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Lact’Union s’engage pour du lait toujours plus durable

Mieux produire, plus de bien-être animal, avec une empreinte carbone réduite et des producteurs valorisés : telles sont les attentes des consommateurs de lait. Lact’Union présentait sa stratégie lors de son assemblée générale du 16 septembre, à Laon.

Dans sa démarche de développement durable, la coopérative s’est fixée un objectif d’audits «bien-être animal» selon l’outil Boviwell dans toutes les exploitations qu’elle collecte d’ici fin 2023.
Dans sa démarche de développement durable, la coopérative s’est fixée un objectif d’audits «bien-être animal» selon l’outil Boviwell dans toutes les exploitations qu’elle collecte d’ici fin 2023.
© Reussir

L’engagement est un terme cher à Olivier Vermès, président de Lact’Union, dont l’assemblée générale avait lieu le 16 septembre, à Laon. Pour le producteur laitier de Saint-Riquier, cet engament est de plusieurs ordres pour la coopérative laitière. «Notre filière a pour principale mission de subvenir aux besoins alimentaires de nos concitoyens, en termes de qualité et en quantité, et elle a remarquablement assumé son engagement dans les cahots de 2020.»

Un des engagements fort est celui d’augmenter sa résilience. «Nous avons continué de travailler sur notre démarche de développement durable nommée Lact’eur responsable, basée sur la qualité des produits, la transparence et l’équité, le respect de l’environnement, le bien-être animal et l’entreprise citoyenne», note le groupe. Parmi les actions, une réduction de 8,7 % de CO2/t de lait transporté par rapport à l’année précédente, obtenue grâce à la formation à l’éco-conduite des chauffeurs et la baisse de la puissance des camions. Les contenants sont aussi regardés de près, avec des études sur leur éco-conception et leur recyclabilité. «Nous avons supprimé la paille plastique de tous nos emballages vendus en Europe et nous travaillons à la création d’un bouchon solidaire de la bouteille et de la brique, pour être prêts pour l’échéance 2024.»

Le site Lactinov d’Abbeville, lui, a signé un contrat de performance énergétique, qui doit aboutir à une réduction de la consommation énergétique d’ici 2025. «Il s’agit notamment de l’investissement dans des groupes frigorifiques qui fonctionnent à l’ammoniac», précise Olivier Vermès. La filière laitière, dont Lact’Union, s’est également engagée dans l’expérimentation de l’affichage environnemental proposée par la France et l’Adème. «L’objectif est de tester et de définir une méthodologie commune à tous les secteurs afin de déployer un score environnemental sur les produits alimentaires.» Basé sur l’approche de l’analyse du cycle de vie (ACV), la filière a ajouté de nouveaux indicateurs, tels que la biodiversité et le stockage de carbone.

Les éleveurs mis à contribution 

Les producteurs sont évidemment mis à contribution de cette orientation «durable». «Depuis 2017, 100 % des exploitation collectées sont conformes à la charte des bonnes pratiques d’élevage (traçabilité, bonne santé du troupeau, alimentation saine, bien-être animal et humain, qualité du lait…).» 85 % du lait collecté répond aussi à la charte «au Fil du lait», qui complète la première charte sur les thèmes de la qualité du lait, de l’environnement et du bien-être animal. À ce sujet, la coopérative a débuté fin 2020 la réalisation des audits «bien-être animal» dans les exploitations, selon l’outil Boviwell. «Au 30 juin 2021, 30 % des exploitations étaient auditées. L’objectif est de 100 % d’ici fin 2023.» 

Quant à la qualité, elles est encouragée par la grille de primes qualité qui complète la grille de paiement du lait. «Les critères sont bactériologiques (germes), les cellules somatiques, les spores butyriques, l’absence d’inhibiteurs et de cryoscopie, ainsi que l’engagement au Fil du lait au niveau excellence.» Ces primes vont de 3 à 12 €/1 000 l selon le niveau de qualité. En plus de cela, dans un objectif de garantie de «lait sans résidus d’inhibiteurs», l’ensemble des tanks à lait collectés depuis le 1er janvier 2020 sont analysés. Il s’agit d’un des engagements du plan de filière «France terre de Lait». Résultat : «plus de tanks pénalisés, mais une nouvelle tendance à l’amélioration dès le second trimestre.»

 

Bio et sans OGM, ces filières circonscrites 

L’actualité a fait grand bruit : les éleveurs bio français produisent plus de lait que le marché ne peut en absorber. Plusieurs entreprises ont annoncé qu’elles dissuadaient les conversions, et certaines déclassent même une partie de la production. Mais chez Lact’Union, le discours est moins alarmiste. 6,6 millions de litres (Ml) de lait bio ont été collectés auprès de 23 associés coopérateurs. Le prix d’acompte 2021 a même été fixé à 480 €/1 000 l, soit une augmentation pour la cinquième année consécutive. «Les conversions d’exploitation en cours et l’accueil de nouveaux producteurs nous permet d’envisager une collecte de 8 Ml en 2021 et près de 10 Ml en 2022», était-il annoncé lors de l’assemblée générale du 16 septembre. Olivier Vermès, son président, précise tout de même : «Nous avons besoin de 25 Ml de lait par an. Une grande partie est achetée à Biolait. Nous ne souhaitons en aucun cas laisser tomber ce client, et nous levons le pied sur les conversions, mais il reste de la place chez nous pour de nouveaux producteurs bio, notamment des projets de jeunes agriculteurs.»
De son côté, le lait issu d’animaux nourris sans OGM, dont la production est en place depuis juin 2020 pour 67 exploitations, a représenté un volume de 50 Ml. À la clé pour les éleveurs : 15 € de plus les 1 000 l. Cette filière ne semble néanmoins pas voué à l’expansion. «Nous faisons face à de grosses difficultés d’approvisionnement en soja certifié sans OGM, et les autres sources de protéines ne valent pas pour l’instant celle du soja en termes de performances», explique Olivier Vermès.
RSE (responsabilité sociétale des entreprises), bilan carbone et accès au pâturage sont des thèmes sur lesquels Lact’Union veut concentrer davantage d’efforts. Reste que la multiplication des collectes et des lignes de conditionnement par filière a un coût.
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