Biodiversité
Le Département embellit ses ronds-points avec les fleurs des chasseurs
Les travaux de semis de mélanges de fleurs ont débuté fin de semaine dernière sur plusieurs ronds-points du réseau routier départemental avec le concours de la Fédération des chasseurs de la Somme.
Les travaux de semis de mélanges de fleurs ont débuté fin de semaine dernière sur plusieurs ronds-points du réseau routier départemental avec le concours de la Fédération des chasseurs de la Somme.
Dans la continuité de sa stratégie en faveur de la transition écologique, le Département de la Somme a franchi une nouvelle étape en ce début du mois de mai avec l’extension de son programme de fleurissement des ronds-points et dépendances routières. Lancée en 2025, l’opération prend désormais une ampleur territoriale inédite, tout en s’ouvrant pour la première fois aux abords du fleuve Somme. Au total, ce ne sont pas moins d’une trentaine de sites qui sont concernés, contre sept l’an dernier. L’initiative consiste à semer des graines de jachères fleuries pour embellir et enrichir les abords d’infrastructures routières.
D’infrastructures routières à espaces de biodiversité
L’objectif affiché est de transformer des espaces jusqu’ici strictement fonctionnels en véritables îlots écologiques. Giratoires, terre-pleins centraux, carrefours et aires de repos deviennent ainsi progressivement des zones favorables à la biodiversité. Au total, plus de 13 000 m² de domaine public départemental seront fleuris en 2026. Les semis, réalisés à partir de variétés locales fournies par la Fédération départementale des chasseurs de la Somme, sont mis en œuvre par les équipes des agences routières départementales. Directeur de la Fédération des chasseurs, Emmanuel Lavoisier rappelait le 6 mai dernier à Albert que «ce sont les mêmes espèces que celles que l’on retrouve dans les mélanges que l’on propose aux agriculteurs».
Parmi la liste de ces espèces, des mellifères, des légumineuses dont le trèfle «qui capte l’azote». Bien qu’il s’agisse d’un mélange annuel, le ressemis naturel permet de tenir «deux ans», assure M. Lavoisier. Préparés en amont avec une intervention de faux-semis, les espaces où les jachères fleuries prennent place ont commencé à être semés il y a quelques jours.
Ces aménagements poursuivent plusieurs objectifs complémentaires, à commencer par le renforcement des habitats pour la flore et les pollinisateurs. Ils permettent également de réduire les interventions mécaniques d’entretien, dans une logique de gestion différenciée, tout en sensibilisant les usagers à la qualité du cadre de vie.
Une extension inédite le long du fleuve Somme et de la Véloroute
Pour la première fois, le dispositif s’étend au-delà du réseau routier pour investir les abords du fleuve Somme. Ce sont 5 400 m² supplémentaires qui seront aménagés, en amont et en aval d’Amiens, ainsi qu’au cœur de l’agglomération.
Ces nouveaux espaces incluent notamment des bandes enherbées, des abords d’ouvrages hydrauliques et des secteurs situés le long de la Véloroute Vallée de Somme.
Gestion plus durable des espaces verts
À ceux qui y verraient une manœuvre du Département «pour faire l’économie de l’entretien», Christelle Hiver rétorque que la motivation est toute autre. Au-delà de la seule dimension esthétique, cette politique s’inscrit dans une stratégie globale de transition écologique. Elle s’appuie sur une gestion raisonnée des dépendances vertes et sur l’adaptation des pratiques aux enjeux climatiques.
À l’occasion du lancement de l’opération «ronds-ponts fleuris», le Département a présenté la révision de son plan de fauchage, mis en place en 2012. Fruit de trois années d’expérimentation, cette nouvelle organisation vise à harmoniser les pratiques sur l’ensemble du réseau routier départemental hors agglomération, les voies vertes ainsi que les aires de repos et de covoiturage. Elle consiste par exemple à mettre en place un fauchage différencié des bords de routes ; une méthode «qu’il faut encore expliquer à nos concitoyens pour qu’elle soit comprise», a défendu Mme Hiver. Et ce, en conciliant sécurité routière, préservation de la biodiversité et optimisation des ressources.
Une ambition partagée entre élus, agents et partenaires
Pour la présidente du Département, cette montée en puissance illustre une politique concrète et durable, comme elle l’a expliqué après avoir symboliquement semé une jachère à la volée : «Après une expérimentation réussie en 2025, le développement des ronds-points fleuris prend une nouvelle dimension avec un déploiement élargi sur l’ensemble du territoire et, pour la première fois, le long du fleuve Somme (…) En transformant des espaces routiers et des abords du fleuve en îlots de biodiversité, nous favorisons le retour des pollinisateurs et de nombreuses espèces locales, tout en améliorant durablement le cadre de vie des habitants.» En présence d’autres élus de sa majorité – Franck Beauvarlet, en charge des espaces naturels et de la transition écologique et Hubert de Jenlis, vice-président en charge des infrastructures, Christelle Hiver a «salué le travail des agents départementaux ainsi que l’engagement de la Fédération départementale des chasseurs, partenaires essentiels de cette démarche, qui s’inscrit dans le temps et continuera à se développer dans les années à venir.»
De son côté, le président des chasseurs de la Somme, Yves Butel, a insisté sur la dimension environnementale du partenariat : «La Fédération des chasseurs de la Somme est très fière d'accompagner le Département dans le développement des ronds-points fleuris. Cette action montre aussi l’engagement des chasseurs en faveur d’une gestion durable des milieux naturels. À travers ce partenariat, nous participons à la préservation des équilibres écologiques et au développement de la biodiversité ordinaire sur notre territoire. Dès que l’on peut rendre le département plus accueillant, on le fait !»
«Et cela, a-t-il encore déclaré, c’est de la vraie écologie. Ce n’est pas de l’écologie de salon…»