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Le Plan de relance profite aussi aux haies

Le Syndicat mixte d’aménagement, de gestion et de valorisation du bassin versant de la Bresle mise sur le Plan de relance national pour inciter les agriculteurs de ce territoire à planter des haies.

La plantation qui fait l’objet d’une demande d’aide ne doit pas compenser un arrachage réalisé ailleurs.
La plantation qui fait l’objet d’une demande d’aide ne doit pas compenser un arrachage réalisé ailleurs.
© Smab

À l’ouest de la Somme, le Syndicat mixte d’aménagement, de gestion et de valorisation du bassin versant de la Bresle (SMAB) s’appuyait déjà sur son propre programme d’accompagnement à la plantation de haies baptisé «Haierosion». Avec le Plan de relance national, le SMAB espère aller plus loin et propose d’accompagner des agriculteurs dans leurs projets. Réparti sur deux régions (Normandie, Hauts-de-France) et trois départements (Seine-Maritime, Somme et Oise), le bassin versant de la Bresle s’étend sur un périmètre de 650 km2, couvre 88 communes et 5 communautés de communes. Le SMAB intervient, quant à lui, «sur la partie haute du bassin versant», assure son chargé de mission agro-environnemental, Charles-Édouard Mackerlberg. À l’occasion d’une réunion d’information organisée à Senarpont, mardi 21 septembre, ce dernier est revenu sur le rôle des haies : «ralentir les transferts de produits phytosanitaires, fertilisants et autres vers les milieux aquatiques et faciliter l’infiltration et l’épuration des eaux dans un objectif de protection de la ressource». Pour le chargé de mission, «on ne va pas tout régler avec des haies, mais la pire situation est de ne rien faire...» Et si, en plus, l’implantation de haies peut être subventionnée, «autant y aller».

 

80 % pris en charge par le Plan de relance

Bien qu’il n’ait pas la possibilité d’agir au nom et pour le compte d’agriculteurs dans les Hauts-de-France – cela est en revanche possible en région Normandie -, le SMAB propose son expertise. Pour les départements de l’Oise et de la Somme, l’appel à projet est ouvert aux agriculteurs et leurs groupements. Plusieurs types de dépenses sont éligibles - travaux préparatoires, achat et mise en place des plants, fourniture et mise en place du paillage et des protections -, avec un taux de financement de 80 % pris en charge par le Plan de relance, et 10 % de participation du SMAB. «Au final, pour l’agriculteur, le reste à charge est de 10 %», explique Charles-Édouard Mackelberg. Le coût d’un mètre linéaire de haie est compris «entre 15 et 20 , clé en main», poursuit le chargé de mission. Pour être pris en charge, les travaux doivent être réalisés par une entreprise, avec un  investissement minimum de 2 000 €. La plantation qui fait l’objet d’une demande d’aide ne doit pas compenser un arrachage réalisé ailleurs. L’idée est bien d’accompagner le développement du maillage bocager. Ces nouvelles infrastructures devront, par ailleurs, faire l’objet d’une déclaration Pac.

 

Un entretien toujours à charge

Pour bénéficier d’une subvention dans le cadre du Plan de relance, le projet de plantation devra atteindre un minimum de 20 points sur 50, ce qui est relativement accessible, à en croire le SMAB : «Si on met cinq essences, on gagne déjà vingt points, détaille le chargé de mission. La haie devra s’étendre sur au moins 200 m linéaires après retrait des passages, être plantée avec des essences locales, utiliser un paillage bio-dégradable et ne pas être entretenue chimiquement.» La charge de l’entretien, quant à elle, reste pour l’agriculteur qui ne bénéficie pas d’aide spécifique pour cela. Enfin, si un porteur de projet veut planter une haie sur une terre qui ne lui appartient pas, il devra obtenir l’autorisation du propriétaire de la parcelle.

Parmi les agriculteurs participant à la réunion d’information de Senarpont, si plusieurs se sont montrés vivement intéressés, il leur faudra faire preuve de patience... ou de réactivité : la date de clôture de l’appel à projet 2021 étant fixée au 8 octobre (!) Néanmoins, pour Charles-Édouard Mackelberg, «rien n’empêche de commencer à préparer le dossier dès cet hiver». Une façon de laisser au projet un temps de maturation qui lui garantira d’être adapté au mieux aux attentes de l’agriculteur et aux réalités du terrain.  

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