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Le bouillon potager, vitrine de permaculture au château de Bouillancourt

Depuis qu’il a été désigné parmi les cent sites en péril choisis par la Mission patrimoine de Stéphane Bern, le château de Bouillancourt-en-Séry fait le tour des médias. Mais son jardin, le bouillon potager, est moins connu. Il sera aussi à visiter lors des Journées du patrimoine ce week-end. Rencontre avec son maraîcher, Kévin Chadelaud. 

«Y’a pire comme cadre, non ?» Depuis février 2021, Kévin Chadelaud sème ses plantes dans le jardin du château de Bouillancourt-en-Séry. «Vincent et Fabienne de Lardemelle, propriétaires depuis deux ans, voulaient que le jardin soit à nouveau cultivé. J’ai saisi l’opportunité de m’installer dans mon village natal», confie le maraîcher. Ce potager, il le façonne à sa manière. Une curiosité à découvrir lors des Journées du patrimoine ces 17 et 18 septembre. 

Dans les 5 500 m2, chaque association de plantes est pensée pour qu’elles s’alimentent entre elles. L’espace y est optimisé en fonction du besoin en eau et en ensoleillement de chaque espèce. Kevin n’est pourtant pas agriculteur de métier. Après une activité d’animateur en village vacances, il s’est initié au maraîchage auprès de l’association des Jardins de la Bresle. «Ça ne m’a pas déplu, mais ce n’était pas non plus une passion. J’ai vraiment trouvé ma voie lorsque j’ai découvert la permaculture.» Il a notamment participé au développement de la ferme des Roches Noires à Trouville qui compte plus de cinquante variétés de légumes et de plantes aromatiques. 

Dans son jardin, il connaît la moindre fleur, la moindre racine. Le faire découvrir est son plaisir. Légumes et fruits en tout genre, mais aussi plante fromage au goût camembert, capucines poivrées en bouche, armoise cola qui donne l’impression de mâcher un coca cola… Le bouillon potager est une invitation à la dégustation inédite. Pour Kevin, la diversité fait sa richesse. «J’ai 19 variétés de tomates, une douzaine de cassis, 7 ou 8 de menthe, 4 de courgettes, 4 de blettes…», liste-t-il. 

Il a aussi à cœur de cultiver les variétés rares et locales. «Il y a six ans, j’ai démarré avec un oignon rocambole. Aujourd’hui, j’en ai des centaines», donne-t-il pour exemple. La variété est étonnante. Pour le récolter, on n’arrache pas son bulbe mais on cueille ses bulbilles aériennes. Produire en respectant la nature demande cependant de se creuser la tête. La technique du paillage, par exemple, a fait ses preuves. «Elle permet entre autres de maintenir l’humidité dans le sol. Cet été, pourtant chaud et sec, le jardin n’a jamais été aussi généreux. Et cela sans une goutte d’eau.» Mais cette couverture offre un refuge confortable aux rongeurs qui se régalent des légumes. «Je pensais que le sureau serait un répulsif, mais ça n’a pas vraiment fonctionné. Je vais essayer avec la menthe poivrée.» Son jardin est un lieu d’expérimentation.  

 

Former à la permaculture

Plus qu’un jardin productif – Kevin vend en direct sur place du mardi au vendredi matin et le samedi – le bouillon potager est une vitrine des techniques de la permaculture. C’est aussi une pépinière, dans laquelle il cultive les plants qu’il vend ensuite. Surtout, Kevin veut apprendre à qui le souhaite à reproduire un jardin de la sorte chez lui. «Cela peut-être chez les particuliers ou dans des entreprises.» Son premier chantier a été la création d’un herbarium au Saltimbanque à Eaucourt-sur-Somme, restaurant du chef populaire Sébastien Porquet. 

 

Portes ouvertes ce week-end

Les propriétaires du château veulent en faire un lieu tourné vers la culture  et le social.

Les Journées européennes du patrimoine sont souvent l’occasion de visiter des lieux d’habitude fermé au public. C’est le cas du château de Bouillancourt-en-Séry ces 17 et 18 septembre. Trois guides (Éric d’Herbais, Arthur Longeville et Simon de Lardemelle) emmènent dans un voyage à travers le temps. «De la forteresse médiévale du XIIIe siècle au tiers-lieu du XXIe siècle, en passant par la résidence seigneuriale du XVIIIe et le relais de chasse du XIXe, vous découvrirez un lieu d’exception témoin de l’histoire régional et signe de la réinvention permanente des châteaux au cours des huit derniers siècles. Les visites seront l’occasion de découvrir une dimension originale de notre patrimoine à la croisée de divers chemins historiques», écrivent les organisateurs. Entre le château et ses jardins, vous retrouverez une exposition présentant plusieurs artistes et artisans d’art ainsi qu’un espace game.

 

Le coup de pouce Mission patrimoine 

La somme perçue n’est pas encore connue. Mais faire partie des cent sites choisis pour bénéficier des recettes de la Mission patrimoine, lancée par Stéphane Bern, est un sacré coup de pouce pour les propriétaires du château de Bouillancourt-en-Séry. La vie de châtelain est loin d’être reposante. Inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques, le lieu est un château moderne, construit sur les ruines d’une forteresse du Moyen-Âge. Il aurait été bâti au début du XIIIe siècle et devait servir de bastion de défense de la vallée de la Bresle. Il a été en partie détruit au XVIIe siècle. Au XVIIIe siècle, un corps de logis a été édifié à l’appui des deux tours subsistantes. Une ferme, avec des écuries et un pigeonnier, est construite au XIXe siècle à l’emplacement de l’ancienne basse-cour. Cet édifice témoigne de la transformation d’un château défensif en château résidentiel à l’époque moderne. Mais aujourd’hui, des travaux d’ampleur sont nécessaires pour le sauvegarder. Charpentes, toitures et huisseries sont les postes les plus urgents à rénover. Des parties habitables ont cependant été déjà rénovées, et une chambre d’hôte a accueilli ses premiers clients.  Les Lardemelle espèrent en faire un lieu tourné vers la culture et le social, avec l’acceuil d’artistes en résidence et de jeunes en difficulté.  
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