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La dynamique régionale d'installation continue

Réunis à l’Institut Saint Eloi de Bapaume, les différents acteurs de l’installation et de la transmission se sont, cette année encore, réunis nombreux pour la deuxième conférence annuelle du PAIT Hauts-de-France.

Le 11 octobre dernier, la deuxième conférence annuelle du PAIT Hauts-de-France a réuni de nombreux participants à Bapaume autour des enjeux de l’installation et la transmission.
Le 11 octobre dernier, la deuxième conférence annuelle du PAIT Hauts-de-France a réuni de nombreux participants à Bapaume autour des enjeux de l’installation et la transmission.
© D. R.

Le Point accueil installation transmission (PAIT) est la seule porte d’entrée pour les porteurs de projet en agriculture qui sont conseillés et suivis tout au long du dispositif. L’objectif étant d’avoir des agriculteurs formés et accompagnés pour des installations viables, vivables et transmissibles ; gage de la réussite de l’agriculture de demain. La deuxième conférence annuelle du PAIT Hauts-de-France le 11 octobre a été l’occasion de présenter l’observatoire Hauts-de-France des installations aidées ; autrement dit, celles qui bénéficient de la Dotation jeunes agriculteurs (aide nationale) ou de l’Aide régionale spécifique à l’installation (aide de la région Hauts-de-France). Sur les huit dernières années, ce sont ainsi plus de 2 110 installations qui ont bénéficié des aides, avec une moyenne de 264 dossiers aidés par an. Près de la moitié de ces installations sont en polyculture élevage bovins lait et/ou viande.

Les enjeux de la transmission
Dans les années à venir, un agriculteur sur deux aura plus de cinquante ans. 1 000 départs à la retraite auront lieu chaque année en Hauts-de-France. D’ici cinq ans, un litre de lait sur deux sera à transmettre. De ce fait, les acteurs économiques de la filière sensibilisent d’ores et déjà les cédants. Le profil type d’une installation aidée dans les Hauts-de-France est un homme âgé de vingt-huit ans qui va s’installer dans le Ternois (Pas-de-Calais). D’origine agricole, il aura fait un BTS et reprendra l’exploitation familiale en étant agriculteur à titre principal. Il s’installera en société avec un associé sur 149 hectares où il fera de la polyculture élevage bovins lait ou viande. Le coût de son installation s’élèvera à 530 934 qui seront financés pour plus des trois quarts par un prêt bancaire, 13 % par l’autofinancement et, enfin, les 16 % restants par un prêt famille.

Des aides multiples
Parmi les nouveautés 2019, un guide «travail» permet de quantifier et d’anticiper le temps de travail des porteurs de projet avant de s’installer. Ce guide gratuit est disponible sur le site internet du PAIT Hauts-de-France. Toujours sur le site internet, depuis l’été 2019, un onglet «candidat» s’est ajouté au Répertoire départ installation pour faciliter la mise en relation entre des cédants qui recherchent des porteurs de projet compétents et  déterminés et des porteurs de projets en recherche d’un lieu d’activité (foncier ou bâtiment).
Le Conseil régional des Hauts-de-France a également présenté deux dispositifs : Pass’agri fillières et Pass’agri assurance. Le premier s’adresse principalement aux maraîchers, aux éleveurs (sauf bovins) et aux agriculteurs produisant des produits avec des SIQO ayant des investissements spécifiques aux productions agricoles nouvelles ou à développer, liés à la transformation et la commercialisation ou encore liés à des activités d’accueil et de services à la ferme. Le montant des investissements éligibles est compris entre 3 000 € et 40 000 € pour une prise en charge de 30 % à 40 % selon les critères. Les demandes sont à faire sur la plateforme dématérialisée dédiée depuis le 15 octobre. Le second, Pass’agri assurance, est destiné prioritairement aux jeunes agriculteurs et aux polyculteurs-éleveurs. Il s’agit d’une aide forfaitaire de 1 000 € par exploitation (dans la limite du contrat souscrit). Pour être éligible, il est nécessaire de souscrire un contrat d’assurance exploitation tel que : assurance liée à l’activité agricole, assurance santé ou assurance solutions de prévoyance ou une assurance multirisque climatique de récoltes (ou a minima un contrat grêle) pour une durée de trois ans. Les demandes sont à faire via un formulaire en ligne du 15 novembre 2019 au 31 mars 2020.

Laisser sa chance aux projets
Pour conclure cette matinée, rythmée par la présentation de nombreuses initiatives dans toute la région, Benoît Thillez, secrétaire général adjoint Jeunes agriculteurs Hauts-de-France, a rappelé les liens forts qui existent entre les JA et la Safer et que cette dernière «permettait également l’intermédiation pour la location du foncier très courtisée par les agriculteurs et aussi par les collectivités pour les aménagements routiers». Il a ensuite sensibilisé les auditeurs présents, dont les différentes DDT(M), à l’importance de laisser aux porteurs de projet une deuxième chance de pouvoir s’installer. Enfin, Olivier Dauger, président de la Chambre d’agriculture Hauts-de-France, a souligné l’importance de la communication : «L’agriculture connaît une crise morale entre la montée en gamme souhaitée par les consommateurs et l’ouverture des frontières.» Et a insisté sur l’accompagnement des porteurs de projets et des agriculteurs.

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