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Le numérique pourrait booster les rendements

Le numérique montre de plus en plus qu’il a sa place dans le domaine de l’agriculture. Démonstration avec un exemple autour de l’augmentation des récoltes.

© Commission Européenne

Selon un rapport de la Rabobank, diffusé le 9 novembre, l’intégration des technologies numériques dans les pratiques agricoles a le potentiel de faire progresser le volume de récolte des principales productions végétales mondiales (maïs, soja, blé, coton, colza, orge, tournesol) de dix milliards de dollars par an. Concrètement, la banque néerlandaise prévoit que l’essor du numérique en agriculture (multiplication des données, développement des algorithmes) assurera, sur 80 % des surfaces dédiées à ces cultures, un accroissement des rendements de 5 % en moyenne. Le rapport fait état de bénéfices similaires - non intégrés au dix milliards de dollars par an - dans des cultures à forte valeur ajoutée comme la canne à sucre, les pommes de terre, les betteraves ou les fruits et les légumes, mais aussi en productions animales.

Les grandes exploitations en pointe
Toutes les exploitations n’adopteront pas ces technologies à la même vitesse. Les exploitations de grande taille sont les mieux positionnées pour bénéficier des apports de ces nouvelles technologies, estime la Rabobank. Elles sont «capables d’attirer les meilleurs savoir-faire, et en tirer parti pour gérer de mieux en mieux de plus en plus d’hectares, grâce aux technologies modernes de l’agriculture de précision», est-il détaillé dans le rapport. Par conséquent, si les petites et moyennes exploitations «ne trouvent pas de moyen de bénéficier des avantages de ces technologies modernes, elles auront du mal à supporter la concurrence pour le foncier, puisque d’autres exploitations pourront supporter des loyers ou des prix d’achat plus élevés».

La responsabilité des coopératives
Le rapport met en avant la «responsabilité particulière» des coopératives dans la collecte des données agricoles. Pour la Rabobank, les coopératives doivent prendre des initiatives dans ce domaine (collecte de données, construction de base de données), afin de garantir que les bénéfices reviennent aux agriculteurs et non à l’agrofourniture. Si l’analyse des données ne sera pas le coeur de métier de toutes les coopératives, concède la banque, celles-ci doivent a minima construire et partager leurs bases de données avec les entreprises de l’agrofourniture.
Coïncidence, en France, un rapport du cercle d’études («think tank») La Renaissance numérique, estime également que les agriculteurs pourraient être grands gagnants d’une numérisation de leur secteur. Il propose seize mesures de politique publique pour permettre aux agriculteurs de profiter pleinement de ces technologies nouvelles.
La production elle-même a déjà vu bon nombre d’applications qui vont encore se développer. L’utilisation des capteurs sur des animaux ou des drones pour surveiller les parcelles est déjà une réalité. Exemple, en Espagne, l’utilisation des pesticides sur les vignes a diminué de 20 %, grâce à l’installation de capteurs. L’utilisation des drones sur les cultures commence à rendre possibles des traitements plus rapides et plus ciblés, d’où des économies d’intrants. Mais ils permettront aussi d’épandre des produits ou même des insectes en lutte biologique.
Autre application, la vidéosurveillance. Elle permettra de plus en plus de gérer des troupeaux en stabulation et des biocapteurs d’en surveiller l’état de santé (température, par exemple). Des technologies similaires (capteurs, vidéo) permettraient aussi de gérer plus efficacement l’irrigation. Tous ces usages devraient permettre une amélioration des rendements et/ou une économie de moyens, donc un respect plus grand de l’environnement. Selon une étude américaine, ils permettraient une économie possible de 15 % en moyenne sur les intrants.

Surfaces

Un rapport de la banque néerlandaise Rabobank estime qu’une large partie des surfaces mondiales de maïs, soja, blé, coton, colza, orge, tournesol (80 %) pourrait bénéficier d’une hausse de rendement de 5 % par an, soit une hausse de la valeur globale produite de dix milliards de dollars par an. La banque met en avant le rôle central des coopératives dans la collecte des données.

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