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La vente directe de volailles en plein essor

Bertrand Roucou, installé à Briquemesnil (80), a toujours vendu ses produits, et notamment ses volailles, en direct. Un mode de commercialisation historique boosté par la crise.

Bertrand Roucou prélève ses  volailles chaque semaine, et a donc un œil attentif sur  la qualité  de chacune. 
Bertrand Roucou prélève ses volailles chaque semaine, et a donc un œil attentif sur la qualité de chacune. 
© Alix Penichou

Cultiver et élever est dans l’ADN de Bertrand Roucou. L’homme est installé depuis 1991 à Briquemesnil-Floxicourt, village de l’ouest de la Somme, sur 180 ha, 5 000 poules pondeuses plein air, un peu de maraîchage et un atelier d’engraissement et d’abattage de volailles de chair. Pour lui, la vente directe est un prolongement du métier. «Après-guerre, ma grand-tante faisait les marchés où elle vendait ses volailles et des produits laitiers. J’ai toujours connu ça, et j’ai suivi.» Aujourd’hui, le passionné propose notamment ses poulets, dindes, pintades, chapons et canards dans trois marchés locaux (Ferrières, Saleux, et le marché du beffroi d’Amiens), ainsi que dans quelques points de vente du coin. Depuis décembre, il a également créé un petit magasin à la ferme, ouvert le vendredi en fin de journée. 

«Vendre au marché, c’est la liberté de gérer ses ventes. J’aime surtout le contact avec les clients. Une semaine ne ressemble jamais à la suivante.» Mais l’activité doit vraiment être une vocation. «Il faut toujours être à 100 %. Le jour où je suis moins en forme, je sens l’impact sur les ventes.» Bertrand Roucou a tissé des liens particuliers avec ses habitués. En cette période de crise sanitaire, il se rend particulièrement compte de la solitude dont souffrent certains. «Mon stand devient un lieu de rencontre et d’échanges.» Au fil des années, il a néanmoins appris à prendre du recul. «Les clients vous prennent aux tripes. C’est passionnant, mais il faut savoir juger lorsqu’on en a assez, et s’arrêter pour garder un peu de temps pour soi et sa famille.»

À chaque gourmand sa volaille

Bertrand connaît ses produits par cœur et sait conseiller au plus juste. Les poulets, par exemple, sont achetés à des naisseurs de la région à six semaines et sont élevés jusqu’à dix-huit ou vingt semaines. «Les poulets d’âge ont une viande plus goûteuse», assure-t-il. Trois races différentes sont choisies, pour des poulets de 4, 3,5 et 2,5 kg environ, selon les besoins. «Pour un repas de famille avec beaucoup d’enfants, par exemple, je conseille une poulette dont la chair présente une fibre plus fine, donc plus tendre. À ceux qui veulent privilégier le goût, je propose plutôt un poulet coq.» L’aliment, un mélange de céréales, et du blé, est de qualité, car «la santé est dans l’assiette». Comme les volailles sont prélevées toutes les semaines, Bertrand Roucou peut ajuster les rations régulièrement. «À l’abattage, on voit tout de suite si une poule a manqué de minéraux, par exemple.»

Cette qualité semble avoir séduit de nouveaux consommateurs qui ont privilégié les produits locaux durant le premier confinement. «J’avais triplé les ventes à cette époque. En termes de logistique, c’était d’ailleurs compliqué à gérer !»
Aujourd’hui, Bertrand estime que son activité est au moins 30 % plus élevée qu’avant la crise. «Il faut savoir fidéliser, mais la vente directe a un bel avenir. De nouvelles opportunités se présentent.» Pour lui, il y a de la place pour tout le monde. «Il faut penser en termes de dynamique et non de concurrence.»

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