Aller au contenu principal

Tribune
Christiane Lambert (FNSEA) : « L’agriculture n’a pas de toit pour se protéger du climat ! »

Christiane Lambert et inondations
La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, en juillet dernier, lors d'un déplacement dans les Ardennes pour constater les dégâts d'une montée des eaux soudaine sur les fourrages et autres cultures.
© FNSEA

Voilà deux mois que les médias relaient quotidiennement l’exceptionnelle pluviosité de l’été 2021. D’abord pour déplorer les inondations et crues dans certaines régions, qui n’ont heureusement pas entraîné les conséquences meurtrières et dévastatrices qu’ont connus nos voisins allemands et belges. Désormais, c’est le moral des Français qui est touché, le temps morose compromet les activités en plein air et la si attendue décompression estivale après des mois de restrictions… L’urgence à gérer la continuité d’un quotidien décent pour les Français dans un contexte de crise sanitaire a fait un temps oublier que, comme disait Jacques Chirac, « la Maison brûle ». Avec cet été à forte pluviométrie, vecteur de déprime économique et psychologique, l’urgence à agir sur le dérèglement climatique se rappelle au « bon » souvenir de tous.  Et particulièrement des agriculteurs, qui, malgré des efforts d’adaptation déjà engagés, prennent de plein fouet depuis six mois, un enchaînement implacable d’épisodes climatiques.

Rarement, nous avons ainsi été confrontés à la cruauté du climat sur un si court pas de temps. Souvenons-nous de ces agriculteurs, viticulteurs, maraîchers… qui ont lutté contre le gel nuit et jour au printemps dernier ; de celles et ceux qui ont vu leurs champs et leurs productions engloutis par les crues des cours d’eau, alors que d’autres subissaient des restrictions d’eau.

La société doit prendre conscience que ses attentes en matière d’alimentation durable ne seront pas totalement satisfaites tant que l’agriculture, cette entreprise sans toit, ne bénéficiera pas des outils et moyens pour lui permettre de s’adapter durablement 

Aujourd’hui, les moissons prennent jusqu’à un mois de retard dans certaines régions et l’excès d’humidité fait apparaître des maladies, comme le mildiou, qui menacent vignes et cultures maraîchères.

Le climat change, c’est indéniable et cela se passe en ce moment sous les yeux de l’ensemble de la société. Pendant que la France connaît un été frais et humide, la Grèce et la Turquie sont dévastées par des terribles incendies dus à la canicule. L’année prochaine, ce sera peut-être l’inverse, personne ne peut le prévoir. Quel que soit le scénario, nous en serons tous les victimes, individuellement et collectivement. Mais l’agriculture, qui travaille à ciel ouvert, est encore plus fortement tributaire de ces aléas et de leur imprévisibilité. Les conséquences sont perceptibles dès cette année par les Français, qui trouvent moins de fruits et légumes, à des prix plus élevés, sur les étals. 

Tout comme la crise COVID a servi d’amplificateur sur la nécessité d’assurer la souveraineté alimentaire de la France, les récents événements climatiques doivent jouer un rôle de catalyseur : la société doit prendre conscience que ses attentes en matière d’alimentation durable ne seront pas totalement satisfaites tant que l’agriculture, cette entreprise sans toit, ne bénéficiera pas des outils et moyens pour lui permettre de s’adapter durablement : outils de prévention pour la gestion de l’eau, stockage, entretien des fossés et cours d’eau, émergence de variétés culturales résilientes, équipements de protection et d’anticipation, outils de compensation avec la rénovation du modèle assurantiel et des calamités agricoles….

Ces sujets sont à l’agenda politique français et européen des prochains mois. A tous les échelons de la décision publique, dans les ministères au niveau national, mais aussi auprès des collectivités territoriales, des agences et des syndicats concernés par la gestion de l’eau, la FNSEA et son réseau martèleront ce principe de réalité pour des décisions politiques courageuses et basées sur des fondements scientifiques et des données aujourd’hui cruellement avérées

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde