Élevage
La fièvre Q, une bactérie incognito aux dégâts parfois lourds
La fièvre Q est une bactérie résistante qui peut attaquer tous les ruminants, et se transmettre à l’humain. Elle passe souvent inaperçu, mais peut avoir un impact économique lourd en amplifiant les problèmes de reproduction. Jean Caudriller, vétérinaire, expliquait cette maladie lors de l’assemblée générale du GDS Picardie dans la Somme ce 10 mars.
La fièvre Q est une bactérie résistante qui peut attaquer tous les ruminants, et se transmettre à l’humain. Elle passe souvent inaperçu, mais peut avoir un impact économique lourd en amplifiant les problèmes de reproduction. Jean Caudriller, vétérinaire, expliquait cette maladie lors de l’assemblée générale du GDS Picardie dans la Somme ce 10 mars.
«La fièvre Q passe parfois inaperçue. Elle est en fait amplificatrice de problèmes de reproduction : des animaux moins fertiles, plus de rétentions placentaires, d’avortements, de métrites, de mortalités prénatales… Les impacts économiques ne sont pas toujours mesurés, mais ils peuvent être lourds», présente Jean Caudriller, vétérinaire, ce 10 mars lors de l’assemblée générale du GDS Picardie dans la Somme. Dans un troupeau ovin lourdement impacté, la maladie avait causé l’avortement de 70 % des brebis en l’espace de trois semaines.
Il s’agit en fait d’une bactérie transportée par l’air, très résistante. «Les désinfectants n’en viennent pas à bout. Elle survit même au méthaniseur.» Il s’agit aussi d’une zoonose : «Elle se transmet à l’humain. Et même si elle se traduit souvent par un état grippal sans conséquence, quelques rares cas plus graves sont constatés. Elle peut par exemple augmenter le risque d’avortement chez une femme enceinte.»
Dans les troupeaux, un dépistage est intéressant lorsque les performances de reproduction sont dégradées, ou qu’une série d’avortements est constatée. Il se fait via des tests PCR ou par sérologie dans le sang ou le lait. Si la présence de la bactérie est avérée, des mesures de maîtrise sanitaire sont préconisées : protection individuelle lors de manipulation d’animaux infectés, boxes de mise-bas séparés, désinfection ensuite, éviter les épandages par jour de vent car la bactérie est éjectée dans les bouses…
Le vaccin, couvercle sur la cocotte-minute
«Les mesures médicales sont principalement la vaccination, et une antibiothérapie dans les cas vraiment urgents.» Cette vaccination permet de «mettre un couvercle sur la cocotte-minute». Elle réduit significativement les excrétions. En protégeant l’environnement, 80 % des animaux non infectés seraient protégés en moyenne. Qu’en est-il du coût ? «Un vaccin, c’est toujours trop cher. Mais lorsqu’un élevage est touché, cette dépense est vite rentabilisée par l’amélioration des résultats techniques», assure Jean Caudriller.