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La stratégie «sans résidu de pesticides» de Bonduelle

A l’occasion d’une conférence de presse au Sia le 25 février, le groupe Bonduelle a annoncé qu’il faisait des produits «sans résidu de pesticides» un axe stratégique de son développement.

Guillaume Debrosse, directeur général de Bonduelle : «nous voulons être le référent mondial du bien vivre par l’alimentation végétale».
Guillaume Debrosse, directeur général de Bonduelle : «nous voulons être le référent mondial du bien vivre par l’alimentation végétale».
© A. P.



Le groupe Bonduelle avait affirmé sa volonté dès 2012, avec la mise en place de la démarche Végégo 2025 : «nous voulons être le référent mondial du bien vivre par l’alimentation végétale», affirme Guillaume Debrosse, le directeur général. Et pour Bonduelle, la principale préoccupation du consommateur est sa santé. «C’est pour cela que nous avons lancé une gamme de produits sans résidu de pesticides dans le produit». Entendez des produits sous les seuils quantifiables de pesticides.
Pourquoi le «sans résidu de pesticides» est-il l’axe stratégique et non le bio ? Le bio représente actuellement 6 % des 128 000 ha de Bonduelle à l’échelle mondiale, et cette part devrait continuer à augmenter, assure Guillaume Debrosse. Une gamme de pois bio en bocaux, cultivés en Hauts-de-France, est d’ailleurs en train d’être lancée. «Mais nous préférons nous concentrer davantage sur une logique de résultats, portée par le “sans résidu“, plutôt que sur une logique de moyens, suivie par le cahier des charges bio. Le bio est finalement devenu une marque générique que tout le monde utilise, sur lequel il n’y a plus vraiment de différenciation. Et puis nous sommes convaincus qu’il ne peut pas y avoir un seul modèle d’agriculture applicable partout.»
Une gamme de trois variétés de salade (mâche, iceberg et pousses d’épinards) a été lancée en janvier, et elle devrait être suivie par une variété de maïs en avril. L’objectif est d’étendre cette offre «sans résidu de pesticides» à l’ensemble de sa gamme. Pas de chiffres annoncés néanmoins. «Nous pouvons juste dire que cela représentera une part significative dans cinq ans. Nous allons fixer une feuille de route par technologie (frais et conserve, ndlr).»

L’innovation en Hauts-de-France
Pour cela, Bonduelle met les moyens sur le terrain pour accompagner les agriculteurs vers de nouvelles techniques culturales. «Nous travaillons depuis toujours en lien direct avec nos producteurs. Deux cent soixante chefs de plaine assurent un service agronomique pour le parcours technique de chaque culture. Tous ont en tête la réduction des produits phytosanitaires.» Un réseau de fermes pilotes des Hauts-de-France est aussi actif sur ce sujet depuis sa création, en 2009, et a permis de réduire de 17 % l’utilisation des phytos en dix ans.
Beaucoup d’énergie est également rassemblée à la ferme de la Woestyne, à Renescure (59). «Nous y avons, par exemple, développé l’utilisation des couverts végétaux, qui permettent de limiter le travail du sol, les techniques de strip-till…» Des questions restent pour l’instant sans réponse, comme celle d’une alternative au glyphosate menacé d’interdiction, mais le groupe veut être optimiste. Car l’objectif est de taille : d’ici 2025,  il souhaite cultiver la totalité des surfaces avec au moins une culture alternative (rotations, drainage, couverts végétaux, désherbage mécanique, non labour, irrigation goutte à goutte…).

«Des choix et des renoncements»
De combien ces efforts permettront-ils de diminuer les pesticides, au total ? Là encore, pas de chiffre. «Chaque culture est différente d’une année sur l’autre, en fonction de la météo, donc il n’est pas possible de quantifier», précise Guillaume Debrosse. Bonduelle sait néanmoins que sa stratégie impliquera «des choix et des renoncements», en termes de productions, de parcelles… Certains produits semblent déjà plus complexe à assurer «sans résidu de pesticides». «C’est le cas des recettes plus élaborées, avec les produits assemblés. Il faut que nous puissions assurer que tous les légumes de l’assemblage sont sans résidu de pesticides.»
Le coût de production, lui, sera forcément plus élevé. Les producteurs seront donc «rémunérés en conséquence» et les produits, en rayons, afficheront un prix compris «entre celui du conventionnel et celui du bio».

En chiffres

73 % des agriculteurs Bonduelle limitent l’utilisation d’intrants dans leurs exploitations
92 % des déchets sont valorisés (dont 100 % des déchets verts)
7 531 t de CO2 économisées grâce aux transports alternatifs
82 % des surfaces bénéficient d’un réseau de surveillance d’insectes pour guider le traitement
100 % des sites Bonduelle possèdent au moins une certification qualité, dont 16 % certifiés bio
96 % des agriculteurs Bonduelle sont signataires de la charte agronomique

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