrait les premiers chantiers complets pour la récolte de l’herbe : chauffeur, tracteur, presse. Ça fonctionne bien, alors on a développé ce modèle.» Désormais, les pommes de terre et les betteraves se font aussi en chantier complet.

Davantage d’agronomie

Les betteraves avaient d’ailleurs été arrêtées pendant six ans, avant d’être réintégrées. «Il fallait réinvestir dans une nouvelle arracheuse. Beaucoup ont trouvé l’investissement trop élevé, et préféraient faire appel à des ETA. Puis, on a finalement réinvesti, pour être maître du jeu.» Le respect de la structure du sol était l’un des principaux arguments. «On a fait le choix d’une intégrale pas trop lourde, pour limiter le phénomène de tassement. S’il pleut, la machine reste dans le hangar. Avoir son matériel nous permet de nous recentrer sur l’agronomie

Un cadre

Pour que ça fonctionne, il faut cependant un cadre. «La Cuma est à tous les agriculteurs adhérents, et chacun a des engagements.» Un responsable est nommé pour chaque secteur (traction, fertilisation, récolte, transport et manutention…). Certaines machines, comme l’automotrice, ont eux ou trois chauffeurs attitrés, mais chaque exploitant est responsable de son chantier. «Pour des semis par exemple, c’est lui qui choisit et qui vérifie le réglage.» Un planning est aussi établi. «Chacun réserve son créneau à l’avance, pour tel ou tel outil, et le responsable veille à ce que la répartition soit équitable.»

Et si, demain, une activité était arrêtée alors que le matériel n’est pas encore amorti ? «C’est l’avantage d’une Cuma. On se réunit, on pose le sujet sur la table et on prend une décision ensemble.» Un des projets est la construction d’un bâtiment de stockage des machines, qui sont aujourd’hui à l’abri, mais chez les adhérents. «Mais je laisse les jeunes s’en emparer. Cette Cuma est aussi la leur !»

 

Simon, quarante patrons  et des journées variées

En ce mardi après-midi de mars, Simon Pointel fait les dernières révisions du semoir à betteraves, avant le coup d’envoi des semis. Voilà deux ans qu’il est salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme et, depuis, «il n’y a pas une journée qui se ressemble», confie-t-il. Le passionné de travaux des champs y trouve son compte. «Je vois beaucoup de monde, j’ai des tâches très variées… Mais avoir quarante patrons, et donc quarante manières de travailler, ça nécessite de savoir s’adapter», rit-il. La «période rouge» en termes de travail est en octobre avec les chantiers de récolte de pommes de terre. Mais les semis et les arrachages de betteraves l’occupent bien aussi. En période plus creuse, il s’occupe de l’entretien des machines et travaille chez des adhérents grâce à l’option «groupement d’employeurs» de la Cuma. Il lui faut aussi s’adapter aux nouvelles machines. En 2025, il a réalisé sa première saison d’enroulage de lin, grâce à l’achat d’une enrouleuse Deporteere. «Le constructeur nous a livré l’essentiel en deux heures puis, avec un fils d’adhérent qui enroulait déjà du lin, on s’est formé mutuellement.» Une nouvelle corde à son arc.

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