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Le potiron façon Bonduelle livre ses secrets

Dans les Hauts-de-France, des agriculteurs produisent aussi du potiron à grande échelle pour l’industrie de transformation des légumes. Dans le cadre des Journées nationales de l’agriculture, le week-end dernier, Bonduelle invitait les consommateurs
à découvrir cette production insolite.

Les journées nationales de l’agriculture ont été l’occasion pour Bonduelle d’organiser des rencontres au champ entre producteurs et consommateurs, comme chez Antoine Depourcq. 
Les journées nationales de l’agriculture ont été l’occasion pour Bonduelle d’organiser des rencontres au champ entre producteurs et consommateurs, comme chez Antoine Depourcq. 
© Vincent Fermon

Les participants aux Journées nationales de l’agriculture (JNA) qui ont répondu à l’appel de Bonduelle le week-end dernier dans la Somme étaient loin de se douter que les potirons et potimarrons qu’ils ont vu au champ finiront dans quelques mois à l’élaboration des soupes et autres purées de l’industriel. C’est cette histoire que les équipes de Bonduelle et un agriculteur, Antoine Depourcq leur ont pourtant proposé dans la commune d’Ennemain. L’occasion de revenir sur l’itinéraire cultural de la cucurbitacée, la manière de les récolter à maturité, mais aussi les engagements de Bonduelle pour une agriculture plus durable. Combien savent en effet que l’industriel teste le déploiement de pièges connectés contre les ravageurs ? Qu’il intensifie le déploiement de la méthode des bilans hydriques pour gérer l’irrigation ou encore que son cahier des charges pour la production de légumes bénéficie d’une équivalence qui donne aux surfaces considérées un niveau de certification HVE 2 ?

 

Source de diversification

Depuis aussi longtemps qu’il s’en souvienne, Antoine a toujours connu la production de légumes pour Bonduelle sur la ferme familiale. Aujourd’hui installé avec son père, Christophe, il perpétue une forme de «tradition». D’une autre manière, on peut dire que le destin de la SCEA de la ferme d’en haut et celui du spécialiste du légume transformé sont «liés», selon le jeune agriculteur. Très diversifiée dans ses rotations, la ferme exploitée par les Depourcq a déjà «tout testé, hormis les salsifis» : pois, haricots, épinards, carottes, choux, betteraves rouges… en complément d’autres grandes cultures (blé, pommes de terre, betteraves). «C’est vrai qu’on aime la diversité», sourit Antoine Depourcq. Au sein d’une deuxième exploitation installée sur la côte picarde, il cultive également une autre curiosité pour la région des Hauts-de-France, puisqu’il s’agit de patates douces ; lesquelles seront en partie récoltées aussi pour Bonduelle. 

 

130 hectares dans les Hauts-de-France

À Ennemain, la SCEA de la Ferme d’en haut consacre 15 hectares de sa SAU à la culture du potiron… mais aussi 15 hectares pour celle du potimarron, suivant une rotation comprise entre cinq et six ans. Le rendement pour ces deux cultures est de l’ordre de 35 à 40 tonnes par hectare pour le premier, et de 25 tonnes par hectare pour le second. Leur débouché ? L’usine Bonduelle d’Estrées-Mons qui se situe à «7-8 kilomètres», explique Antoine Depourcq. En pleine période de récolte, l’usine peut en absorber jusqu’à 180 tonnes par hectare. La culture est présente dans trois bassins : en Flandre, dans le Cambrésis et autour de l’usine d’Estrées-Mons pour une surface d’environ 130 hectares. La récolte est depuis peu mécanisée. 

Le potiron a la particularité d’être une plante à fruits «plutôt résistante», constate le producteur qui s’astreint néanmoins à la surveiller chaque jour. «Le vrai problème du potiron, c’est le salissement de la parcelle parce que la plante met du temps à couvrir le sol.» Côté désherbage, il privilégie des interventions mécaniques comme le lui demande l’industriel, «pour baisser la consommation de produits phytosanitaires et répondre à la demande sociétale». Le contrat avec Bonduelle permet à l’agriculteur de «tester» chaque année de nouvelles façons de produire. La dernière en date ? Couvrir la parcelle de potiron d’un voile de forçage en amidon de maïs. À la clé, une croissance plus rapide de la plante et une meilleure couverture du sol par le feuillage. L’effet sur le rendement ne sera évalué qu’après récolte. Autre effet attendu sur le rendement – il a été depuis confirmé -, l’implantation d’une bande fleurie «tous les 72 mètres», composée d’espèces mellifères pour attirer les pollinisateurs. Si l’on sent de la passion et beaucoup d’intérêt pour la culture des cucurbitacées chez Antoine Depourcq, le jeune agriculteur estime toutefois que les choses ne sont pas si simples. «Malheureusement, c’est une culture pour laquelle il y a peu de recherche», détaille-t-il. Les échanges avec le service agronomique de Bonduelle sont de fait primordiaux ; ce que l’on confirme et entretient du côté de l’industriel. La date de récolte est fonction de la maturité, qui peut varier d’une parcelle à une autre. Elle devrait avoir lieu cette année à partir de la deuxième quinzaine de septembre. D’ici là, les participants aux Journées nationales de l’agriculture ont promis de revenir voir la parcelle au moment de la floraison puis lors de l’étape de la récolte.

 

INTERVIEW

Anne-Sophie FONTAINE, directrice RSE et communication externe de Bonduelle     

«Rendre les légumes sexy pour le consommateur»

Directrice RSE et communication externe de Bonduelle, Anne-Sophie Fontaine travaille depuis deux ans à l’obtention pour le groupe du label B Corp, entre autres initiatives. Petite fille d’agriculteurs dans le nord de la France, elle est arrivée dans le groupe Bonduelle en 2014. 

Quels sont les nouveaux modes de consommation ?
Il y a quelques années, les consommateurs s’intéressaient surtout aux marques et à l’aspect plaisir. Aujourd’hui, ils veulent comprendre ce qu’il y a derrière. Sont-elles transparentes ? Cela nous amène à mettre davantage en valeur les filières. Nous communiquons de plus en plus sur nos engagements en faveur de pratiques vertueuses, autour de la biodiversité… Les consommateurs sont prêts à payer un peu plus cher pour ça.

Pourquoi le label B Corp ?
Nous nous sommes fixés d’être certifiés en 2025. C’est un label américain né en 2006, qui prêche pour que le capitalisme de demain ne soit plus seulement au service des actionnaires, mais de toutes les parties prenantes de la société. Les entreprises à mission ou la loi Pacte vont dans ce sens-là. Il s’agit d’intégrer dans leurs statuts des objectifs économiques et sociétaux aussi importants que le reste. Chez Bonduelle, cela passe notamment par notre participation à l’agriculture régénérative, la végétalisation de l’alimentation ou encore à l’initiative Loop, le retour prochain de la consigne dans les magasins Carrefour.

Quelle est votre mission ?
Notre rôle d’industriel va au-delà du rôle de la simple fourniture des denrées alimentaires. Bonduelle est né sur les terres de Picardie, les meilleures au monde pour produire des haricots verts. Nous partageons avec le monde agricole les enjeux que sont l’alimentation, le climat… Ce qui est important, c’est d’assurer un triangle vertueux avec les consommateurs et les agriculteurs. Ce retour des pratiques ancestrales comme la permaculture est une forme de prise de conscience. Mais on ne pourra pas faire la transition que par le bio et le circuit court. Nous devons faire en sorte de rendre ces aliments sains accessibles à tous. Notre devoir est de fournir une alimentation saine et durable à chacun, pas juste une partie de privilégiés qui peuvent se permettre de bien manger.

Comment favoriser cela ?
L’éducation des consommateurs nous importe beaucoup. Les gens ne savent pas cuisiner les légumes ! C’est une vraie barrière. Dans les écoles hôtelières, autrefois, on vous apprenait à cuire le poisson, la viande, mais pas les légumes. C’était le parent pauvre de la cuisine. Nous avons un gros travail à faire là-dessus.

Comment diffuser ces connaissances ?
Avec la fondation Louis Bonduelle, nous finançons depuis quinze ans, pas mal de projets, comme la diffusion du nudge pour faire manger des légumes aux enfants. C’est une technique de suggestion mentale, qui consiste, par exemple, à positionner les entrées à un endroit précis pour que les enfants les choisissent… La difficulté reste de les déployer à grande échelle. Ce qu’on fait aussi de plus en plus, c’est cofinancer des projets comme la Tablée des chefs, qui organise des cours de cuisine pour les enfants défavorisés. Au niveau de la marque, nous avons lancé, il y a trois ans, Legumiz, une initiative pour rendre les légumes sexy aux yeux du consommateur ; ainsi que Greenologie, une plateforme pour aider les chefs à cuisiner facilement du 100 % végétal. Idées de menus, tutos… Parce qu’entre les émissions de téléréalité culinaires et les collectivités, ce sont eux, les nouveaux prescripteurs !
Propos recueillis par Lucie De Gusseme
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