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Sanitaire
La France frappée par la dermatose nodulaire contagieuse bovine

Après la fièvre catarrhale, puis la maladie hémorragique épizootique, la France est confrontée à une nouvelle épizootie bovine, la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC). Apparue en Sardaigne, le 20 juin, elle s’est rapidement diffusée en France. 

La DNC se manifeste par l’apparition de nodules, de symptômes tels que la fièvre, une inflammation des vaisseaux et ganglions lymphatiques, le manque d’appétit et l’abattement.
© CODACERVA

Le 29 juin, un premier cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) est apparu dans la commune d’Entrelacs, en Savoie. Depuis, vingt-trois autres cas ont été diagnostiqués à la périphérie de ce premier foyer dans ce département et en Haute-Savoie. 

Présente en Afrique et en Asie, la DNC est une maladie virale provoquée par un virus transmis par des insectes, les mouches et les taons notamment, et ne frappe que les bovins. Elle se manifeste par l’apparition de nodules sur la peau et les muqueuses internes, accompagnés de symptômes tels que la fièvre, une inflammation des vaisseaux et ganglions lymphatiques, le manque d’appétit et l’abattement des animaux. Particulièrement préjudiciable à la santé des bovins, elle entraîne des pertes importantes de production, des avortements et dans certains cas la mort des animaux infectés, jusqu’à 10 % du troupeau. En revanche la DNC n’est pas transmissible à l’homme, ni par contact avec les bovins infectés, ni par la consommation de produits issus des animaux malades (viande, lait fromages), ni par les piqûres d’insectes.

 

Abattage et vaccination

Classée ADE au niveau communautaire, parce qu’elle est habituellement absente du territoire européen, elle fait l’objet de mesures d’éradication sévères et immédiates. Ainsi, le Comité national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale, convoqué le 16 juillet par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a formulé une série de dispositions qu’elle a validées. Il s’agit de l’abattage sur l’exploitation de tous les animaux des foyers infectés, comme le prévoit la réglementation européenne, de la mise en place d’un périmètre réglementé autour des foyers où s’applique des mesures de protection et de surveillance renforcées et notamment une limitation du mouvement des animaux, et d’une campagne de vaccination obligatoire dans les zones réglementées. Celle-ci devrait démarrer dès la semaine prochaine, a indiqué la ministre de l’Agriculture.

 

Accord des OPA

Aussitôt, la FNSEA a apporté son soutien aux éleveurs sinistrés par la mobilisation de ses réseaux locaux, le concours de la MSA et des cellules Réagir des Chambres d’agriculture. Même si elle déplore que l’abattage des lots épidémiologiques reste aujourd’hui la seule option pour bloquer la propagation de la maladie , «elle acte les décisions prises par l’État», pour assurer la protection et la pérennité de l’élevage français. D’ailleurs, toutes les grandes organisations agricoles (FNSEA , JA, Fédération nationale bovine, Fédération nationale des producteurs de lait, Chambres d’agriculture, La Coopération agricole) valident cette stratégie dans un communiqué commun. Cela étant, elles soulignent que l’État doit assumer ses responsabilités jusqu’au bout en adressant un message fort sur le terrain «pour indemniser les animaux abattus tout comme les pertes de production en attendant le repeuplement des cheptels». Et qu’il doit avec les réseaux des vétérinaires et des éleveurs «se mobiliser massivement pour mettre en place une vaccination la plus rapide possible». 

 

Les écoles vétérinaires mobilisées

Une première réponse a été donnée par les pouvoirs publics par la publication de trois arrêtés au Journal officiel du 18 juillet. Le premier précise les mesures de surveillance, de prévention et notamment des mouvements d’animaux dans la zone réglementée. Le deuxième concerne les modalités de financement par l’État des mesures décidées, notamment en matière d’indemnisation des éleveurs et de la vaccination. Enfin, le troisième arrêté appelle les élèves des écoles vétérinaires à se mobiliser pour juguler l’épizootie. Aux étudiants volontaires, il est demandé de s’associer aux visites sanitaires dans les élevages, aux prélèvements dans les abattoirs et les élevages, aux enquêtes épidémiologiques et surtout à la campagne de vaccination. 

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