Aller au contenu principal

Le travail à façon se développe

La Fédération nationale des entrepreneurs du territoire (FNEDT) organisait, le 17 décembre, une conférence de presse consacrée à l’actualité de ce secteur en pleine croissance.

Semis par entrepreneur
Le panel de sous-traitance se révèle très large allant d’une simple délégation de travaux ponctuels (exemple : effectuer une récolte) à une délégation quasi-intégrale ou intégrale.
© Pixabay

« De plus en plus d’exploitations agricoles ont recours au travail à façon, c’est-à-dire à des prestataires de service extérieurs pour réaliser tout ou partie de leurs travaux », a indiqué le sociologue François Purseigle, professeur des universités à l’Institut national polytechnique (INP) de Toulouse. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. Tout d’abord la diminution de la population agricole. « Les chefs d’exploitation représentent aujourd’hui moins d’1,5 % de la population active et dans dix ans, ils risquent d’être sous le seuil du 1 % », a-t-il indiqué. Moins nombreux, devant assurer la rentabilité économique de leurs exploitations, et parce que les « collatéraux travaillent de moins en moins sur l’exploitation », ils ont recours à la sous-traitance. « En moyenne, elle a augmenté de plus de 50 % ces derniers années, pour atteindre 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires », a ajouté François Purseigle.

Cette tendance concerne principalement le secteur des grandes cultures et de l’élevage. Pas moins de 12 % des exploitations de grandes cultures délèguent les activités de productions végétales et « 18 % des élevages ont recours à des entreprises de travaux agricoles pour faire le travail que faisaient jadis les collatéraux », explique-t-il.

Égalité de traitement

Cette formule de travail à façon peut également être une manière de transmettre une exploitation. Ainsi, « parce qu’une famille ne trouve pas de repreneur et qu’elle considère l’exploitation comme un patrimoine, elle recourt à un prestataire de service de manière transitoire », précise-t-il ajoutant qu’il ne faut pas systématiquement « opposer installation et prise en charge du travail ».

En fait, le panel de sous-traitance se révèle très large allant d’une simple délégation de travaux ponctuels (exemple : effectuer une récolte) à une délégation quasi-intégrale ou intégrale. François Purseigle en identifie cinq (lire encadré). Ce phénomène tend également à s’importer, notamment dans les régions frontalières, notamment de Belgique, notamment pour la production de pommes de terre dans les Hauts de France, et d’Espagne par exemple dans le domaine des fruits et légumes et de la viticulture : « Les entreprises françaises ne sont pas très à l’aise sur ce terrain, car ces pays disposent d’avantages sociaux comparativement supérieurs aux nôtres », a noté Gérard Napias, président de la FNEDT.

C’est en partie pour compenser cette distorsion de concurrence que la FNEDT demande « l’égalité de traitement avec les agriculteurs sur la TODE *», a indiqué Gérard Napias. Autrement dit, il souhaite que les entreprises de travaux agricoles puissent, elles aussi, être exonérées des cotisations patronales sur le volet TODE. Une mesure qui représente 7 millions d’euros et qui concerne environ 60 000 travailleurs saisonniers.

* Travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi (TODE)

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Les premières livraisons de betteraves sur le site Cristal Union de Sainte-Émilie ont débuté en milieu de semaine.
Chez Cristal Union, marché du sucre et interdiction des NNI boostent le prix
La coopérative Cristal Union a annoncé le 27 janvier dernier une revalorisation du prix des betteraves récoltées en 2023. Une…
Jaunisse de la betterave
La Cour européenne de justice casse l'attente d'une dérogation pour l'utilisation des NNI
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de conclure dans un arrêt du 19 janvier que les États membres ne peuvent ré…
Tereos
Les outils de Tereos pour faire face à l’interdiction des NNI
Chez Tereos, pas d’annonce d'augmentation de prix en vue pour les betteraves (pour le moment ?) qui seront récoltées en 2023,…
De gauche à droite, Rémi Chombart et Laurent Degenne, associés à l’origine  du projet, et Pierre Chombart, responsable du site : «l’idée est de maximiser les capacités de production qu’offre la méthanisation.»
Un méthaniseur véritable pôle de production d’énergies vertes
À Vraignes-en-Vermandois (80), dix-huit agriculteurs se sont associés autour d’une unité de méthanisation bien particulière. En…
L’AG était l’occasion de valider la fusion avec La Flandre. De gauche à droite, Alexandre rivenet, ancien président  de La Flandre, David saelens, président de Noriap, et  Damien François, DG de Noriap.
Noriap tire son épingle du jeu dans le tumultueux contexte
Crise énergétique, hausse des matières premières, filière œuf à la peine, mais aussi projets, innovation, fusion… Noriap dressait…
Concurrence d’autres cultures plus rentables, sécheresse en 2022, hausse des coûts des intrants…  Face à ces faits, les producteurs sont de plus en plus nombreux à se détourner de la fécule.
Fesneau reconnait un risque de «désengagement» des producteurs de fécule
Le 27 octobre 2022, le sénateur (LR) de la Somme Laurent Somon avait adressé une question écrite au ministre de l’Agriculture…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde