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Le GIEE «synergies culture-élevage» de l’Oise

Il est l’un des premiers groupements d’intérêt écologique à s’être constitué dans les Hauts-de-France et le premier dans l’Oise. Retour d’expérience.

Lors d’une journée «reconceptions de systèmes» au sein d’une exploitation conventionnelle en polyculture-élevage, les agriculteurs analysent et recherchent des solutions d’innovation afin de valoriser l’exploitation.
Lors d’une journée «reconceptions de systèmes» au sein d’une exploitation conventionnelle en polyculture-élevage, les agriculteurs analysent et recherchent des solutions d’innovation afin de valoriser l’exploitation.
© D. A.


Basé dans le territoire de la Picardie Verte et du Pays de Bray, ce collectif est constitué de vingt exploitations divisées en deux sous-groupes. Le premier travaille uniquement sur les synergies culture et élevage au sein d’une même exploitation conventionnelle en polyculture-élevage. Le second, constitué autour de l’agriculture biologique, s’est spécialisé en élevage ou en culture. «Notre idée de départ était de se dire que l’on a des exploitations agricoles qui se spécialisent soit dans la culture, soit dans l’élevage, en essayant d’intensifier un maximum les deux ateliers, mais de façon très indépendante. On sait que l’idéal agronomique est la polyculture-élevage. Du coup, l’objectif est de trouver l’optimum technique qui fait que l’on arrive à maximiser l’atelier culture et l’atelier élevage, en tentant de trouver un juste équilibre entre les deux afin de dégager des marges économiques, mais aussi environnementales. C’est là que l’agro-écologie intervient !», souligne Vincent Yver, agriculteur et animateur du GIEE «synergies culture-élevage».
Dès lors, le collectif a constitué un petit groupe d’agriculteurs «test», prêts à faire des expériences dans leurs exploitations pour obtenir des premières références, par exemple, dans une exploitation conventionnelle en polyculture-élevage. Il s’agit de remettre des prairies temporaires dans les rotations cultures. Au lieu du faire du maïs, du blé et du colza tous les trois ans, l’agriculteur réalise des rotations plus longues sur cinq à sept ans avec l’intégration des surfaces en herbe dans ces rotations culture. Ces dernières sont valorisées par le troupeau via ces herbes et permettent à la rotation de gagner en produits phytosanitaires. De plus, l’agriculture gagne en matière d’azote et d’engrais, puisque ces derniers sont générés naturellement. Une autre façon de faire, puisque l’agriculteur doit se mettre à l’esprit que ce n’est plus un travail à l’année, mais sur du moyen ou long terme.

Reconceptions de systèmes
Le GIEE de l’Oise «synergies culture-élevage» incite les agriculteurs à se regrouper en collectifs, afin de porter un projet pluriannuel de modification ou de consolidation de leurs pratiques agro-écologiques. Le faire collectivement permet à chacun d’éviter d’avoir, tout seul, à assumer des normes, des contraintes, et de faire de l’enjeu environnemental un élément de dynamique collective.
La particularité de ce collectif est d’avoir réalisé un travail sur des ateliers, appelés «reconceptions de systèmes». Le groupe fait un travail de veille en étudiant les différentes technique qui leurs semblent pertinentes. Suite à ce travail de veille, des ateliers dits de «conception» sont mis en place dans les exploitations des différents membres du groupe. Accompagnés par l’organisme de recherche Agro-Transfert, l’originalité de ces ateliers réside dans la méthode de travail. En effet, ce sont les agriculteurs eux-mêmes qui sont considérés comme «des experts» et qui, durant toute une journée, répondent et proposent des scénarios d’évolution à l’agriculteur qui les accueille, en fonction d’une cible définie.
Cette méthode met réellement au centre le groupe et ses savoirs. Les règles sont simples : la participation active de chacun, pas de jugement et surtout aucune limite. «On essaye de trouver la meilleure solution possible au niveau agro-économique et environnemental. Que ce soit de manière radicale ou non, on trouve des solutions parce que l’on essaye d’éviter de se mettre des frontières par rapport à des innovations techniques. On teste également de nouvelles méthodes pour amener ces innovations afin de créer des changements dans les exploitations. En termes de productivité, si on sera un peu moins productifs, on fera mieux, en revanche, en matière de rentabilité», dit Vincent Yver. Une belle feuille de route.

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