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Élevage
La DNC fait trembler les éleveurs jusque dans la Somme

MHE, FCO et surtout DNC font trembler les éleveurs, même dans un territoire non touché comme la Somme. Le GDS de Picardie mettait donc le sujet au centre de son assemblée départementale, le 10 mars à Fontaine-le-Sec.

Aucun foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier, mais la prudence reste  de mise.
Aucun foyer n’a été détecté en France depuis le 2 janvier, mais la prudence reste de mise.
© D. R.

Le dernier cas de DNC (dermatose nodulaire contagieuse) a été détecté en France le 2 janvier en Ariège. Mais avec le retour des beaux jours et l’activité des insectes vecteurs de la maladie (taons et stomoxes), la crainte des éleveurs est toujours bien présente. «La vigilance reste de mise, d’autant qu’un foyer a été découvert le 28 février en Espagne. Je précise qu’il s’agit d’un élevage qui n’avait pas vacciné son troupeau, alors qu’il est en zone vaccinale», annonce Samuel Caron, de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations) de la Somme. Mardi 10 mars, à Fontaine-le-Sec, il intervenait sur le sujet lors de l’assemblée territoriale du GDS Picardie. «C’est un sujet qui continue d’inquiéter les éleveurs bovins», explique Sophie Thuilliez, présidente du GDS de la Somme.

La DNC a été détectée en France, pour la première fois, le 29 juin 2025 en Savoie. 117 foyers dans 82 élevages ont été déclarés depuis cette date. Cette maladie virale fortement préjudiciable à la santé des bovins (allant potentiellement jusqu’au décès) conduit à des pertes de production importantes du cheptel infecté. Cette maladie est donc classée en catégorie A, «à éradication obligatoire». «Les mesures de lutte sont les suivantes : détection précoce des foyers, instauration de zones réglementées, dépeuplement total des bovins des foyers. Dans les zones réglementées, vaccination massive et interdictions de mouvements de bovins ou le strict respect des conditions de déplacement en cas de mouvement dérogatoire autorisé», rappelle Samuel Caron. Et d’ajouter : «Le rôle de chacun est de respecter ces règles, même si nous avons conscience que l’abattage du troupeau est un traumatisme pour l’éleveur. Il en va de la protection de l’ensemble du cheptel français.» Un peu plus de 3 000 bovins ont été abattus, sur environ 16 millions de têtes.

Vaccination et exportation

Et pourquoi ne pas tout vacciner ? «Cette vaccination a un lourd impact sur l’économie de la filière, car elle présente des restrictions à l’exportation.» À l’heure actuelle, en Europe, trois pays ont marqué leur accord pour recevoir, sous conditions, des bovins depuis des zones vaccinales : l’Italie, la Suisse et l’Espagne. Les exports ont repris depuis le 8 décembre 2025 pour l’Italie et la Suisse à partir des zones vaccinales II des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Bourgogne-Franche-Comté. Pour l’Espagne, les exports sont de nouveau possibles depuis le 27 janvier 2026 depuis ces mêmes zones.

 

Le GDS poursuit la lutte contre la paratuberculose

La majorité des visites des techniciens du GDS de la Somme concerne la lutte contre la paratuberculose. «Elle a un caractère sournois, car les bovins la contracte jeunes, mais les symptômes s’expriment — ou non — à l’âge adulte : réduction de la consommation d’aliments, retards de croissance, diminution de l’immunité…», présente Léa Behaegel, du GDS. Cette maladie cause de lourdes pertes liées à la sous-production. «Pour un élevage laitier, par exemple, cela peut représenter une perte de 10 à 25 % de lait, alors que les vaches ne montrent pas de signe clinique.» Après dépistage dans le lait du tank, puis prises de sang, un plan de maîtrise peut être mis en place pour une durée de cinq ans. Deux cents sont en cours en Picardie, dont une soixantaine dans l’Oise. «L’objectif est de réduire les cas cliniques, voire d’aller jusqu’au statut favorable pour ceux qui le souhaitent.» Ce statut est un plus pour la vente d’animaux en élevage.

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