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Lactalis : le mauvais élève pour le prix du lait en 2013

Les débats à l’assemblée générale des producteurs de lait de l’Ouest picard (livreurs à Lactalis) ont été focalisés sur le prix du lait.

© AAP


C’est dans une ambiance revendicative que s’est déroulée l’assemblée générale de l’association des producteurs de lait de l’Ouest picard (Aplop) le 11 mars à Poix de Picardie, sous la présidence de Bernard Mancaux. «Les producteurs ont manifesté, un médiateur est intervenu. Il a recommandé aux entreprises d’augmenter le prix du lait sur l’année de 25 euros. Ce que nous avons fait», s’est justifié Jacques Borgoo, responsable production du site Lactalis à Clermont (60). Dominique Dengreville, président des producteurs de lait de la Somme, a manifesté son désaccord : «la recommandation d’augmentation portait sur trois mois et non sur l’année. Il y a des accords et des contrats signés dans lesquels il est notifié que Lactalis doit prendre en compte les indicateurs du Cniel pour fixer le prix du lait. Vous avez choisi ce qui vous arrangeait».
Au final, Lactalis fait partie des derniers de la classe avec un prix moyen de base en 2013 de 337, 48 euros les 1 000 litres de lait. «Vous étiez les leaders français, vous êtes aujourd’hui les derniers», ont déploré les éleveurs, déçus du comportement des dirigeants de l’entreprise.
Ce devrait toutefois être mieux en 2014. «Cette année, a expliqué Jacques Borgoo, nous avons choisi de suivre les indicateurs. Une augmentation importante est à noter en janvier et février avec des prix atteignant respectivement 412,72 euros et 413,40 euros les 1 000 litres de lait. Mais pour éviter de trop gros écarts entre le premier et le second semestre, nous avons choisi de lisser les prix en accord avec l’Unell (union nationale des éleveurs livrant à Lactalis). Quinze euros ont été retirés en janvier et février et seront redonnés intégralement en juillet et en août». Pour Bernard Mancaux, «on peut considérer ces quinze euros comme une avance à l’entreprise».
Aujourd’hui, le prix du lait du mois de mars n’est toujours pas connu et l’entreprise ne s’est pas prononcée non plus sur un prix moyen annuel, ce que regrettent les représentants de l’Aplop.

L’après 2015 ?
En 2015, il n’y aura plus de quota, mais des contrats. «Le litrage pris en compte pour 2015 sera le dernier litrage du quota corrigé de la matière grasse, a expliqué Jacques Borgoo. La référence est à 38, si vous êtes à 39, on vous enlèvera 0,60% de litres de lait. A l’inverse, si votre référence est inférieure à 38, on vous ajoutera 1,75% de lait en plus. Une fois que le litrage sera fixé, il n’y aura plus de correction de matière grasse». En résumé, chez Lactalis, mieux vaut avoir une faible référence matière grasse avant 2015 pour avoir un maximum de litres de lait. Après, il n’y aura plus de correction matière grasse.

Création de l’OP : où en est-on ?
«Le dossier de création de l’OP Uplbp n’a pas encore été déposé, quelques papiers manquent encore. Il devrait être déposé d’ici le mois de juin», a expliqué Bernard Mancaux. A l’heure actuelle, les huit associations existant dans le Nord Bassin parisien vont toutes adhérer à l’OP Uplbp qui va elle-même adhérer à l’Unell. C’est cette structure qui négociera directement avec Lactalis. Chaque OP est représentée au sein de l’Unell par le biais de son président (voir schéma).
«Est en réflexion actuellement un cadre qui différencierait les adhérents de l’OP et les non adhérents, un prêt de quota supplémentaire, un plus pour les volumes ? Tout est à construire et je suis preneur des réflexions de chacun», a lancé le président. Et d’ajouter, «nous souhaitons mieux travailler avec Lactalis, pouvoir négocier avec eux et avoir des discussions constructives et non pas toujours revendicatives. Nous travaillons avec une entreprise performante, j’en suis convaincu. C’est via l’organisation de producteur que nous y arriverons. Nous pourrons y discuter et prendre des décisions sur les volumes et les prix». Un beau projet pour l’association et l’OP.

ZOOM

Comment est fixé le prix du lait ?

Avant le prix du lait se discutait en interprofession. Désormais, ce sont les entreprises qui discutent avec les producteurs regroupés en OP, donc dans le cas présent c'est l’Unell qui négociera.
Chaque entreprise fixe son propre prix et a sa propre façon de le calculer en accord avec l’OP.
Pour 2014, le prix sera calculé avec les indicateurs du Cniel.

Jacques Borgoo a expliqué la fixation du prix du lait pour le mois de janvier :
Prix payé en janvier = prix de référence + indice de saisonnalité + indice F1 + indice compétitivité 12 mois et au mois = 337,48 + (-10 + 27,24 + 8,01 + 46,75) = 409,48 euros, prix auquel est ajouté la flexibilité : 3,24 soit 412, 72 euros.
- Le prix de référence utilisé pour le calcul du prix du lait est le prix moyen de l'année précédente soit 337,48 euros.
- L'indice de saisonnalité permet de tenir compte de l'impact de la saison sur les coûts de production.
- L’indice F1 tient compte du mix produits des laiteries. Ici 20% de l’indicateurs produits industriels + 20% de l’indicateur produits export. Ces indicateurs sont calculés en pourcentage d’évolution du trimestre par rapport au trimestre N-1. Pour janvier F1= 8% soit 27,24 euros (prix du lait 2013 x 8%).
- L’indice de compétitivité sur l'année (tunnel 12 mois) correspond à la comparaison du prix du lait sur 12 mois glissants entre l’Allemagne et de la France (- 8 euros) soit + 8,01 euros.
- L’indice de compétitivité au mois (tunnel au mois) est la comparaison du prix du lait du mois de l’Allemagne et de la France, trois mois avant, (– 10 euros) soit +46, 95 euros.

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