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Politique
Le monde agricole à la rencontre des élus locaux

Près de 1 400 exposants ont fait le déplacement pour aller cette année à la rencontre des élus locaux, au salon des maires du 19 au 21 novembre. Parmi eux, les organisations agricoles et, notamment, celles de la bio, venues apporter des solutions, notamment pour les cantines.

La mise en œuvre laborieuse des objectifs de la loi Egalim en matière d’approvisionnement des cantines était au cœur  des échanges.
La mise en œuvre laborieuse des objectifs de la loi Egalim en matière d’approvisionnement des cantines était au cœur des échanges.
© pexels/anastasia shuraeva

Les organisations agricoles et du monde rural ont à nouveau répondu présent cette année au rendez-vous du Salon des maires et des collectivités locales, qui s’est tenu à Paris du 19 au 21 novembre derniers. Une mobilisation qui illustre le pouvoir croissant dont disposent communes, départements et régions en matière d’agriculture, d’environnement et d’alimentation et le rôle de conseil que tentent de jouer les acteurs agricoles et ruraux auprès d’eux. Cette année, la plupart des interprofessions agricoles disposait d’un stand en marge du Congrès des maires, qui se déroulait concomitamment Porte de Versailles : Anvol, Cniel, Inaporc, Interbev, Intercéréales, Interfel, Valhor, mais aussi l’Agence Bio ou encore la Coopération agricole. «Les sujets sur lesquels nous souhaitons échanger avec vous sont nombreux», expliquaient les interprofessions dans un document commun diffusé sur le salon. Et les filières de citer en particulier «la préservation du paysage et de la biodiversité», «les réponses apportées aux attentes du consommateur et à la souveraineté alimentaire» ou encore «les outils d’approvisionnement pour les établissements publics en produits durables ou sous signes de qualité».

Les objectifs Egalim en berne

Une nouvelle fois, la mise en œuvre laborieuse des objectifs de la loi Egalim en matière d’approvisionnement des cantines de collectivités en produits durables, de qualité et bio a été au cœur des échanges. Son bilan mitigé a été confirmé, en amont du salon, par la publication, le 15 novembre dernier, par le ministère de l’Agriculture, des estimations pour l’année 2023. Selon les télédéclarations des collectivités recueillies sur le site macantine.fr, les taux d’approvisionnement sont de 25,3 % en produits durables et de qualité, dont 12,1 % de produits bio. Des chiffres toujours éloignés des 50 % de produits durables et de qualité dont 20 % de produits bio, prévu par la loi Egalim et de surcroît en légère baisse par rapport à 2022. Pour autant, les filières agricoles, notamment bio, n’entendent pas baisser les bras. «Lors du Grenelle de l’environnement en 2007, il y avait 1 % de bio dans les cantines. En 2023, nous en sommes à 6 %», tient à rappeler Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio. «Cette trajectoire peut et doit s’amplifier.» Elle en veut pour preuve que «sur tout le territoire, des chefs, des maires, des directeurs d’établissements mettent 30 %, 50 %, 70 %, voire 80 % de bio française au menu pour 1,80 € à 2,20 € de coût matière, soit le même coût que leur homologue non-bio».

Lyon rejoint les Territoires bio pilotes

Lors d’une table-ronde organisée sur le stand de l’Agence sur «Le rôle des collectivités dans le développement de l’agriculture biologique en France», la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) a mis en avant son réseau de Territoires bio pilotes, créé en 2020 pour aider les collectivités à développer cette filière. «Ce réseau rassemble aujourd’hui plus de trente collectivités engagées dans l’agriculture et l’alimentation bio sur leur territoire et permet de faire connaître les projets exemplaires pour démultiplier leur mise en œuvre sur d’autres territoires», a témoigné Philippe Camburet, le président de la FNAB. Les représentants de l’agglomération de Grenoble (38), de celle de Douaisis (59), de la commune de Mouans en Sartoux (06) ou encore du Parc naturel régional de l’Avesnois (59) ont témoigné des moyens qu’ils mettaient en œuvre pour tenir les objectifs de la loi sans surcoût pour les consommateurs. Les élus ont notamment insisté sur la nécessité d’accompagner les changements de leurs concitoyens par de la pédagogie, mais aussi sur les aménités positives du bio non-intégrées dans les prix comme l’amélioration de la qualité de l’eau. Le réseau mis en place par la FNAB a reçu récemment le soutien de poids de la Métropole de Lyon (58 communes et 1,4 million d’habitants) qui a annoncé rejoindre les territoires «bio pilotes» de la FNAB.

 

Un salon de la biodiversité et du génie écologique

Les organisateurs du Salon des maires se sont félicités de la réussite de la première édition du «Salon de la biodiversité et du génie écologique» créé cette année au sein du pavillon 3 Porte de Versailles. Celui-ci «n’a pas désempli pour rencontrer les 92 exposants et assister aux 50 conférences sur la serre et l’atelier», indiquent les organisateurs qui promettent une deuxième édition en 2025. Organisée en partenariat avec l’AMF, les Eco Maires et l’Union professionnelle du génie écologique (UPGE), la manifestation rassemblait, entre autres, des acteurs de la protection et de la préservation de la nature et du vivant, de l’aménagement urbanisme et de l’ingénierie écologique, de la biodiversité urbaine, des espaces verts et de la végétalisation/renaturation des villes ou encore de l’agriculture durable et de l’agroécologie.

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