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Lait
La sécheresse néo-zélandaise fait flamber les prix du lait

La production du premier exportateur laitier mondial est affectée et les cours des produits industriels explosent.

En hausse depuis le début de l’année, les prix des produits industriels laitiers ont connu un bond spectaculaire de plus de 10% le 5 mars, lors des enchères sur le Global Dairy Trade (plate-forme d’enchère internationale). La cotation du beurre a ainsi dépassé les 4 000 $, en progression de 9,6%, tandis que la poudre maigre atteignait les 3 760 $ (+4,6%). Il y a un an, les prix du beurre plafonnaient sous les 2 500 $. Cette remontée spectaculaire est directement liée aux conditions climatiques qui limitent la production du premier exportateur mondial : la Nouvelle-Zélande. «L’ensemble de l’île du Nord a été officiellement déclaré en état de sécheresse», explique Benoit Rouyer, économiste au Cniel (interprofession laitière). Selon les météorologues néo-zélandais, cette sécheresse est la plus forte depuis plus de 30 ans. Les pâturages sont directement touchés et les envois de vaches laitières à l’abattoir ont progressé de 83% depuis janvier dans l’île du Nord. Or, la Nouvelle-Zélande était jusqu’à maintenant le seul grand bassin laitier mondial à maintenir une production soutenue. Les observateurs s’attendent donc à de nouvelles envolées des cours des produits industriels dans les semaines à venir.

Les éleveurs français doivent en profiter
Et cette tendance devrait encore perdurer pendant plusieurs mois. La surproduction ne fait plus peur aux observateurs. «Les stocks fourragers sont bas et les éleveurs en polyculture-élevage quittent la production laitière», indique Benoit Rouyer. «Il ne faut surtout pas que les éleveurs français freinent leur velléité de production, il y a de la place».
La situation est néanmoins encore difficile pour les éleveurs. Ces derniers devront encore attendre plusieurs semaines avant de ressentir les effets de la flambée des cours des produits industriels laitiers. «A cause de l’inertie des indicateurs du Cniel  ils devront encore passer le cap du printemps avec des prix en berne», regrette Benoît Rouyer. «Les producteurs de­vraient négocier des avances avec leur laiterie pour soulager leur trésorerie», conseille-t-il. Avec la remontée durable des cours mondiaux, le prix payé aux producteurs pourrait atteindre les 330 €/ 1 000 litres en moyenne sur l’année 2013.
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