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La réglementation commence à peser lourd sur la production de légumes

Les adhérents de l'OP livrant à Bonduelle s'inquiètent des restrictions d'utilisation des produits phytos.

© AAP

Certainement bien informés à d’autres occasions, les adhérents de l’association OP L Vert qui réunit les producteurs livrant des légumes pour Bonduelle à Estrées-Mons, n’ont pas éprouvé la nécessité de participer nombreux à l’assemblée générale qui s’est tenue à Cartigny le 5 juin sous la présidence d'Eric Legras. Ce dernier a reconnu que l’année 2012 a été peu favorable aux légumes et que «la hausse des charges a tendance à désintéresser les agriculteurs de nos productions par rapport à des cultures classiques plus rentables». Le souci de la rentabilité et plus généralement de la compétitivité est une préoccupation partagée par l’OP et par Bonduelle notamment dans le domaine des produits phytosanitaires. La réglementation française pointilleuse conduit à interdire chez nous certains produits comme le Mikado alors qu’ils sont autorisés chez nos voisins.

Adhésion au fonds de mutualisation sanitaire
Bonduelle travaille à des solutions alternatives et l’OP vient d’adhérer au fonds de mutualisation sanitaire et environnemental lancé à l’initiative de la Fnsea et de JA. Selon Delphine Pierron, directrice du Cénaldi, le prélèvement de 0,05 euro de l’hectare actera l’entrée du producteur de légumes dans le système d’indemnisation. Ce prélèvement abondé par le Cénaldi à hauteur de 50 000 euros constituera une première enveloppe et restera gérée par le Cénaldi.
Eric Legras s’inquiète des décisions à venir en la matière car l’administration française s’éton­ne de l’explosion des IFT (indice de fréquence des traitements). Il s’attend à de nouvelles interdictions de certaines matières actives et à une taxation sous prétexte de protection de l’environnement. Pendant ce temps là, les surfaces de légumes augmentent chez nos voisins allemands et belges !

Une OP performante
Globalement, selon les chiffres de la récolte 2012 présentés par Delphine Pierron, les producteurs de l’OP L Vert affichent des résultats meilleurs que la mo­yenne française quel que soit le légume. Pour les pois, la météorologie du mois de juillet a permis d’effectuer une récolte satisfaisante avec une résultat éco­nomique proche de 2008. Le bon rendement de l’année, 108 % du rendement de référence, a compensé la baisse de prix. La qualité a été excellente ce qui a permis de récolter davantage que le programme prévu en jockey. Par contre le manque de jeunes carottes n’a pas permis de satisfaire le programme pois-carottes.
«En Picardie, dix mille hectares sont cultivés pour des étrangers alors que l’OP n’en produit que sept à huit mille pour Bonduelle. Ces hectares ne sont pas comptabilisés dans la production régionale et ne contribuent pas au fonctionnement de l’Unilet (inte­rprofession du légume industriel) tout en profitant des préconisations techniques», a regretté Eric Legras.
Autre sujet de préoccupation en pois, l’arrêt du Cruiser en France pendant deux ans à partir de 2014. «Quelle règle pour le stockage des semences d’autant que cette année, le stock de semences de premiers semis a grossi en raison des conditions météos qui les ont retardés et ont obligé à changer de variétés ?» s’est interrogé Eric Legras.

Progression de la zone de production en haricots
Pour les haricots verts, comme en 2011, les résultats en extra-finsont été mauvais et le rendement de référence n’a pas été atteint. La cause principale tient aux conditions climatiques. «Nous nous interrogeons sur l’impact des programmes de désherbage sur la productivité de cette culture», a commenté Eric Le­gras. Pourtant, l’OP a dégagé une valeur nette agricole supérieure à la moyenne nationale comme c’est le cas depuis 2007. En terme de règlement industriel (prix payé au producteur pour faire simple), l’OP est supérieure à la moyenne française depuis les deux dernières récoltes. Enfin, sa zone de production a progressé de 26 % en surface contre 7 % à l’échelon France. Une tendance inverse à celle des pois dont la surface a baissé de 10 % pour l’OP et de 13 % pour la France. Elle baissera encore de 10 % en 2013.

Déception en salsifis
Petite année en flageolets avec une réalisation à hauteur de 92 % seulement du rendement de référence. En épinards, le programme prévu a été réalisé. Pour les cultures de racines, la production a été déficitaire en jeunes carottes, satisfaisante en carottes nantaises et excellente en grosses carottes.
Les conditions climatiques hu­mi­des de cet automne n’ont pas trop pénalisés ces récoltes. Déception en salsifis avec un rendement de référence très loin d’être atteint avec seulement 77 % du volume prévu.
Arnaud Bardon, responsable des approvisionnements chez Bonduelle, a relativisé la baisse annoncée des surfaces de légu­mes. «Nous n’avons pas réussi à faire passer nos hausses de coûts de production auprès de la distribution», a-t-il déploré. Il a par ailleurs expliqué l’état d’esprit chez Bonduelle qui se prépare à accueillir durant l’été, dans toutes les usines du groupe, les producteurs et leur famille. La balle lui a aussitôt été renvoyée par un producteur invitant les dirigeants du groupe à se rendre dans les exploitations agricoles. «Je me réjouis du décloisonnement entre la production agricole et le commerce», a-t-il conclu.

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