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Le pari de la génétique à l’EARL Cavillon

Hubert Cavillon travaille avec l’insémination artificielle, à Ailly-le-Haut-Clocher.

Hubert Cavillon : «Comme nous avions des problèmes de vêlage, on a décidé de passer à l’insémination artificielle. L’idée était de faciliter les naissances, puis de développer les souches laitières et, enfin, assurer le développement squelettique des vaches.»
Hubert Cavillon : «Comme nous avions des problèmes de vêlage, on a décidé de passer à l’insémination artificielle. L’idée était de faciliter les naissances, puis de développer les souches laitières et, enfin, assurer le développement squelettique des vaches.»
© AAP

Déjà, du temps du père d’Hubert, la famille Cavillon s’intéressait à la génétique. A l’époque, leur exploitation comprenait vingt-cinq vaches laitières, une trentaine de vaches allaitantes et plus de trois cents brebis. En parallèle, sur les 118 ha de l’exploitation, étaient cultivés du blé, de l’orge, du maïs ensilage, de la betterave fourragère, du colza, et du ray-grass trèfle. Les années passant, les vaches laitières ont été abandonnées, puis les brebis pour se recentrer sur les vaches allaitantes.
«Comme nous avions des problèmes de vêlage, on a décidé de passer à l’insémination artificielle. L’idée était de faciliter les naissances, puis de développer les souches laitières et, enfin, assurer le développement squelettique des vaches», raconte Hubert Cavillon. Certes, l’insémination artificielle prend du temps aux éleveurs, mais les résultats sont au rendez-vous, et les Cavillon augmentent progressivement leur cheptel. Aujourd’hui, ils ont soixante-dix vaches allaitantes, des charolaises, qui présentent toutes de belles performances grâce au travail génétique entrepris depuis deux décennies.

Des performances à tous les niveaux
En ce qui concerne les vêlages, ils sont passés de 32 en 2006 à 64 en 2015. 52 % des veaux sont nés par insémination artificielle. Lien direct : sur la soixantaine de vêlage, une seule césarienne a été pratiquée. L’âge moyen des génisses au vêlage est de trente-cinq mois et six jours. Le taux de renouvellement du troupeau est de 21 %, et le pourcentage de mortalité avant sevrage de 7,4 %, la moyenne chez les éleveurs charolais étant à 11 %. Quant au taux de productivité, soit le pourcentage des veaux vivants à quatre-vingt-dix jours par vache vêlée, il est à 103 % en 2015.
Mais s’il n’y avait qu’un seul chiffre à retenir montrant tout l’intérêt des progrès réalisés grâce à la génétique, ce serait celui de l’évolution de l’index de valeur maternelle synthétique au sevrage en dix ans. ll est passé de 94 à 104 pour le troupeau. La progression a été régulière en dix ans, ce qui n’est pas le cas hors d’un travail génétique.
Un travail qui a porté ses fruits par le choix des reproducteurs de monte naturelle et des taureaux utilisés en insémination artificielle.
«Aujourd’hui, les résultats sont consolidés, précise Eric Lucet, technicien bovins croissance à la Chambre d’agriculture de la Somme. Aussi le travail génétique porte-t-il sur d’autres critères, notamment les capacités à bien vêler et le maintien du développement squelettique pour valoriser au mieux la vente des animaux.»
Tout l’intérêt de la génétique réside donc dans le fait de fixer les gènes pour améliorer les critères. «C’est bien de faire du cumul génétique pour permettre le développement des performances des animaux. Reste que cela prend du temps. C’est un travail de longue haleine», reconnaît le technicien.
Le programme Bovins croissance réunit soixante-dix-huit adhérents dans la Somme, et a progressé de 44 % depuis dix ans. L’élevage Cavillon est une belle illustration du travail accompli et les performances économiques sont au rendez-vous, notamment sur les broutards et les vaches de réforme.

Lors de la journée viande bovine, deux élevages ont été visités, la semaine prochaine vous retrouverez le compte rendu de la visite de l’élevage Lévéque-Deroussen en race blonde.

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