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Chimie verte
L’amiénoise Metex compte sur le soutien de l’État

Plus de 400 personnes se sont mobilisés lundi 25 mars après-midi pour demander le soutien de l’État à l’entreprise Metex placée en redressement judiciaire.

À Amiens, faute de repreneur dans les prochaines semaines pour l’entreprise  Metex, plus de 300 emplois sont menacés.
À Amiens, faute de repreneur dans les prochaines semaines pour l’entreprise Metex, plus de 300 emplois sont menacés.
© V. F.

Quelques jours après son placement en redressement judiciaire, l’entreprise Metex Noovistago (ex-Ajinomoto) qui exploite un site de production d’acides aminés (lysine) à Amiens a reçu le soutien d’environ 450 personnes, lundi 25 mars. Enjeu de la mobilisation pour l’intersyndicale et la direction de l’entreprise réunies ? Tenter de sauver l’activité et trouver un repreneur dans les prochains mois. Spécialisée dans la chimie verte, Metex destine ses fabrications aux marchés de la nutrition animale, de la pharmacie ou de la cosmétique. Or, selon Rudolph Hidalgo, directeur adjoint du groupe Metex, «les conséquences de la guerre en Ukraine d'un côté, les conséquences sur la hausse du prix du sucre, tout cela a mis les finances du groupe dans une situation tendue». Rien qu’avec le prix du sucre, essentiel dans le process de fabrication des acides aminés par fermentation, Metex déplore un problème de compétitivité par rapport à ses concurrents, notamment chinois : «Nous continuons à toucher un sucre entre 750 et 800 € la tonne alors qu'on a des concurrents à l’autre bout du monde qui le touche entre 400 et 500 €», a ainsi déclaré sur France Inter M. Hidalgo.

 

Question de souveraineté

En parallèle aux 300 emplois directs menacés à Amiens – il faut y ajouter ceux d’entreprises sous-traitantes –, c’est également une question de souveraineté qui est en train de se jouer, comme l’a rappelé Samir Benyahya, délégué CFDT de Metex : «Le gouvernement nous parle tout le temps de la souveraineté alimentaire, c'est le moment de le prouver (…) Si l’usine ferme, ce serait vraiment une catastrophe pour l'économie locale.» Des contacts avec ce même gouvernement n’ont pour le moment pas permis de trouver une issue à la crise traversée par Metex : «Depuis l’été dernier, nous travaillons avec Bercy (le ministère de l’Économie et des Finances, ndlr) pour montrer que nous sommes dans une situation absurde, mais nous n’avons aucune réponse», a déclaré le syndicaliste. Quant à l’Europe, «elle est en train de laisser la Chine prendre le marché». Les syndicats de salariés rappellent que «pendant le Covid, l’usine continuait de tourner quand toutes les autres ailleurs dans le monde étaient fermées…» Sur le plan environnemental, on rappelle que la production de l’usine amiénoise est certes plus chère que celle de ses concurrents, mais qu’elle est aussi «cinq fois moins polluante».

 

Réactions politiques en chaîne

Parmi les soutiens aux salariés les plus applaudis, le député de la Somme, François Ruffin. Pour lui, pas de doute, ce sont bel et bien la responsabilité du gouvernement et du président de la République est engagée : «Depuis trois ans, ils nous disent que c’est le retour de l’industrie, qu’il y aurait des relocalisations, de la souveraineté. Ici 300 familles vivent dans l’angoisse. Alors, monsieur Macron (…) y en a marre du blabla ! Y en a marre du baratin !» Quant à l’Union européenne, elle est accusée par François Ruffin de «détricoter toutes nos protections face à la mondialisation avec un gouvernement français complice qui se tait.»

Dans le parterre, on comptait aussi la présence du sénateur (PS) Rémi Cardon, des écologistes Thomas Hutin et Marine Tondelier, la tête de liste de La France insoumise pour les européennes, Manon Aubry, ou encore le communiste Léon Deffontaines, également tête de liste pour les élections européennes.

La succession de personnalités de gauche à la tribune n’a pas manqué de faire réagir d’autres élus, dont l’amiénois Philippe Théveniaud, conseiller municipal, régional et suppléant du député RN Jean-Philippe Tanguy : «Ce n'est pas avec l'extrême gauche, qu'on attire des investisseurs et qu'on aide à la création d'entreprises ou à la reprise», a-t-il écrit sur X.

Face à la difficulté de la situation et la surenchère jouée par certains élus, c’est du côté des sénateurs samariens que l’on a trouvé de la sagesse. Quand Rémi Cardon plaide pour «une union sacrée pour la sauvegarde de l’usine et des emplois», le sénateur (LR) Laurent Somon a assuré que «l’activité de fermentation de Metex a un avenir» car «les compétences sont aux mains des salariés». Dans les jours précédents la mobilisation organisée par l’intersyndicale de Metex, au Palais du Luxembourg, Laurent Somon avait demandé «des réponses rapides et un soutien sans faille pour assurer ces objectifs d’emplois et garantir la souveraineté nationale dans l’approvisionnement d’acides aminées biosourcés».

 

Un autre site de Metex placé en redressement judiciaire

Après Amiens, c’est le site Metex Noovista de Carling (Moselle) qui a été placé en redressement judiciaire lundi 25 mars par le tribunal de commerce de Paris, a-on appris de la direction de l’entreprise. «Nous avons demandé le placement sous protection de justice l'usine de Carling car pour nous la situation dans laquelle se retrouvait la société aujourd'hui c'était la meilleure des choses à faire pour préserver l'outil industriel et avoir le temps de rechercher des investisseurs», a ainsi déclaré à nos confrères de France bleu Lorraine, Rudolph Hidalgo, directeur général adjoint du groupe Metex en charge de l'opérationnel et du plan de transformation. Le placement en redressement judiciaire de l’usine doit donner du temps à la direction de Metex de trouver un repreneur : «Nous croyons au potentiel de cette usine mais ça nécessite des investissements et ce que l'on va faire sous l'égide du tribunal», a ajouté Rudolph Hidalgo. Depuis le mois de janvier, l'entreprise est en activité partielle. Quant aux salariés du site, Rudolph Hidalgo assure la transparence : «Pour les salariés, pendant toute cette période, les salaires sont protégés. On continuera à leur dire en toute transparence où on en est et on espère que fin avril on aura des bonnes nouvelles à leur annoncer concernant les investissements. Pour l'instant on se bat pour donner un avenir à ce site.»

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