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La vache Limousine a la côte dans la région

Vingt-deux adhérents au Herd-Book limousin élèvent leurs 17 414 vaches rousses dans la région. Même si la filière locale doit encore se structurer, les professionnels prouvent au niveau national que leurs produits sont de qualité.

Alain Bulion, président de la section Nord-Picardie : «Nous avons démontré que nous savons produire des bêtes équivalentes à celles du berceau de la race.» 
Alain Bulion, président de la section Nord-Picardie : «Nous avons démontré que nous savons produire des bêtes équivalentes à celles du berceau de la race.» 
© A. P.



Ils ne sont que vingt-deux adhérents au Herd-Book limousin sur 1 482 au niveau national, mais les éleveurs de la section Nord Picardie font partie des plus impliqués. En témoigne la participation active de certains d’entre eux, lors de l’assemblée générale de la section qui s’est tenue le 12 octobre, à Bernaville. «La race Limousine a le vent en poupe», annonce Alain Bulion, président de la section et éleveur à Bruille-Saint-Amand. Et, il l’assure, les éleveurs des Hauts-de-France savent se démarquer : «Nous avons encore démontré à Terre en fête (à Arras, du 8 au 10 juin dernier), grâce à une présentation de qualité, que nous savons produire des bêtes équivalentes à celles du berceau de la race
Pourtant, l’élevage de Limousines ne connaît pas d’explosion. «Au total, on compte trente-neuf nouvelles adhésions pour quarante-neuf démissions. Campagne après campagne, les causes de démissions sont les mêmes : départ en retraite, arrêt de l’atelier bovins allaitants, démission du contrôle de performances… Ces causes, notamment économiques, doivent nous amener à proposer à ces élevages un service plus personnalisé», explique David Delgoulet, chef de service.
Les éleveurs présents à Bernaville, eux, étaient tous d’accord. Ils ont craqué pour la rouquine dont la qualité gustative de la viande est appréciée pour plusieurs raisons : «Elle est facile à élever, car elle vêle facilement. Le veau est nerveux dès la naissance et boit très vite seul. La mère, très maternelle, s’occupe bien de lui. C’est donc moins de temps à passer.» La race semble très heureuse dans les terres Ch’ti. «Elle s’adapte très bien dans notre région, car elle est rustique. Elle nécessite très peu de compléments. De l’herbe lui suffit largement !» Economique, donc, et dotée d’un bon rendement viande.
Côté exportations, les feux sont au vert. «Avec 2 373 pedigrees édités sur la campagne, on assiste à une progression qui se poursuit par rapport aux quatre campagnes précédentes (+ 16 % par rapport à 2016-2017). Cette évolution montre que, quand le sanitaire est en ordre, l’intérêt pour la génétique Limousine est important», précise David Delgoulet. Les principaux importateurs sont les espagnols, avec 724 femelles et 127 mâles, les italiens (231 et 61), les hongrois (274 et 6), les lituaniens (144 et 25), les polonais (67 et 43), les roumains (102 et 6) et les suisses (83 et 14).

Des qualifiées à Lanaud
La génétique régionale a de quoi se défendre, puisque cinq femelles de la section Nord-Picardie, sur huit cent onze, ont été qualifiées «RRE» (2 % des Limousines les meilleures en France), à la fameuse station nationale de qualification de Lanaud, à Boisseuil (87). Treize autres, sur plus de deux mille, ont été qualifiées «RR» (10 % des très bonnes Limousines en France), et un mâle sur trente-deux est qualifié «RRE VS». Une reconnaissance pour les locaux, d’autant qu’il est difficile pour eux de se distinguer, lorsqu’on se trouve à 600 km du berceau de la Limousine. «Le transport demande une organisation et représente un sacré coût, confie Alain Bulion. Nos vaches ne répondent pas non plus parfaitement aux exigences de la race. Nous favorisons le développement squelettique, avec un peu moins de viande, car cela répond à la demande locale.»
Autre difficulté : celle de se regrouper en un seul syndicat régional. Lim02, dans l’Aisne, et Norlimousine pour le Nord et le Pas-de-Calais sont constitués, mais rien n’existe dans la Somme, ni dans l’Oise. «Un seul groupe permettrait plus d’échanges, et surtout, de structurer le marché de la reproduction. Aujourd’hui, nous nous appelons les uns les autres lorsque nous avons besoin d’un taureau ou de génisses…», témoignent les éleveurs. Mais convaincre tout le monde d’avancer dans le même sens n’est pas une mince affaire.

Une anomalie génétique

Si la Limousine est reconnue pour sa facilité d’élevage et sa rusticité, elle a néanmoins une faille. Celle d’une particularité génétique nommée palais fendu. Un trou dans le palais laisse passer les aliments à travers la cloison nasale, et donc jusqu’aux poumons. Les veaux atteints meurent en général rapidement. «Depuis plusieurs années, le génotypage des animaux a permis de cartographier la région génomique responsable de cette tare, et a conduit à la mise au point d’un test sur haplotype pour aider à suivre les fragments de chromosomes en relation avec l’anomalie», explique David Delgoulet, chef de service du Herd-Book limousin. Les taureaux Neuf et Damona, par exemple, sont porteurs de l’haplotype. «Mais on ne cherche pas à éradiquer les mâles porteurs, car ce serait se priver de gènes intéressants sur d’autres critères. Il faut optimiser les accouplements, et croiser un porteur du gène avec un non porteur.»

Se rapprocher du Herd-Book pour des demandes d’analyses : 05 55 06 46 47 ; hbl@limousine.org

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