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Arboriculture
L’automne, saison d’effervescence à la Cidrerie du pays des coudriers

Éric Caron fait partie des producteurs de la SAS Somme-Produits locaux qui proposent des pa-niers de produits de chez nous pour les fêtes de fin d’année. En cette fin de mois d’octobre, il s’active dans sa cidrerie. C’est la période du pressage des pommes.

Éric Caron propose ces cidres et jus de pomme dans les paniers de produits locaux de fin d’année de la SAS Somme-Produits locaux.
© A. P.

Le travail de la terre, c’est toute l’enfance d’Éric Caron. Aujourd’hui, ces 3,5 ha de vergers hautes et basses tiges sont plus qu’un passe-temps. «C’est un boulot de dingue», rit-il. Le fils d’agriculteur, dont le frère a repris la petite ferme familiale, a planté son premier pommier il y trente ans et créait sa Cidrerie du pays des coudriers en juin 2009 par passion. Chaque année, à l’automne, c’est la même effervescence : récolte principalement à la main pour préserver les fruits, transport, lavage, râpage, pressage, mise en cuve, en bouteille…
Le double actif – professeur d’électrotechnique au lycée Delambre à Amiens jusque-là, tout juste retraité – a plus qu’une deuxième vie dans les vergers, mais est bien épaulé. «Mes fils sont tombés dans le tonneau lorsqu’ils étaient petits.» L’un travaille dans les betteraves, l’autre dans les pommes de terre. Ils ont ensemble une quarantaine d’hectares qu’ils mènent en bio et, chaque année vers la fin du mois d’octobre, ils s’arrangent pour s’affairer au pressage des pommes. «C’est une histoire de famille.»
Les vergers sont eux-aussi menés en bio. «Seul l'amendement organique est pratiqué ainsi que quelques pulvérisations de bouillie bordelaise et de soufre pour développer et stimuler les défenses de l'arbre. Et encore, cette année, nous avons su nous en passer.» La lutte contre les pucerons se fait au savon noir et grâce à la présence de coccinelles. Des ruches sont installées, car les abeilles sont de précieux alliés pendant la pollinisation. La tonte, elle, est réalisée par les moutons d’un éleveur voisin. «C’est du donnant-donnant.»

Multiplier les variétés

Quant aux variétés, elles ont été choisies pour leur qualité gustative, mais aussi leur robustesse. «Nous les avons multipliées pour répartir le risque. On mise aussi sur les variétés tardives pour limiter le risque de gel. Elles sont aussi plus adaptées au réchauffement climatique», explique-t-il. Ce printemps, les deux-tiers ont bien résisté aux gelées d’avril-mai. L’arboriculteur est aussi heureux de ramasser à nouveau des coings. «L’année dernière, les cognassiers ont trinqué. On a ramassé 40 kg de fruits au lieu de 1,5 t.»

Un bon cidre est fait de pommes douces, de pommes acidulées pour la fraîcheur, et d’un peu de pommes amères pour lui donner du corps

Pour un bon cidre, trois types de pommes sont nécessaires. «Il faut 50 % de pommes douces, 45 % de pommes acidulées pour lui donner de la fraîcheur, et 5 % de pommes amers pour lui donner du corps et l’aider à se conserver dans le temps». Ainsi, les douces Dous Moën, Douce Coët Ligné, Clos Renaux et autres Binet Rouge sont associées aux acidulées Petit jaune et Avrolles et aux amères Marie Ménard et Kermerrien. «Pour le jus de pomme, on préfère la Reinette Clochard, la Boscop, la Belle fille de Salins…»
Celles-ci sont chouchoutées jusqu’à la mise en bouteille. «Le pressoir pneumatique va lentement exercer une pression faible, pour laisser s'échapper tous les arômes.» Après une mesure de densité (richesse en sucre), le jus, appelé moût, est ensuite refroidi si la température ambiante est trop élevée de façon à éviter un départ trop rapide en fermentation. «Il nous faut atteindre 10°C. En ce moment, Ça sort plutôt à 16°C.»

Un cidre à effervescence naturelle

À ceux qui pensent que cette boisson vieille de quinze siècles serait passée de mode ? «Elle a peut-être une image un peu vieillotte, parce que c’est une boisson populaire que l’on buvait à la ferme depuis des générations. Mais elle a toujours ses adeptes. Il leur faut de la qualité pour les séduire !» À la Cidrerie du pays des coudriers on n’y déroge pas : le jus de pomme est pasteurisé sans aucun ajout, et le cidre est non pasteurisé à effervescence naturelle – «alors que la plupart des cidres sont désormais gazéifiés.» En doux ou brut, il émousse les papilles.

Le plaisir s’offre en circuits courts

Les paniers proposés vont de 14 à 50 €. Une composition au détail est aussi proposée.
© D. R.
Et si, cette année, le cadeau de fin d’année était un panier de produits de chez nous ? Les producteurs de la SAS Somme produit locaux ont élaboré une nouvelle offre de produits «variés et de qualité en direct des fermes», à destination des communes, des comités d’entreprises… Les cagettes «éco-responsables, sont préparées et livrées par les producteurs.» Deux formules sont proposées : des paniers clés en main, ou à composer au détail. Les paniers sont pour tous les goûts, de la cagette «douceurs goûté», composée de préparation pour sablés de Noël, de purée de pomme en morceaux bio, de confiture extra aux fraises et safran et de jus de pomme, à 14 € TTC, à la plus complète cagette «grande samarienne», qui contient des rillettes de poulet aux châtaignes, de la confiture extra aux fraises et safran, de l’huile de colza, du velouté de tomates, de la purée de pomme en morceaux bio, du cidre, du pain d'épices, de la préparation pancakes et du miel toutes fleurs, à 50 € TTC. Attention : commande avant le 15 novembre !
Informations : Céline Rivet, 06 86 57 05 88 ; c.rivet@somme.chambagri.fr
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