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Le financement participatif pour valoriser l’élevage responsable

Fin 2020, Numa et Louise Rocque, installés à Saint-Valéry (60), ont saisi l’opportunité de l’opération «Je sais j’agis» de leur laiterie, Danone, pour réaliser des investissements qui améliorent le bilan carbone de leur élevage. Un financement participatif était la condition. 

«Aidez-nous à améliorer les conditions de vie et de logement de nos animaux, tout en diminuant notre impact carbone.» Telle était l’accroche du projet de Numa et Louise Rocque, éleveurs laitiers à Saint-Valéry (60), près d’Aumale, sur Miimosa, une plateforme de financement participatif des projets agricoles et alimentaires. «Nous avons saisi l’aide financière que proposait notre laiterie, Danone, pour réaliser des investissements. Il s’agissait du projet “Je sais j’agis“ : il fallait réaliser un diagnostic pour mesurer notre empreinte carbone, et définir des actions qui permettraient de la réduire», explique l’éleveur. Une des conditions pour accéder à l’aide était d’ouvrir le projet au financement participatif pour communiquer sur l’action. «C’était plus le moyen de redorer l’image de l’élevage, en parlant de techniques responsables, que d’obtenir un budget.»

L’impact environnemental fait partie des préoccupations du couple depuis qu’ils ont repris cette exploitation, en 2005. «Au départ, il s’agissait de 48 ha et de 25 vaches laitières normandes, qu’il fallait traire au pot», se souvient-il. Une race qui passionne Numa, pour sa rusticité, donc des charges peu élevées, et sa qualité de lait irréprochable. Aujourd’hui, le Gaec de Saint-Valery dispose de 65 VL qui produisent 400 000 l de lait par an, et de 79 ha, dont
48 ha de pâtures. 

Celles-ci sont conduites en pâturage tournant, au fil. «Les prairies sont organisées en carrés de 1 à 1,5 ha. Chacun est coupé avec un fil, et ce fil est décalé matin et soir. Le troupeau reste trois ou quatre jours dans un même carré avant d’en changer.» Avec 50 ares par jour, le troupeau valorise parfaitement l’herbe. Dans les 31 ha restants, blé, escourgeon, maïs fourrage et betteraves fourragères sont cultivés. 11 ha d’ensilage d’herbe et environ 9 ha de foin, dont la plupart en deux coupes, sont réalisés chaque année pour la ration d’hiver. L’autonomie alimentaire est presque atteinte : seuls des tourteaux de colza sont achetés pour apporter les protéines nécessaires à la ration. 

Les vêlages sont groupés, de mi-février à juin, avec un pic de naissances en mai et juin. «L’été, nous pouvons traire jusqu’à 75 vaches. C’est beaucoup de travail, car nous avons aussi tous les veaux à faire boire», confient les agriculteurs. Le jeu en vaut la chandelle, car la prime lait d’été que leur laiterie leur verse est à la hauteur d’un treizième mois. «Février, en revanche, est le mois où nous produisons le moins, et le revenu est donc plus petit.»

 

Objectif - 30 t de carbone par an

Malgré ce système très herbager, le diagnostic Cap’2ER réalisé a permis de pointer les lacunes.  Il serait possible de réduire l’empreinte carbone de 30 t par an, et par la même occasion, d’améliorer le revenu. Pour y parvenir, les leviers ont été définis. Première action : augmenter le temps annuel de pâturage, en sortant les vaches plus tôt au printemps, et plus tard l’automne. «Pour cela, il fallait stabiliser l’accès aux pâtures. Jusqu’ici, le chemin était boueux dès qu’il pleuvait et ça occasionnait des boiteries.» 6 500 € étaient nécessaires pour cela. 

Deux autres actions permettaient de diminuer l’âge au premier vêlage, et donc de réduire le nombre d’animaux présents sur l’exploitation. Tout d’abord, l’achat de cases individuelles avec courette extérieure pour les veaux, eau à volonté et distribution de céréales, pour une meilleure croissance. Jusqu’ici, ces derniers étaient logés dans des cases fabriquées avec des palettes. «Du bricolage», avoue Numa Rocque. Un budget de 5 500 € était prévu. Le plus gros investissement (40 000 €), était celui d’un nouveau bâtiment pour les élèves. «Là encore, ce confort leur permet une meilleure croissance et nous pourrons ainsi avancer l’âge au vêlage.» Aujourd’hui, les génisses ont leur premier veau vers trente-six mois, et l’éleveur espère atteindre une moyenne de trente-trois mois. «Certaines pourraient même vêler à trente mois.» 

Budget total : 52 000 €, dont 10 000 € d’aides de Danone, et un objectif de 2 000 € de financement participatif. Celui-ci a été amplement dépassé, puisque 12 195 € ont été récoltés. «La plupart des donneurs sont la famille, des amis, des amis d’amis, et des clients de la ferme, qui nous achètent nos œufs et la viande issue de notre atelier de bœufs.» Le reste a été financé grâce à un empreint bancaire. 

 

Rendez-vous dans trois ans

Les travaux ont été réalisés en novembre dernier et, dès cette campagne, les éleveurs vont pouvoir estimer leur efficacité. «Nous espérons que les conditions météo seront favorables à la pousse de l’herbe et à la mise au pré tôt en saison.» Ils disposent de trois ans pour atteindre leur objectif de réduction de carbone. Le défi n’est pas encore gagné, mais tout est mis en œuvre pour y parvenir.

 

Si le froid persiste, gare aux barrières de dégel

«Suite aux conditions météorologiques difficiles, et aux fortes variations de températures qui en découlent, des barrières de dégel sont susceptibles d’être posées sur les routes départementales de la Somme à partir du lundi 15 février 2021», indiquait le Conseil départemental de la Somme, en milieu de semaine. Qu’est-ce qu’une barrière de dégel ? C’est cette réglementation de la circulation routière des véhicules lourds qui est mise en œuvre en période de dégel sous la forme d’une limitation provisoire de tonnage. Elles ont pour objet d’éviter la désagrégation d’une chaussée dont la structure est rendue, lors du dégel, particulièrement vulnérable. Temporaire, si elle est appliquée, «elle a pour objectif de sauvegarder les structures des chaussées et d’éviter d’importants travaux de remise en état dont la durée risquerait d’être supérieure à celle de la pose des barrières de dégel», poursuit le Département. Transporteurs, industriels, entreprises et agriculteurs sont concernés par cette mesure et sont invités à prendre les dispositions nécessaires au maintien de leurs activités, afin de tenir compte de la gêne provoquée par ces éventuelles restrictions de circulation. Concernant l’information des usagers, toutes les données utiles figurent sur le site internet du Conseil départemental de la Somme (http://www.info-route80.fr) afin de s’informer en temps réel de tout événement routier sur le réseau. La mise en ligne de l’arrêté de barrières de dégel et de la carte correspondante pour l’hiver 2020-2021, sera donc effective à compter de la prise d’un arrêté de pose de barrières de dégel.
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