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La méthanisation, nouveau levier de développement du seigle hydride

Le semencier Deleplanque mise sur le développement des énergies renouvelables, et en particulier de la méthanisation, pour accroître ses parts de marchés dans la production de seigle hybride.

En Allemagne, la culture de seigle pour la méthanisation fait des émules depuis de nombreuses années. En France, Deleplanque croit en un développement similaire, d’où des investissements dans la semence hybride de seigle.
En Allemagne, la culture de seigle pour la méthanisation fait des émules depuis de nombreuses années. En France, Deleplanque croit en un développement similaire, d’où des investissements dans la semence hybride de seigle.
© Deleplanque



Après avoir été longtemps la deuxième céréale la plus cultivée en France, le seigle a connu une forte diminution de ses surfaces dans le courant du XXe siècle. De nouvelles utilisations et l’investissement de maisons de semences pour lui assurer des débouchés supplémentaires pourraient  remettre le seigle sur le devant de la scène. Parmi ces semenciers qui croient au renouveau du seigle, l’entreprise Deleplanque qui revendique un savoir-faire en la matière et promeut une semence de seigle hybride pour une utilisation principale en alimentation animale et biométhanisation ; on l’utilise également pour la meunerie et la production de champignons. Le nom de cette semence ? «SU Nasri», décrit Deleplanque. Et de la présenter comme «la variété de notre gamme la plus adaptée aux exigences de la biométhanisation, grâce à son pouvoir méthanogène élevé». SU Nasri est une variété hybride qui trouve naturellement sa place dans une gamme plus large qui compte en tout cinq semences hybrides, deux variétés lignées bio et conventionnelles et une variété utilisée en mélange. La sole française de seigle représente aujourd’hui 25 000 hectares, «dont la moitié en seigle hybride», décrit Deleplanque, avant de revenir sur les raisons qui poussent l’entreprise à investir ce marché : «Le seigle hybride, c’est un marché que nous connaissons bien pour l’avoir créé et développé depuis trente ans.» Deleplanque revendique ainsi une place de «leader» sur ce segment d’activité, avec 60 % de parts de marché.

Avantages agronomiques du seigle
Pour les agriculteurs qui le sèment déjà, le seigle a l’avantage d’être une culture relativement simple à conduire, résistante à des conditions de stress hydrique importantes et faible consommatrice d’intrants. Plante rustique, le seigle n’est en effet pas sensible aux ravageurs tels que pucerons, ni aux maladies du feuillage. Grâce à son fort développement racinaire, il offre une bonne structure de sol pour la culture suivante et restitue du carbone. Le seigle a enfin la particularité d’être une plante peu gourmande en eau : «Il ne faut que 166 grammes d’eau pour un gramme de matière sèche contre 234 grammes pour les autres céréales», constate Patrick de Bussy, responsable régional Picardie-nord Île-de-France de Deleplanque. Dans le calendrier des travaux, «le seigle présente aussi l’avantage de pouvoir être semé tôt, avant les autres céréales, et de pouvoir être récolté également avant celles-ci». Dans la rotation, le seigle peut prendre le statut d’une culture intermédiaire à vocation énergétique (Cive). «Semé à l’automne, il remplace une Cipan, explique-t-on chez Deleplanque. Il est ensuite récolté fin avril-début mai en ensilage pour alimenter le digesteur et laisser la place par exemple à un maïs en culture principale.»

Un fort pouvoir méthanogène
Lorsque le terrain est favorable, le rendement grain du seigle est comparable «aux meilleurs blés», poursuit-on chez Deleplanque. Dans des terres superficielles, ce rendement peut être supérieur au blé, à l’orge d’hiver ou au triticale. D’autre part, le rendement paille du seigle figure parmi les plus élevés des céréales, ce qui en fait un atout dans les zones d’élevage. Le seigle dispose d’un potentiel méthanogène très élevé. En Allemagne, la culture du seigle dans cet objectif est déjà bien ancrée. Fonction de la date de récolte, celui-ci varie entre 120 Nm3 de biogaz par tonne de matière fraîche (début épiaison) à 195 Nm3 lorsqu’il est récolté au stade laiteux-pâteux du grain. À ce stade, le seigle se place ainsi par son pouvoir méthanogène devant l’ensilage de maïs, l’ensilage d’herbe, l’herbe coupée, les drêches de brasserie, la betterave, le fumier de volailles, les épluchures de pommes de terre, les feuilles de betteraves, les fumiers de porcs et de bovins, la pulpe de pommes de terre, les lisiers de porcs ou de bovins. Le seigle permet également d’augmenter le rapport C/N dans la ration du digesteur et de stabiliser sa flore bactérienne. Autant d’avantages qui méritent que l’on s’intéresse d’un peu plus près à cette culture.

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