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Recherche
La France en perte de vitesse sur les biotechnologies

Un colloque de l'Association française des biotechnologies végétales et de la SAF.

Pour les chercheurs qui sont intervenus lors de la journée organisée par l'Association française des biotechnologies végétales et la Société des Agriculteurs de France (SAF), on est aujourd'hui bien loin du maïs Bt et de ses marqueurs. Les recherches sur les biotechnologies avancent à grand pas, au point que le mot OGM devient lui même obsolète. La recherche française essaie de suivre ce train de l'innovation, du moins tant que l'on reste au stade confiné. L'Inra développe des programmes de recherche sur les grandes cultures seul ou en association avec des entreprises privées, l'Université d'Orsay travaille sur la résistance à la sécheresse du maïs, l'Université de Lorraine met au point des technologies pour extraire des substances anti-cancéreuses et anti-Alzheimer chez les plantes «à traire». Un partenariat public privé travaille sur le projet Genius qui a pour objectif d'améliorer les méthodes d'ingénierie cellulaire sur huit espèces de grandes cultures, le débit de la transgénèse et permettre à la France de conserver sa capacité d'innovation.

La fuite des chercheurs
Mais, lorsqu'il faut passer au stade de l'expérimentation la machine est toujours enrayée alors qu'elle poursuit son développent en Asie, aux États-Unis voire en Afrique. «En France la recherche ne peut pas arriver à son terme à cause des destructions des essais en plein champ et du climat dangereux qui plane sur l'ensemble de la recherche française. Alors que les compétences et les financements existent dans notre pays qui a été pionniers dans les biotechnologies, les chercheurs et les travaux de recherches partent à l’étranger» se désole Alain Paris, directeur de recherche à l'Inra.
Marc Fuchs est de ceux-là. Il travaille aujourd’hui à l'université de Cornell près de New-York et peut revendiquer seize années d'expériences dans la transgénèse contre les virus du prunier ou des courges, quatorze ans sur la papaye et six sur le haricot. En 2014 de nouvelles applications devraient voir le jour dans son unité de recherche sur la betterave sucrière, le riz, la pomme de terre, les agrumes et la vigne.
Pour Xavier Beulin qui concluait cette journée, il faut «retravailler la définition des biotechnologies qui ne se limitent pas aux OGM, leur redonner du sens en terme d'utilité et source d'une économie agricole plus autonome». Le président de la Fnsea souhaite que la France renforce sa capacité de recherche par des partenariats publics/privé et intègre la dimension européenne pour parvenir à «une ambition commune». Une analyse qui rejoint celle d'Henri Nallet, ancien ministre de l'Agriculture, qui lance un «appel à la cohérence» aux responsables publics qui «doivent définir une politique publique dans le secteur des biotechnologies et les assumer sur la place publique».

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