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Syndicalisme
À l’assemblée générale des JA80, un nouveau président et des défis économiques à relever

Le contexte de tensions économiques et réglementaires était sur la table de l’assemblée générale des Jeunes agriculteurs de la Somme, vendredi 13 février. L’occasion de dresser l’état des lieux du secteur et de préparer au mieux l’avenir. L’élection de Quentin Porquier à la présidence entame un nouveau chapitre pour le syndicat départemental.

Changement de présidence, inquiétudes économiques et appel à l’engagement : tels étaient les mots d’ordre de l’assemblée générale des Jeunes agriculteurs de la Somme, vendredi 13 février. Une centaine d’entre eux se sont réunis au sein de l’auditorium du Crédit agricole à Amiens, dans un contexte économique et politique tendu. Le syndicat a affiché sa volonté de défendre l’installation et la viabilité des exploitations.
Dans son rapport moral, le président sortant, Benjamin Bizet, a dressé un constat contrasté. Grâce aux aides, plus de cent jeunes se sont installés cette année dans le département. Mais les difficultés restent nombreuses :
complexité administrative, pression économique, attentes sociétales fortes. «Un jeune qui s’installe doit pouvoir se projeter avec confiance et non avec inquiétude», a-t-il insisté, appelant à des dispositifs «plus lisibles et plus rapides». Les actions menées ces derniers mois, de Bruxelles à Paris, ont illustré cette détermination, notamment sur les dossiers du Mercosur et de la Pac. «Sans engagement collectif, rien n’est possible», rappelle Benjamin Bizet. Il évoque également les tensions subies par certains responsables, entre menaces anonymes et attaques sur les réseaux sociaux.

Quentin Porquier élu président

Le moment fort de l’assemblée a été l’élection de Quentin Porquier à la présidence des JA de la Somme. Il remplace Benjamin Bizet, en place depuis quatre ans. «Je suis installé depuis cinq ans à Tours-en-Vimeu en polyculture-élevage. Je mesure le poids de la responsabilité qui m’est attribué», a-t-il déclaré devant les adhérents et partenaires présents. Dans son discours, il a rappelé ses priorités en tant que nouveau chef syndical : défendre une agriculture «productive, économiquement viable et ancrée dans ses territoires», tout en maintenant un dialogue étroit avec la FDSEA, «premier partenaire politique», sans pour autant en être «la section jeune». Quentin Porquier a surtout alerté sur l’écart entre les annonces législatives et leur application concrète. Selon lui, une large majorité des décrets liés à la loi d’orientation agricole ne sont toujours pas publiés. «Une loi sans décret reste lettre morte», a-t-il dénoncé, pointant un manque de visibilité pour les exploitants.

Le nouveau président a également dressé un tableau préoccupant de la conjoncture : «baisse du prix du lait, recul des surfaces en légumes et en pommes de terre, prix des céréales au plus bas depuis plusieurs années.» Autant de signaux qui fragilisent les exploitations et pourraient freiner les installations futures. Il a d’ailleurs affirmé : «Les jeunes qui choisissent l’agriculture le font par conviction, mais ils attendent des organisations qu’elles soient combatives et cohérentes», appelant les pouvoirs publics à plus de compréhension et d’accompagnement. Autre axe fort de son intervention : l’engagement local. Dans le cadre des prochaines élections municipales, il a encouragé les agriculteurs à «siéger dans les conseils municipaux, notamment pour peser sur les décisions liées au foncier, à l’aménagement et aux projets alimentaires territoriaux.» Pour lui, être agriculteur doit servir la collectivité, et s’engager localement permet de prolonger ce service.

L’importance du collectif

L’assemblée générale a également été marquée par l’intervention de Laura Di Muzio, ancienne joueuse internationale de rugby. Dans un registre à la fois humoristique et motivant, elle a rappelé «l’importance du collectif, de l’engagement et de la résilience». Tout au long de sa prise de parole, elle a fait le parallèle entre le monde sportif et le monde agricole, elle qui vient d’une famille d’agriculteurs dans le Valenciennois.

Au-delà des discours, le renouvellement des membres des quatorze bureaux des différents cantons du département a eu lieu. Celui de Péronne a même été reformé. Diverses actions menées par le syndicat ont aussi été rappelées : interventions scolaires, réussite de Plaine en Fête en août dernier, mobilisations syndicales et travail de fond sur les dossiers réglementaires. Dans une période d’incertitudes économiques et politiques, les JA de la Somme ont réaffirmé leur ligne de conduite : «ancrage territorial et défense du renouvellement des générations». Un cap que Quentin Porquier souhaite poursuivre, avec la volonté affichée de «parler d’une seule voix» pour assurer l’avenir de l’agriculture samarienne.

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