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L'abattoir de Forges-les-Eaux en liquidation judiciaire

Il venait tout juste d’ouvrir ses portes. Voici son avenir déjà compromis. L'abattoir de Forges-les-Eaux, ouvert en 2022, a été placé en liquidation judiciaire ce 26 janvier par le tribunal de commerce de Dieppe. 

2 500 t devaient être abattues (65 % de porcs, 30 % de bovins et 5 % d’ovins). Une chaîne d’abattage de porcs et une autre pour les ovins toutes neuves avaient été installées.
2 500 t devaient être abattues (65 % de porcs, 30 % de bovins et 5 % d’ovins). Une chaîne d’abattage de porcs et une autre pour les ovins toutes neuves avaient été installées.
© A. P.

La liquidation judiciaire avec une poursuite d’activité durant deux mois a été prononcée par le tribunal de commerce de Dieppe ce jeudi 26 janvier, pour l’abattoir de Forges-les-Eaux (76). Pour la Coopérative d’abattage du Pays de Bray, qui l’exploitait depuis cet été, c’est un sacré coup dur. «Je suis dégouté», a simplement commenté Jean-Marie Herment, son président, qui devrait livrer sa version des faits dans les jours qui viennent. 

Un liquidateur et un administrateur ont été nommés pour s’occuper de ce dossier. Le tribunal examinera une éventuelle offre de reprise. «La coopérative a été mise en cessation de paiement. Douze salariés sont concernés. C’est un gros coup dur pour la ville, après JCB Service (le pôle de viande pour la découpe, transformation, emballage et conditionnement), lui aussi liquidé», confie la maire de Forges-les-Eaux, Christine Lesueur, dans les colonnes de L’Éclaireur-La Dépêche. Le conseiller régional normand, Xavier Lefrançois, se veut néanmoins optimiste. «Je me suis battu pour que l’abattoir soit créé et la Région a cautionné. Mais ce n’est pas parce que c’est fermé aujourd’hui que cela ne pourrait pas ouvrir à nouveau», témoigne-t-il. 

Pour rappel, l’histoire de l’abattoir de Forges-les-Eaux s’était arrêtée en 2011, suite au départ de l’entreprise Bigard. «Nous, les éleveurs, nous sommes tout de suite mobilisés pour reprendre l’activité. L’ancien maire, Michel Lejeune, vétérinaire de métier, m’a alors confié le dossier. Voilà dix ans que je me battais pour cela, dont six ans de procédure judiciaire avec Bigard, qui ne voulait pas rendre les clés», nous confiait Jean-Marie Herment en mars dernier. Un lourd dossier ICPE (Installations classées protection de l’environnement), de laborieuses démarches administratives, une enquête publique, et une pandémie de Covid plus tard, l’ouverture sonnait au printemps 2022. 3 M€ ont été déboursés pour réaliser ces travaux, grâce notamment à un prêt à taux zéro de 250 000 € de la Région Normandie. 

 

Déception des éleveurs

Pour les éleveurs du secteur qui misent sur le circuit court, l’outil était important. L’AONP (Association ovine Nord-Picardie) a d’ailleurs des parts dans l’outil. «Dans le coin, nous n’avions plus que l’abattoir de Fruges pour abattre nos agneaux. Disposer d’une deuxième option était bienvenu pour répondre à la demande locale», confie Bruno Leclerc, technicien de l’association. Les éleveurs adhérents vivent cette liquidation judiciaire «comme un échec», mais ne comptent pas baisser les bras, alors que le marché de l’agneau est très porteur. Leur toute nouvelle marque «L’agneau a la cote», pour les agneaux nés et élevés en Hauts-de-France et Normandie, devrait notamment se développer. 

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