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Semences
Le Gnis met en avant la diversité des espèces cultivées

L’interprofession des semences (Gnis) a choisi cette année la région Nord pour organiser son rendez-vous sur la biodiversité cultivée.

Bruno Desprez, président de Florimond-Desprez : «nous adaptons les variétés à la production agricole selon les progrès de l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique».
Bruno Desprez, président de Florimond-Desprez : «nous adaptons les variétés à la production agricole selon les progrès de l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique».
© AAP

Ce 13 juin, la diversité était à l’ordre du jour de la journée organisée par le Gnis (interprofession des semences et plants) sous l’égide de son délégué régional Benoît Laffineur, dans les installations de Florimond-Desprez à Capelle-en-Pévèle. Diversité aussi chez les participants. En effet, étaient présents des représentants de bien des horizons non spécifiquement agricoles : mairies, communautés de communes, associations de protection de la nature, banque, assurances, unités de recherche dans différents domaines de la santé.
Chacun a pu découvrir la diversité des espèces cultivées en parcourant des ateliers en plein champ (voir ci-dessous). A cette occasion, Bruno Desprez, président de Florimond-Desprez Veuve et Fils, le docteur Jean-Michel Lecerf, responsable du service nutrition à l’institut Pasteur de Lille et Daniel Thomas, vice-président du pôle de compétitivité Industries et Agro-ressources, ont débattu sur le thème : «Que peut-on attendre des nouvelles variétés de semences ?» Thème décliné dans les domaines de l’environnement, de l’économie et de la santé. Chacun des intervenants a souligné le lien devenu incontournable entre l’agriculture, les fournisseurs de l’agriculture et les demandes et attentes de la société.
Pour Bruno Desprez, il s’agit d’être informé des progrès de l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique pour adapter la semence à la production agricole destinée aux nouveaux produits. Pour le docteur Lecerf, la variété alimentaire est bénéfique. En effet, elle permet d’éviter la monotonie et donc certaines carences ou certains déficits. 90 % de notre alimentation repose sur une centaine de plantes dont trois d’entre elles représentent 70 %. «Attention au cliché car jadis l’alimentation était pauvre, peu abondante et peu sûre», rappelle le docteur Lecerf.
Sur la problématique des variétés anciennes et des nouvelles, Bruno Desprez a indiqué qu’avec les nouvelles variétés, il y a de la créativité mais elles n’empêchent pas d’utiliser les variétés anciennes. «N’importe qui peut créer une nouvelle variété. L’utilisateur n’est pas obligé de se limiter en nombre de variétés. Ce n’est parce qu’une variété est ancienne qu’elle est bonne et qu’une variété est nouvelle qu’elle est mauvaise», a-t-il conclu.


Cinq ateliers en plein champ

BLE : Sans pouvoir les distinguer à l’œil nu, les agriculteurs cultivent sans le savoir, plusieurs centaines de variétés de blé différentes. Une diversité qui permet de satisfaire de multiples débouchés en alimentation humaine comme animale. Ce qui les distingue c’est le goût, la texture et leurs qualités nutritionnelles. Chaque variété possède des critères particuliers recherchés par l’industrie agroalimentaire et les consommateurs. La création variétale permet de s’adapter à ces différents usages tout en améliorant de nouveaux critères comme la résistance à la sécheresse, la tolérance à certaines maladies ou la consommation d’intrants.

POMMES DE TERRE : 3000 variétés existent dans le monde et 1500 sont inscrites au catalogue européen. Grâce à sa diversité, la pomme de terre peut-être consommée en frais ou transformée. On en extrait la fécule aux usages multiples. La sélection permet d’obtenir des tubercules allongés pour fabriquer les frites ou rondes pour les chips. Elle rend service aux agriculteurs sur les critères de rendement, d’homogénéité des calibres, de précocité et de résistance aux maladies. Grâce à l’Inra qui sait conserver les anciennes variétés, la recherche a réussi à créer de nouvelles variétés plus résistantes aux maladies comme le mildiou.

CHICOREE : Les utilisations de la chicorée se sont multipliées au fil des années. Sa racine est valorisée par les animaux d’élevage. L’inuline qu’elle contient favorise le transit intestinal des chiens et des chats. Dans l’alimentation humaine, la farine de chicorée est utilisée pour les biscuits, les viennoiseries et les pains parfumés. Elle améliore la flore intestinale et favorise l’assimilation du calcium et du fer. Elle apporte un goût noisette aux boissons chocolatées. Son nombre de gènes très élevé rend la variabilité de la chicorée très importante. Les sélectionneurs constituent des collections pour préserver, caractériser et enrichir ce patrimoine génétique unique.

PLANTES FOURRAGERES : Aujourd’hui, la sélection permet de choisir la variété fourragère qui va le mieux répondre à un certain nombre d’exigences telles que la facilité d’exploitation, le rendement, la qualité alimentaire, la capacité d’adaptation au sol et au climat voire au type d’animal. Le sélectionneur travaille également sur les associations qui se compléteront aussi bien sur le plan nutritionnel que sur le plan agronomique.

CULTURES COUVRE-SOL : Plus de trente espèces peuvent être utilisées pour couvrir le sol après les récoltes et avant les semis. En mélange, elles cumulent les atouts tels que le captage de l’azote et sa libération pour la culture suivante, l’aération du sol par les racines, l’action d’étouffement sur les mauvaises herbes, le frein à l’écoulement des eaux et le ralentissement de l’érosion. De plus, certaines d’entre elles servent de refuges aux pollinisateurs et attirent les insectes. Enfin, elles donnent au gibier un couvert pour se cacher, se nourrir et se reproduire. Patrick Desmedt

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