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L’agriculture soutenue par les collégiens

Pour soutenir l’agriculture samarienne dans son quotidien et ses transitions, le Conseil départemental de la Somme compte sur un outil dont il a la totale maîtrise : l’approvisionnement en produits locaux des restaurants des collèges dont il a la charge.

Pour les agriculteurs, s’ils sont prêts à «alimenter» en produits locaux et fermiers les collèges du département, le marché est considérable.
© Catherine Perrot

Tripler le taux d’approvisionnement local dans les collèges de la Somme, c’est (l’ambitieux) projet du président du Conseil départemental, Stéphane Haussoulier. Cet engagement, il l’a pris fin de semaine dernière à l’occasion d’une table ronde avec la profession agricole du département sur la manière dont la collectivité peut encore venir en aide aux agriculteurs. L’afficher, et y mettre les moyens, est d’autant plus opportun que la loi Egalim prévoit elle aussi des mesures pour la restauration collective publique. Parmi ces mesures, la loi impose en effet au plus tard au 1er janvier 2022 aux restaurants scolaires de proposer une part au moins également à 50 % de produits de qualité ; ce qui sous-entend une part plus importante de produits sous signe officiel de qualité, certifiés Haute valeur environnementale, écolabel pour la pêche durable, et au moins 20 % de produits issus de l’agriculture biologique.

2,5 millions de repas par an
Pour les agriculteurs, s’ils sont prêts à «alimenter» en produits locaux et fermiers les collèges du département, le marché est considérable. Le Département de la Somme est en effet chargé d’assurer directement la gestion et le fonctionnement au quotidien du service de restauration – et d’hébergement le cas échéant –, de 50 collèges, 42 cuisines et une cuisine centrale à Amiens. Plus en détails, ce service de restauration à satisfaire représente 16 000 repas par jour à raison de 150 services par an, soit… 2,5 millions de repas par an ! Parmi les établissements déjà engagés, deux se distinguent en réalisant 30 % de leurs approvisionnements auprès de producteurs locaux.
Depuis 2010, date à laquelle le Département s’est engagé dans une démarche d’approvisionnement en produits locaux des cantines de ses collèges, la collectivité constate une évolution moyenne de + 15 % par an de ce type de produits. Rien qu’en 2019, ce ne sont pas moins de 535 000 € qui ont profité directement à l’agriculture samarienne, sur un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. En 2020, lorsqu’il a fallu «compenser» la fermeture des établissements scolaires en raison de la Covid-19, le Département a répondu présent pour mettre en place d’autres outils et continuer à trouver des débouchés. Un exemple ? La mise en place des Drive fermiers, dont deux sont toujours en fonctionnement aujourd’hui. 

Des méthodes à faire évoluer
Pour favoriser l’approvisionnement des collèges, la volonté politique affichée ne fait pas tout… et c’est la présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme, Françoise Crété, qui le souligne : «Notre rôle, en tant que chambre d’agriculture, c’est d’être un facilitateur. Amener des produits locaux dans les collèges ne doit pas être synonyme de plus de contraintes, de part et d’autre» ; autrement dit, pour le chef de cuisine, comme pour l’agriculteur fournisseur. À l’adresse de ces derniers, Françoise Crété demande «de changer un peu les méthodes de travail». Charge d’un autre côté à la collectivité d’inciter les chefs de cuisine des établissements dont elle a la charge «de les inciter à utiliser des produits locaux, et les former». Pour la Chambre d’agriculture de la Somme, «il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous devons nous appuyer sur l’existant». Quant aux Projets alimentaires territoriaux (PAT), «ils vont sans aucun doute nous aider en permettant de partager des expériences à l’échelle de tout le territoire», s’est réjoui Mme Crété.

Trois axes «prioritaires» et cinq programmes d’actions pour le Département 

À l’image de son prédécesseur, Stéphane Haussoulier veut maintenir «une politique agricole forte» pour le Conseil départemental ; néanmoins, «cette politique n’a de sens que si elle est au service de la profession agricole. Les outils que l’on met en place doivent être ceux que le monde agricole espère». Comme il l’avait fait quelques jours plus tôt avec les représentants du secteur de la culture, et avant de le faire avec les professionnels du tourisme ce vendredi 23 avril, le président Haussoulier a donc voulu une rencontre sous forme d’une table avec les représentants du monde agricole samarien. L’occasion de rappeler un certain nombre de chantiers engagés pour l’agriculture, «dont la place est particulièrement importante dans notre département», et les moyens que le Conseil départemental y consacre chaque année. Le budget du Département, c’est une enveloppe de 2 millions d’euros par an, dont 700 000 € sont destinés «à accompagner les programmes d’actions des partenaires agricoles et agroalimentaires», et 1,3 million «pour les projets d’investissement des entreprises» ; La mise en œuvre concrète de la politique agricole du département passe par cinq programmes d’actions : soutien à la filière élevage ; accompagnement de l’évolution des techniques culturales ; diversification et valorisation de l’agriculture ; soutien à l’emploi agricole et enfin développement de l’approvisionnement local en circuits courts, «notamment par la restauration collective».
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