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La filière semences a le vent en poupe

Pour la campagne 2012-2013, la filière affiche des résultats exceptionnels.

Le progrès génétique obtenu grâce aux efforts soutenus de recherche des entreprises semencières, a fait augmenter la productivité de l’agriculture française de 12 % en dix ans.
Le progrès génétique obtenu grâce aux efforts soutenus de recherche des entreprises semencières, a fait augmenter la productivité de l’agriculture française de 12 % en dix ans.
© N. Ouvrard


Contrairement à la morosité générale, la filière semences est «un secteur très porteur» a assuré Daniel Segonds, le président du Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) en présentant le rapport annuel, le 11 décembre dernier. Ainsi, lors de la campagne 2012-2013, la filière a vu son chiffre d’affaires progresser de 8 % à 3,2 milliards d’euros et elle a placé la France au premier rang européen des producteurs de semences avec près de 320 000 hectares. Autre succès dont se félicite le président, l’emploi. Les effectifs ont progressé de 3 % en 2013 et le secteur compte désormais 9 400 emplois directs, sans compter les quelque 17 800 agriculteurs-multiplicateurs, les 8 700 distributeurs et les 23 000 points de vente.
Quant à l’exportation, elle est également très dynamique : les ventes ont augmenté de 15 % pour atteindre 1,422 milliards d’euros, soit vingt Airbus A 320. Le solde a fait un bond de 39% à 836 millions d’euros. Ainsi la France se positionne en tête des exportateurs mondiaux de semences agricoles devant les Pays-Bas et les Etats-Unis. Un tel succès, on le doit d’abord aux conditions pédoclimatiques dont jouit la France, mais surtout aux efforts permanents et soutenus de recherche des entreprises, estime Daniel Segonds. Elles y consacrent 13 % de leur chiffre d’affaires (270 millions d’euros), soit la même part que la pharmacie et davantage que l’électronique, 9 %, loin devant en tout cas les industries agro-alimentaires (0,5 %). Conséquence, «l’accroissement de la productivité de l’agriculture française a été de 12 % sur dix ans, grâce au progrès génétique» même s’il n’est pas très visible d’une année sur l’autre, observe le président.

Vers de nouveaux accords interprofessionnels
Cette performance a été aussi acquise grâce un environnement réglementaire adapté. Il est fondé sur un système de propriété intellectuelle ouvert qui permet l’accès libre aux ressources génétique en ce sens qu’il autorise quiconque à utiliser une variété disponible sur le marché pour en fabriquer une nouvelle. «Un système qu’il convient absolument de pérenniser», insiste Daniel Segonds.
En attendant et fort du succès de l’accord obtenu sur les céréales à paille, le Gnis a annoncé que les discussions étaient bien avancées sur la mise en place de nouveaux accords interprofessionnels : l’un sur les protéagineux, l’autre sur les plants de pommes de terre. «L’accord est attendu en 2014», a précisé le président et si possible avant les semis. Issus de la loi du 8 décembre 2011 sur les certificats d’obtention végétale, ces accords visent à financer la recherche variétale tout en reconnaissant légitimité des semences de ferme.

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