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Le désherbage mécanique n’est pas fait pour travailler le sol

A Clairoix, dans l’Oise, Bio en Hauts-de-France a organisé en partenariat avec Agora et l’ARC une démonstration de désherbage mécanique, lequel permet de lutter contre les adventices mais aussi de réduire les produits phytosanitaires.

Plus d’une vingtaine d’agriculteurs ont assisté à la démonstration de désherbage mécanique.
Plus d’une vingtaine d’agriculteurs ont assisté à la démonstration de désherbage mécanique.
© D. L.-C.

Le 24 avril, Bio en Hauts-de-France a réalisé une démonstration sur une parcelle d’orge de printemps de l’exploitation d’Hervé Ancellin. Le principe du désherbage mécanique est le même que la lutte chimique, «détruire les adventices levées pour éviter la concurrence avec la culture et prévenir la production de semences d’adventices», affirme Raphaël Delva, conseiller polyculture élevage à Bio en Hauts-de-France. «Cependant, les conditions de passage sont différentes du désherbage chimique. Le sol ne doit être ni gelé, ni trop humide en surface, lors du passage de l’outil, et les pluies doivent de préférence être nulles ou très faibles les quatre jours suivants. En respectant ces conditions, on limite le risque de repiquage d’adventices et on optimise la pénétration des outils dans le sol. Plus vous agissez tôt, meilleur sera le résultat. Le désherbage mécanique n’est pas fait pour travailler le sol, mais cela est uniquement dédié au désherbage.» ajoute-t-il.
La gestion de la flore adventice est une préoccupation majeure de tous les systèmes de production, en agriculture biologique comme en agriculture conventionnelle. De plus, la présence des herbicides dans les eaux de surface et souterraines est préoccupante, ce qui implique de vouloir réduire l’utilisation de ce type de produit pour atteindre les objectifs de la directive cadre sur l’eau et de répondre aux attentes de la société civile.
«On a une problématique dans les deux bassins d’alimentation de captage d’eau potable de l’agglomération de Compiègne. On retrouve des produits phytosanitaires qui datent de 2003. Si on utilise ce type de désherbage mécanique, on évite de retrouver d’autres produits phytosanitaires dans l’eau. Mais aussi, si on traite de plus en plus l’eau, cela va donner lieu à une augmentation du coût de l’eau potable pour les ménages», explique Vincent Perrin, animateur protection captage de l’eau dans l’agglomération de Compiègne.
Les pratiques de désherbage mécanique, positionnées dans une stratégie globale de gestion de la flore adventice basée sur l’agronomie, constituent des pistes claires pour réduire l’usage des herbicides. Que ce soit en agriculture biologique ou en agriculture conventionnelle économe en intrants, acquérir des connaissances et communiquer sur l’efficacité des pratiques mécaniques et des outils apparaît indispensable. «Nous avons voulu faire la démonstration chez un agriculteur conventionnel. Le but du jeu, c’est de diffuser les techniques du bio et de faire des ponts. Les agriculteurs conventionnels commencent à s’intéresser à cette alternative au désherbage chimique», souligne Delphine Beun, chargée de projet Eau et territoire chez Bio en Hauts-de-France.

Des outils complémentaires
Le recours au désherbage mécanique intervient en dernier lieu, après avoir mis en place des méthodes préventives : rotations longues et diversifiées, gestion raisonnée de la fertilisation, travail du sol adapté.
Différents outils de désherbage mécanique existent. Si les modèles peuvent varier selon les constructeurs, trois types d’outils sont principalement utilisés en grandes cultures biologiques, dont l’utilisation est à adapter en fonction du sol, des cultures et de leur stade.
Le premier est la herse étrille qui permet d’arracher les adventices grâce à l’impact et les vibrations de l’outil. La herse permet de désherber en plein sur les adventices jeunes (du stade filament blanc jusqu’au stade 3-4 feuilles), et ce pour presque toutes les cultures.
Le deuxième outil est la houe rotative. Cette dernière déchausse les jeunes adventices. Il est possible de travailler avec cet outil jusqu’à une vitesse de 18 km/h. Il est également possible de l’utiliser sur tous les types de culture. Elle n’est efficace que sur des adventices très jeunes (fil blanc à 1re feuilles). Cet outil permet également d’écroûter les sols en cas de battance.
Le troisième est la bineuse, qui déchausse et recouvre les adventices sur les premiers centimètres de sol, uniquement entre les rangs de la culture. Il est possible d’utiliser cet outil, la plupart du temps équipé d’un système de guidage, sur des plantes sarclées et des céréales, à condition d’avoir prévu un inter-rang assez large. En plus de leur fonction de désherbage, ces trois outils permettent d’aérer le sol et de faciliter la minéralisation.

Bio en Hauts-de-France (BHDF), une nouvelle structure

Née de la fusion de l’ABP et du GABNOR, BHDF est l’organisation régionale des agriculteurs biologiques ouverte aux acteurs économiques et partenaires. Elle fédère ainsi les agriculteurs, les coopératives, les transformateurs, les distributeurs, les établissements scolaires agricole, les associations… Il existe quatre sites dans la région : Amiens, Compiègne, Phalempin et Maroilles.

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