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Le désherbage ciblé, une innovation pour réduire les IFT herbicides

Appliquer uniquement l’herbicide sur les adventices ciblées, c’est la technique proposée par la Chambre d’agriculture de la Somme pour limiter l’impact environnemental et réduire les coûts.

Le désherbage ciblé est une technique qui permet d’appliquer du désherbant uniquement sur les adventices ciblées dans une culture. Par cette technique, on réduit l’utilisation d’herbicide, en évitant notamment un traitement en plein. Le désherbage ciblé a d’autant plus d’intérêt que certains produits sélectifs sont coûteux et que l’exploitation est engagée dans une démarche de réduction des IFT (Indicateur de fréquence de traitements phytosanitaires).
La lutte contre les chardons en est une parfaite illustration. Souvent appliquée en plein en céréales, betteraves ou pommes de terre, le désherbage ciblé s’avère alors être une solution pour diminuer ses charges, surtout dans le cas d’infestations très localisées. Après deux années d’expérimentation, la Chambre d’agriculture proposera en 2022 de tester en grandes parcelles différents modes de détection et de désherbage ciblé.

Une détection des adventices par drone
Pour détecter les adventices en plein champ, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. La tendance des constructeurs est de s’orienter vers une solution «tout-en-un» avec des capteurs embarqués sur tracteur pour détecter les adventices, et une transmission des informations en temps réel au pulvérisateur pour commander l’ouverture et la fermeture des buses. Cette solution est intéressante, car elle permet de réaliser la détection directement durant un travail au champ. Toutefois elle requiert des technologies avancées et puissantes, donc coûteuses (de l’ordre de 160 000 € d’investissement). Autre limite, cette technique ne permet pas d’obtenir au préalable une vision claire de la répartition des adventices et de la quantité de produit nécessaire pour réaliser le traitement. 
La Chambre d’agriculture de la Somme propose une solution plus abordable et polyvalente grâce à l’utilisation d’un drone équipé d’un capteur multispectral spécifique pour survoler la parcelle et créer une carte de préconisations «frappes ciblées». Les avantages de cette solution sont nombreux : le coût est davantage maîtrisé, la durée de l’acquisition sur la parcelle est réduite et la détection des adventices peut être dissociée du traitement (par exemple, les chardons peuvent être détectés lorsqu’ils sont les plus visibles et traités seulement après).

Comment ça se passe ?
Un vol de drone est effectué sur la parcelle à 40 m d’altitude avec un capteur multispectral composé de dix bandes spectrales et un module GPS RTK. L’excellente résolution du capteur (un pixel représente 0,80 cm) et la précision de la correction RTK (de l’ordre du centimètre) permettent de limiter les erreurs de positionnement et d’obtenir une carte très représentative de la parcelle. La détection des adventices parmi la culture reste délicate et nécessite l’utilisation d’algorithmes avancés. Plusieurs algorithmes de classification des images basés sur la couleur et la forme sont développés et comparés afin d’obtenir un taux de détection satisfaisant. Pour évaluer les résultats, des relevés d’adventices sont réalisés sur le terrain et sont comparés avec les cartes d’infestation obtenus par traitement d’images.
En parallèle, la Chambre d’Agriculture de la Somme a évalué différents services de détection d’adventices disponibles sur le marché. Aujourd’hui, sur les quatre services testés, deux seulement sont réellement opérationnels avec quelques interrogations toutefois sur l’acceptation de la carte de préconisations en entrée du pulvérisateur. Les fournisseurs de ces services ne semblent pas avoir suffisamment travaillé sur le sujet, la réussite de l’importation de la carte n’est pas toujours garantie. 

Une carte adaptée au pulvérisateur
La carte de préconisations peut être utilisée sur n’importe quel pulvérisateur équipé de GPS, coupure de tronçon et avec une console débloquée pour faire de la modulation (coût de l’option entre 500 € et 1 500 €). Il n’est donc pas nécessaire d’avoir un pulvérisateur de dernière génération pour faire du désherbage ciblé.
Toutefois, la bonne interprétation de la carte par la console du pulvérisateur dépend grandement des paramètres physiques du pulvérisateur (largeur des tronçons, vitesse d’avancement, vitesse d’ouverture et fermeture des buses…) ainsi que des capacités de la console (nombre de polygones interprétés…). Pour une meilleure application, la Chambre d’agriculture de la Somme élabore, à partir de la carte de présence des adventices, de cartes de préconisation réellement adaptées aux caractéristiques de votre pulvérisateur (cf. carte de préconisation).

Des coûts réduits de près de 50 %

Une prestation de détection d’adventices par drone coûte environ 15 €/ha. Si l’adventice est plus complexe à distinguer, le coût peut être supérieur (pour le datura par exemple). Sur les différents essais menés par la Chambre d’agriculture sur le chardon, le taux de surface traitée est en moyenne de 20 %. Avec le désherbage ciblé le passage d’herbicide revient en moyenne à 23 €/ha (15 € de détection + 8 € produit) au lieu de 40 E/ha de produit pour un passage en plein. L’économie de produit dépend donc de la largeur du tronçon et du taux d’infestation de la parcelle. Si la parcelle est moyennement infestée, l’économie de produit compense largement le prix de la création de la carte.
La Chambre d’agriculture proposera à partir du printemps prochain des prestations de détection d’adventices par drone. N’hésitez pas à nous contacter pour tout renseignement.

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