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Le maire, garant de l’agréable vie rurale

Notre série à la rencontre des maires ruraux, à l’approche des municipales, se poursuit à Lamotte-Warfusée. Frédéric Dehurtevent, maire depuis 2009 et agriculteur, y investit une bonne partie de son temps, pour que la vie y soit la plus agréable possible.

Frédéric Dehurtevent se représente pour un nouveau mandat, car il veut terminer ce qu’il a commencé.
Frédéric Dehurtevent se représente pour un nouveau mandat, car il veut terminer ce qu’il a commencé.
© A. P.



Frédéric Dehurtevent a endossé l’écharpe de maire de Lamotte-Warfusée dans la précipitation, en cours de mandat. «C’était en 2009, au décès de mon père, ancien maire, explique-t-il. Il fallait quelqu’un pour assurer la continuité des projets entamés.» Les premiers mois ont été très prenants, avoue-t-il. «Il a fallu mettre de l’ordre dans les dossiers. Je me suis retrouvé à faire seul le secrétariat. Finalement, c’était très formateur. Ça m’a permis de mettre le doigt sur les priorités.»
Depuis, il gère la commune comme une entreprise. Comme son exploitation de 130 ha (blé, pommes de terre, pois et pois de conserve, betteraves), en quelques sortes. Son leitmotiv, depuis onze ans : représenter l’ensemble des 720 habitants, et faire en sorte que la vie dans le village soit la plus agréable possible. «Il y a des gens qui veulent vraiment vivre en campagne.» En témoignent la vingtaine de pavillons qui se sont construits récemment, ainsi que le lotissement de quinze maisons qui devrait voir le jour à partir du 15 mars. «Et pour bien vivre, ces personnes ont besoin de services.»
Pour cela, mieux vaut se retrousser les manches. «Tout est réalisable, il suffit de se bouger ! Nous avons remis l’église en état, par exemple. J’ai frappé à toutes les portes pour obtenir les subventions nécessaires.» La commune est, en plus, particulière : elle est issue de la fusion en 1974 de Lamotte et de Warfusée. «Logique, puisque les villages se touchaient par les habitations, commente l’édile. Mais l’inconvénient est que tout est en double : deux cimetières, deux clochers, deux écoles…» Et autant d’infrastructures à entretenir.

Villages VS bourgs centres
Pas de quoi freiner les nouveaux projets pour autant, même si cela nécessite de la volonté. «En milieu rural, on se bat avec les communautés de communes et les bourgs centres pour avoir des choses chez nous», confie Frédéric. Lamotte-Warfusée dispose, entre autres, d’une aire de jeux, d’un parcours sportif, d’une médiathèque, d’aménagements pour l’accessibilité - «chaque parent doit pouvoir se promener avec une poussette sans être sur la voirie».
Un projet d’ampleur occupe actuellement l’ensemble du conseil : la construction d’une nouvelle école. «Aujourd’hui, les enfants sont séparés en deux endroits. Les plus âgés doivent marcher pour rejoindre la cantine et l’accueil périscolaire. Mais avec un axe de passage de huit mille véhicules par jour entre les deux, c’est risqué.» Plus de 2 M€ ont été débloqués pour un tel projet. «Un belle réussite, pour une commune à 700 000 € de budget annuel.» Là encore, l’investissement personnel est grand. «J’ai récemment demandé à l’architecte où se trouvaient les porte-manteaux. J’attends toujours la réponse… Il faut tout suivre soi-même pour amener les choses là où on le souhaite.»

Tour de ville et voie tracteurs
Et les agriculteurs dans tout cela ? Trois d’entre eux parmi les cinq installés à Lamotte-Warfusée sont au conseil municipal. «Je les incite à s’investir, car sinon, nous aurons du mal à nous faire entendre», assure le maire. À Lamotte-Warfusée, cependant, l’agribashing est loin des esprits. «Pour favoriser la bonne cohabitation, nous faisons en sorte que le matériel agricole soit le moins visible possible.» Un tour de ville, avec des arbres entre celui-ci et les habitations, permet de séparer les zones de culture des jardins privés. La création d’une voirie dédiée aux tracteurs est également en projet. Les agriculteurs sont même une aide précieuse pour la commune. «Plutôt que de faire appel à une société privée pour tailler les arbres, par exemple, nous avons utilisé le matériel de nos fermes pour le faire nous-même. L’impôt prélevé aux habitants, avec un taux si bas soit-il ici, doit être utilisé à bon escient.»
Ces actions prennent cependant du temps. Beaucoup de temps. «Environ 30 % de mes semaines de soixante heures, sourit Frédéric. À quarante-neuf ans, il est temps de se poser la question de lever le pied ou non. Car je ne voudrais pas être lessivé trop tôt.» Lui a tout de même décidé de se représenter cette année, pour pouvoir suivre jusqu’au bout le projet de l’école qui lui tient à cœur. «Je veux terminer ce que j’ai commencé.» Mais il pense passer la main à la jeune génération un jour. «Pour comprendre les besoins des habitants, il faut être dans le coup.» En attendant, Frédéric Dehurtevent a encore un peu de pain sur la planche.


Quelques projets menés :

- création d’une aire de jeux
- création d’un parcours sportif
- remise en état d’une des deux églises
- ouverture d’une médiathèque dotée de sept mille ouvrages
- enherbement de zones pour le passage au zéro phyto de la commune
- aménagements de trottoirs
- mise en place d’une procédure de reprise des concessions funéraires abandonnées
- aménagement d’un tour de ville pour une meilleure cohabitation des agriculteurs et des privés
- création d’une voie réservée aux tracteurs (en cours)
- regroupement de l’école en un seul site (en cours)
- ouverture d’une boulangerie (en cours)

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