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Le gros appétit de la sucrerie de Sainte-Émilie

Le groupe coopératif Cristal Union cherche 7 000 hectares de betteraves dans le but de «saturer» trois de ses usines, dont celle de Sainte-Émilie (80) qui est en capacité d’en transformer 2 000 hectares de plus à elle seule. 

«Derrière les vieilles briques picardes, il y a de la haute technologie», se réjouissait Jérôme Fourdinier, président de la section Sainte-Émilie de la coopérative Cristal Union, à l’occasion d’une visite de la sucrerie installée à l’est de la Somme, fin de semaine dernière. Que ce soit en termes de performance, de modernité et de durabilité, elle est «l’usine-phare» du groupe. L’autre sujet sur lequel s’est attardé l’agriculteur installé à Montigny-sur-l’Hallue est la capacité de l’usine picarde à transformer des volumes de betteraves supplémentaires dès la prochaine campagne. En 2021, la sucrerie  de Sainte-Émilie devrait recevoir environ 1,7 million de tonnes de betteraves au cours d’une campagne dont la durée devrait être de cent-cinq jours. Pour Thierry Cousson, son directeur, «ce n’est pas très long. Nous pouvons faire mieux…» Mieux, c’est autrement dit allonger la durée de la campagne pour atteindre «cent-vingt à cent-trente jours». En ce qui concerne la campagne 2021, elle a démarré sous de bons auspices, à en croire Jérôme Fourdinier : «La campagne 2021 s’annonce plutôt bonne après deux campagnes décevantes», avec un rendement de 14 tonnes de sucre par hectare. 

 

Recherche hectares supplémentaires

L’approvisionnement de l’usine de Sainte-Émilie repose actuellement sur un réseau de 1 200 planteurs-coopérateurs, dont 70 % sont installés dans la Somme. Les 30 % restants sont répartis entre le Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne. Le rayonnement moyen d’approvisionnement est de 22 km pour la sucrerie picarde quand il est de 30 km pour les autres usines du groupe. «On peut tout à fait élargir la zone d’approvisionnement sans nuire à la rentabilité du groupe», indique ainsi Jérôme Fourdinier. Gagner des surfaces ne serait pas une première pour la sucrerie de Sainte-Émilie qui a déjà vu ses approvisionnements grimper de 2 000 ha depuis 2019, et le nombre de planteurs augmenter également. Si l’entreprise a pu «profiter» de la fermeture de la sucrerie d’Eppeville (Groupe Saint Louis Sucre), Cristal Union explique avoir également «réfléchi» à la manière d’attirer de nouveaux planteurs. «Si l’on veut des surfaces supplémentaires, il faut que les planteurs s’y retrouvent», avance Xavier Astolfi, directeur général adjoint du groupe. Ce plan de développement comporte deux phases : permettre aux 1 200 associés-coopérateurs rattachés à l’usine de Sainte-Émilie d’augmenter leurs surfaces et, d’autre part, accueillir de nouveaux producteurs, «y compris des agriculteurs qui n’ont jamais fait de betteraves», détaille M. Astolfi. «Nous ne sommes pas en guerre contre les autres sucriers, mais nous cherchons à être les plus attractifs», souligne pour sa part Jérôme Fourdinier. Et de rappeler que «la relation avec les planteurs est au cœur de notre fonctionnement». 

 

27 /t en 2021 

En parallèle à la relation coopérateur-entreprise qu’il promeut, le groupe Cristal Union mise aussi sur la rémunération de la betterave pour séduire : «Lors de la dernière assemblée générale, nous avions annoncé un objectif de 27 /t, rappelle Jérôme Fourdinier. Et l’on peut dire aujourd’hui que cet objectif sera tenu.» Pour mémoire, le prix payé par Cristal Union était de 25,5 €/t en 2020. Un autre chiffre, qui a déjà beaucoup parler de lui, c’est celui de 30 €/t. Pour Cristal Union et ses dirigeants, ce prix reste atteignable «à moyen terme», estime Xavier Astolfi. À moyen terme, cela pourrait être synonyme de trois ans. «Quand on annonce de tels objectifs, on est forcément attendus au tournant, ajoute le DGA de Cristal Union. Nous attendons que le cadre réglementaire soit stabilisé pour être plus précis, mais nous sommes confiants et nous nous battons pour y arriver.». 

 

CRV des usines Saint Louis Sucre, c’est reparti pour un tour

Les planteurs de betteraves ayant contracté un contrat de betteraves pour l’approvisionnement des usines Saint-Louis Sucre d’Étrépagny (27) et de Roye (80) pour la campagne 2021-2022 sont appelés à élire leurs représentants au sein de la commission de répartition de la valeur. Cette élection survient après les élections des représentants dans les commissions interprofessionnelles (CI) de sucrerie qui s’étaient déroulées en juillet dernier. La Commission de répartition de la valeur (CRV) est «l’organe au sein duquel le prix de la betterave et les modalités du contrat sont discutés pour répartir au mieux la valeur de la production sucrière», rappelle la Confédération générale des betteraviers de la Somme (CGB 80). Le syndicat betteravier y présente à nouveau des candidats, avec le soutien de la FNSEA et des JA. Les cinq départements sur lesquels s’étendent les zones d’approvisionnement des usines françaises de Saint Louis Sucre sont représentés : Alexandre Quillet (Eure, SLS Étrépagny) ; Renaud Fatras (Eure, SLS Étrépagny) ; Paul Lannoy (Eure, SLS Étrépagny) Guillaume Moizard (Somme, SLS Roye) ; Cyrille Dupuy (Somme, SLS Roye) ; Denis Fumery (Val d’Oise, SLS Étrépagny) ; Jean-Pierre Josselin (Oise, SLS Roye) et Hubert Compère (Aisne, SLS Roye). Pour certains d’entre eux, l’engagement au sein de la CRV est «le prolongement» de leur engagement dans les commissions interprofessionnelles des deux sucreries SLS. Dans leur profession de foi, ces candidats assurent «accorder une grande importance à cette mission car elle peut conditionner durablement notre avenir betteravier», et défendent l’idée selon laquelle «un partage juste et équitable de la valeur ajoutée» est possible. Les candidats de la liste CGB s’appuient sur leur «bon sens d’agriculteur» comme sur «l’expertise des dossiers betteraviers nationaux, européens et internationaux que la CGB apporte». Ils rappellent ensuite un certain nombre «d’avancées», citant par exemple «la prise en compte pour le contrat 2021 de la référence à l’Observatoire des prix européens pour le calcul du prix de base de la betterave et pour le contrat 202, un prix minimum garanti sur la totalité du tonnage contracté». Conscients que la partie n’est pas gagné d’avance, ils estiment encore que «d’autres dossiers sont à faire progresser, comme l’assouplissement des règles de maintien individuel des surfaces». Les planteurs concernés par le vote ont reçu depuis le 19 octobre des codes d’accès leur permettant de procéder à un vote ligne jusqu’au au mercredi 27 octobre.
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