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Lait bas carbone : premiers résultats pour 350 éleveurs engagés

Le 20 octobre 2022 s’est tenu le comité de pilotage du Projet régional lait bas carbone Nord Picardie Ardennes. L’état d’avancement du projet et l’analyse des premiers résultats y ont été présentés. 

Depuis 2018, 356 exploitations laitières se sont engagées dans le projet. L’empreinte carbone nette moyenne de ces exploitations est de 0,95 kg eq.CO2/litre de lait (France : 0,86). Mais la Ferme laitière bas carbone, c’est quoi ? Il s’agit d’abord d’une démarche volontaire de la filière laitière française pour réduire de 20 % l’empreinte carbone du lait produit d’ici 2025. En région Hauts-de-France et dans les Ardennes, elle se déploie grâce à un programme partenarial porté par le Criel Nord Picardie Ardennes et l’AOPEN Dairy. Ce projet est financé par la Région Hauts-de-France, le Cniel et la Région Grand Est.

 

Empreinte carbone des exploitations du projet 

La ferme moyenne engagée est composée de 129 ha de SAU, dont 68 ha de SFP, 133 UGB lait – 33 UGB viande, 82 vaches laitières avec 8 500 l de productivité par vache et 670 000 l de lait corrigé* vendus (*lait corrigé aux taux TB 40 g/kg TP 33 g/kg). 

Les émissions brutes sont la somme des émissions de trois Gaz à effet de serre (GES) : méthane, protoxyde d’azote et dioxyde de carbone. Elles sont en moyenne de 1,03 kg eq CO2/l de lait (moyenne France de 1,01 kg eq CO2/l). Les élevages régionaux compensent en moyenne 8 % de leurs émissions grâce au stockage de carbone. L’empreinte carbone nette (émissions – stockage) est donc en moyenne de 0,95 kg eq CO2/l de lait (moyenne France 0,86 kg eq CO2/l). Un écart de 30 % est observé dans l’échantillon entre les exploitations dont l’empreinte est la plus haute et celles dont l’empreinte est la plus basse. 

La fermentation entérique, correspondant à la rumination des animaux, représente environ 55 % des émissions de GES. Viennent ensuite la gestion des effluents et les achats d’aliments, qui contribuent chacun aux émissions à hauteur d’environ 15 %. Les autres postes (fertilisation azotée, carburants et électricité, engrais) représentent ensemble les 15 % restants. Les principaux déterminants de l’empreinte carbone brute d’une exploitation sont liés aux performances techniques du troupeau laitier, en particulier la cohérence entre production, système fourrager et ration, ainsi que la gestion des animaux improductifs (notamment les génisses). La gestion des surfaces, notamment les pratiques de fertilisation, est également une source importante d’émissions de GES. 

 

Analyse des plans d’action 

Un plan carbone est construit avec l’éleveur pour identifier les leviers à mobiliser sur son exploitation. Ces leviers sont choisis en fonction du contexte de l’exploitation et des objectifs de l’agriculteur. Une prévision de réduction d’émission de GES et de stockage additionnel de carbone est ainsi calculée. 255 plans carbone issus du projet ont été analysés. En moyenne, les plans carbone permettent une réduction des émissions de GES de 11 % (de - 3 % à - 42 %), soit 540 tonnes eq. CO2 en cinq ans. Dans 50 % des cas (figure 2), le plan carbone retient des leviers liés à la gestion du troupeau, principalement la réduction de l’âge au premier vêlage et la réduction du taux de renouvellement. En revanche, les pratiques liées au stockage de carbone (implantation de prairies et de haies) sont peu choisies par les éleveurs. 

L’optimisation des performances techniques et les économies de charges (concentrés, engrais) s’accompagnent d’un gain économique d’en moyenne 20 000 € sur la durée totale de l’accompagnement. 

 

Analyse des accompagnements terminés 

Dix-neuf exploitations ont terminé leur accompagnement dans le projet régional. L’échantillon étant très limité, les premiers résultats analysés sont présentés à titre indicatif et doivent être interprétés avec prudence. Une évolution structurelle moyenne est à noter : + 20 % de SAU ; + 4 % d’effectif bovins lait et - 55 % d’effectif bovins viande ; + 13 % de lait vendu. Le diagnostic CAP’2ER de fin d’accompagnement a montré une réduction des émissions de GES de - 9 % en moyenne dans les exploitations sans changement structurel important, leur objectif initial était de - 12 % (figure 3). Une augmentation des émissions est observée chez quatre éleveurs, due à un changement de type de bâtiment (système lisier), une augmentation des quantités de concentrés pour corriger la qualité des fourrages et un problème sanitaire qui a dégradé la production laitière. 

Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse suivante :
jeanne.averna@idele.fr 

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