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Le grand écran rouvre ses portes… aussi à la campagne

Parmi les plaisirs retrouvés ce 19 mai, nouvelle étape du déconfinement, figure celui de se délecter devant un film sur grand écran. Le cinéma le Trianon, à Poix-de-Picardie, a fait le choix de rouvrir malgré les contraintes. 

Acheter son ticket au look vintage, répondre au sourire accueillant du bénévole à l’entrée de la salle, se blottir au fond du profond siège rouge… Grignoter du pop-corn ne sera pas encore autorisé mais qu’importe, les spectateurs sont assurés de retrouver les émotions du grand écran. Le Trianon, à Poix-de-Picardie, est l’un des cinémas indépendants de campagne qui a fait le choix de rouvrir dès le
19 mai, malgré les contraintes.

«Depuis le premier confinement, nous avons rouvert à chaque fois que c’était possible, parce qu’on estime avoir une mission de service public. Nous le devons aux habitants du coin», assure Bruno de Brackeleire, un des membres de l’association Espace Trianon qui gère la structure. Les règles qu’imposent le gouvernement les premières semaines sont strictes : une jauge à 35 % de spectateurs, soit 70 places par séance dans la salle de 207 sièges, deux sièges entre chaque personne, pas de vente de confiserie, et pas de séance trop tardive puisqu’un couvre-feu à 21h est maintenu jusqu’au 9 juin. 

Le modèle économique n’est cependant pas en péril, car le cinéma indépendant tourne grâce aux trente-six bénévoles investis, de vingt à quatre-vingt-cinq ans. Ceux-ci sont organisés en huit équipes de quatre pour assurer les permanences quotidiennes, à hauteur de huit séances par semaine : accueil du public, vente des confiseries, mise en place, animation, ménage, programmation, trésorerie… La polyvalence s’impose. Parmi ces bénévoles, quelques cinéphiles, des adeptes de culture en général, mais surtout des gens qui aiment l’ambiance conviviale de l’association, à l’image du président, Hugues Robitaille. «Je suis avant tout un passionné de collectif, confie l’ex-président des Jeunes agriculteurs de la Somme. Ici, un agriculteur comme moi côtoie un proviseur de lycée, et un étudiant travaille main dans la main avec un retraité.» 

 

Une séance coûte que coûte

Le mot d’ordre : «On n’a pas le droit d’annuler une séance. S’il n’y a qu’un spectateur, et qu’il ne souhaite pas revenir le lendemain pour une autre séance, nous appuyons sur le bouton et lançons le film», assure Hugues Robitaille. Les séances à une seule personne sont cependant rares. «Hors Covid, nous avions atteint une moyenne d’une cinquantaine de personnes. Nous faisons même parfois salle comble !» Un pic de fréquentation avait été atteint en 2019, avec 32 000 entrées, dont 4 000 entrées écoles. 8 803 entrées exactement ont été enregistrées l’année dernière, faute de fermeture obligatoire, et cette année a toujours le compteur à zéro. 

L’équipe du Trianon compte bien rattraper cela. «Notre crainte est de ne pas voir revenir les gens, qui ont pris des habitudes casanières depuis un an», souffle Bruno de Brackeleire. «Mais ici, tout le monde nous connaît. Lorsqu’ils nous croisent au marché du dimanche matin, les habitants nous disent qu’ils ont hâte de nous voir rouvrir», se rassure Hugues Robitaille. Le Trianon a sa stratégie : «nous ciblons les enfants dans un premier temps, avec des dessins animés et des films familiaux à l’affiche.» Les comédies et les films du terroir plaisent toujours à Poix-de-Picardie. 1917, L’appel de la forêt, La vache, Les quatre-cents coups ou encore Les blagues de Toto ont rencontré un vrai succès. Les meilleurs clients ? «Deux agriculteurs», rit le président. 

 

Défenseur de l’espace rural

Le Trianon se veut aussi un «défenseur de l’espace rural». «Nous passons régulièrement des films prise de conscience comme Au nom de la terre. C’est une démarche pédagogique qui fait souvent mouche.» L’équipe n’a cependant pas le total contrôle des films à l’affiche, puisque la programmation est gérée par le GPCI (Groupement de programmation des cinémas indépendants). On devrait rapidement découvrir ce qu’ils concoctent pour la réouverture.

 

 

Une histoire liée à la religion chrétienne

Les Derniers Jours de Pompéi a été le premier film diffusé au Trianon, le 23 octobre 1960.

L’histoire du lieu commence en 1947, avec la création de l’association Œuvres paroissiales de Poix de la Somme pour le développement de la culture et des loisirs sur le territoire de l’Evêché et de Poix-de-Picardie. En 1956, l’association lance un appel aux dons aux commerçants et aux habitants du canton pour aider à la création d’une salle de cinéma. La construction débute en 1958. Les Derniers Jours de Pompéi est le premier film diffusé, le 23 octobre 1960. Cinquante ans plus tard, en 2011, le conseil communautaire de la Communauté de communes du Sud Ouest amiénois (aujourd’hui CC2SO) prend la décision de rénover l’endroit. «L’archevêché, propriétaire des lieux,  a défini un bail à long terme en faveur de la CCSOA qui laisse la gestion du cinéma à l’association des œuvres paroissiales. Nous l’avons renommée Association Espace Trianon dans un souci de laïcité», précise Hugues Robitaille. Le cinéma Trianon ferme ses portes en février 2012. 1 275 000 € seront mobilisés pour la rénovation complète de la salle, l’installation d’une chaîne sonore numérique, le changement des fauteuils et la mise aux normes des circuits électriques. «Le projecteur mécanique à bobines datant de 1984 est remplacé par un projecteur numérique équipé du système 3D. L’isolation, le chauffage et le système de ventilation sont refaits. Un accès et des places de cinéma réservés aux personnes à mobilité réduite sont créés», explique l’association. Le 13 décembre 2014, c’est Noël en avance pour les amoureux du cinéma : le Trianon rouvre ses portes !

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