Aller au contenu principal

La moisson, un moment de partage

Chaque soir de moisson, depuis toujours, Marc Dumesnil, Thierry Fertel et Roger Denoyelle s’arrêtent pour un repas convivial avec leur famille, avant de se remettre en route.

«Alors les hommes, ça donne quoi les rendements cette année ? Est-ce que je peux aller m’acheter une robe ?», s’amuse la dame. «Commence par une jupe on va dire !», rétorque l’homme. Eclats de voix, tapes dans le dos et bonne humeur se sont invités dans un champ de blé fraîchement battu, entre Molliens-Dreuil et Dreuil-les-Molliens, ce 22 juillet au soir.
Comme chaque jour de moisson, Marc Dumesnil, Thierry Fertel et Roger Denoyelle, agriculteurs du secteur, ont coupé le contact de la batteuse et des tracteurs vers 20 heures. Ici, pas question de croquer dans un sandwich entre deux coups de volant. La pause est de mise. Les femmes ont rejoint les travailleurs avec le casse-croûte. Table et chaises sont installées dans la parcelle, les salades et charcuterie sont accompagnées d’un petit rouge ou d’un rosé bien frais, et la tarte aux fruits fait glisser le tout, pour le dessert.
«On fait ça tous les ans, depuis toujours, confie Roger. On profite d’un moment de partage, surtout quand les prévisions météo sont au beau fixe. On n’est pas stressé… C’est le meilleur moment de la journée !» Cet instant de convivialité est surtout le moyen d’apprécier cette période tant attendue, résultat d’une année de travail. «Si on ne s’arrête pas, la moisson passe trop vite. On veut la vivre à fond, ajoute Thierry. Là, on prend des photos, on blague… On crée des souvenirs.» A ce moment précis, tous sont d’accord sur un point : «agriculteur, c’est le plus beau métier du monde !»

Travailler ensemble
Des anecdotes, les amis en ont plein la bouche. Depuis environ vingt ans, ils font la moisson ensemble. Marc Dumesnil travaille en fait depuis plusieurs années avec Thierry Fertel, et Roger Denoyelle a préféré vendre sa batteuse pour profiter des services de Marc, à défaut de main-d’œuvre suffisante. En échange, il sert de chauffeur avec sa benne durant toute cette période saisonnière. A eux trois, ils récoltent 380 ha d’orge de printemps, de colza et de blé, qu’ils livrent aux coopératives Noriap et Natup. «Cette année, nous avons mis en route le 10 juillet», précisent-ils. Les dernières parcelles de blé devaient être battues en ce début de mois d’août.
D’après les premiers jours de moisson, la qualité semble tout à fait correcte. Mais les rendements sont hétérogènes. Sécheresse en cause. «On passe de soixante-dix à cent quintaux en fonction des terres.» Ce résultat mitigé ne suffit pas à ôter le plaisir du moment. Les rires sont d’ailleurs communicatifs. «Des amis et des promeneurs s’arrêtent régulièrement quand ils nous voient en train de manger, raconte Thierry. Des techniciens de la coopérative passent aussi nous voir parfois. C’est quand même plus sympa que de rester seul dans la machine !»

Un dernier moment savoureux
21h a cependant sonné. Il est temps de retourner au travail. Chacun range son assiette et, en quelques minutes, la salle à manger improvisée a disparu. Thierry remonte dans la Claas Lexion 740 qui fait sa fierté, et Marc et Roger reprennent le volant de leur tracteur. Martine Fertel, elle, se tient prête à escorter les livraisons de grain avec son 4x4.
Les femmes profitent d’un dernier moment savoureux : celui de la contemplation d’un paysage doré, sublimé par le coucher de soleil, accompagné du doux ronflement des machines. «On n’est pas bien là ?»

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Les 54 saisonniers retenus ont participé à une journée d’essais sous l’œil attentif de Fabien Deguehegny, un des associés de la SCEA Biosources.  Premiers «vrais» désherbages prévus mi-mai. 
Recruter 52 saisonniers locaux pour le désherbage : pari gagné
La SCEA Biosources, à Méharicourt, a converti 163 ha en bio, dont 80 ha de légumes. Un des enjeux était de recruter une…
Aujourd’hui, il n’est pas possible de planter les pommes de terre en direct dans la pré-butte. Un travail sur le couvert est encore à mener pour y parvenir. 
Le pré-buttage d’été pour limiter l’érosion : rêve ou réalité ?
Jean-Paul Dallene, installé à Oppy (62), pratique le pré-buttage d’été pour ses pommes de terre depuis trois ans. Même si la…
Douze-mille personnes avaient participé à l’édition 2019 d’Ailly-le-Haut-Clocher.
Plaine en fête 2021 ? Oui !
Covid ou pas, les Jeunes agriculteurs de la Somme ont décidé d’organiser Plaine en fête cette année. L’édition devra certainement…
Pulvé
Dans le Nord, une commune de Flandre fait de l'anti-agribashing
Dans une publication sur le réseau social Facebook, une élue de la commune d'Hondeghem, dans les flandres, tente d'expliquer à…
450 hectares de betteraves à ressemer dans la Somme
Au 20 avril, la CGB estime autour de 4 500 hectares la surface de betteraves sucrières endommagées par l’épisode de gel dans les…
Hugues d’Hautefeuille a testé plusieurs itinéraires culturaux dans ses micro-parcelles, à Monsures. 
Une filière orties émerge en Hauts-de-France
L’ortie est une plante qui pousse partout où on ne la souhaite pas. Pourquoi ne pas la cultiver pour en tirer des bénéfices ? C’…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde