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Légumes de plein champ bio : une filière en plein boom

Le bassin de production des Hauts-de-France se développe significativement depuis 2012. L’atout de la filière ? Sa compétitivité.

Recolte de carottes bio.
Recolte de carottes bio.
© FLAMENT

Historiquement, le légume de plein champ a démarré en Hauts-de-France par la diversification de polyculteurs, qui voulaient augmenter la valeur ajoutée dans leur exploitation, en diversifiant leurs rotations. La plupart ont démarré avec la pomme de terre au milieu des années 1990. L’introduction du légume dans ces systèmes était le fruit d’une diversification de polyculteurs bio.
Géographiquement, le nombre de producteurs de légumes de plein champ est plus important dans l’ex-Nord-Pas-de-Calais que dans l’ex-Picardie. L’Aisne est le dernier département producteur de légumes de plein champ. Dans l’Oise, sont plutôt présents des producteurs bio historiques, qui ont introduit les légumes de plein champ dans leur assolement. Dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais, se mêlent à la fois producteurs historiques et des nouveaux arrivants, ces derniers étant le plus souvent des légumiers convertis.
Une nouvelle phase s’amorce cette année, avec l’arrivée de légumiers conventionnels produisant sur d’importantes surfaces, et qui se lancent désormais dans le légume de plein champ bio sur le versant sud des Hauts-de-France. Cette part croissante de légumiers conventionnels opérant une conversion est une évolution qui bouleversera nécessairement la filière légume de plein champ.

Tendances en région
Sur la surface totale de légumes cultivés en Hauts-de-France, soit 1 834 hectares, l’association Bio en Hauts-de-France estime que 575 hectares sont consacrés au maraîchage et 1 259 hectares aux légumes de plein champ. Parmi les principaux légumes de plein champ cultivés, 36 % sont des pommes de terre, 15 % des carottes, 12 % des endives, 12 % des betteraves rouges, le reste se répartissant entre les oignons, les choux et céleris, les haricots, les petits pois, les poireaux et les courges.
Les trois quarts des producteurs, qui cultivaient un légume en 2012, cultivaient au moins une espèce supplémentaire en 2017. De ce fait, une augmentation du nombre d’espèces de légumes dans l’assolement est constatée chez tous les producteurs bio, qu’ils soient récemment ou anciennement convertis. La diversité croissante des espèces dans les assolements s’explique par la présence d’un marché dynamique, toutes espèces confondues, mais aussi par la recherche d’amortissement des investissements, par la volonté des producteurs de diluer les risques liés aux aléas de production sur l’une ou l’autre des espèces.
A noter que ceux qui ne cultivent qu’une seule espèce produisent, dans la moitié des cas, de la pomme de terre ou des cultures spécifiques telles que l’endive ou le radis noir. Dans tous les cas de figure, la diversification s’oriente majoritairement vers le développement de la betterave rouge, l’oignon et la carotte. Avant de se lancer, il faut connaître les caractéristiques particulières qu’implique chacune des espèces. Ainsi, pour la carotte et l’oignon, ces cultures engendrent un bouleversement du système. Pour la betterave rouge, la chicorée endive et à café, le paramètre de la main-d’œuvre est de taille. En revanche, l’adaptation à l’introduction d’une nouvelle culture comme la pomme de terre, le haricot, le petit pois ou encore la courge est accessible.

Circuits de commercialisation
Aucune tendance de circuits de commercialisation sur le marché bio ne se dégage. La diversité est la «règle». C’est même une caractéristique de ce marché, comparativement au marché conventionnel davantage concentré au sein de quelques acteurs. Une fois cela dit, de plus en plus de producteurs souhaitent s’investir en aval de la filière, notamment par le développement d’outils de conditionnement, de stockage, etc. Ainsi, des producteurs de légumes de plein champ prennent parfois en charge le conditionnement et livrent en direct le marché de demi-gros, de grossistes, voire des centrales de distribution. Ces flux ne sont pas majoritaires, mais ils existent.
Dans les circuits courts, la vente directe en magasins spécialisés est une autre des caractéristiques du marché bio. En revanche, pour l’heure, la vente directe aux magasins de la grande distribution est peu importante. Mais compte tenu du développement de la vente des légumes dans leurs rayons, ce marché devrait s’étoffer très rapidement et offrir des débouchés intéressants.

Un marché porteur
Les légumes, comme les fruits, sont le principal moteur de la consommation bio. A l’échelle de la France, en 2016, la consommation de légumes bio a augmenté de 28 %. Et cette croissance s’observe dans tous les circuits de distribution. L’une des particularités de ce marché est l’exigence des consommateurs pour une origine locale des produits bio. La filière légumière des Hauts-de-France l’a bien compris et joue désormais cette carte à fond. On observe d’ailleurs une forte croissance de l’approvisionnement dans cette région, y compris pour des opérateurs, dont le centre de décisions se situe à l’extérieur du territoire. Autrement dit, les caractéristiques de ce marché bio (dynamique et exigeant en origine France) constituent un potentiel de débouché local important pour les producteurs régionaux.
Par ailleurs, compte tenu de la pénurie de l’offre, les collecteurs et metteurs en marché, qui cherchaient jusqu’ici à développer le légume bio chez les producteurs bio existants, sont en concurrence pour capter de nouveaux producteurs. Autrement dit, les nouveaux volumes de légumes de plein champ bio en région seront de plus en plus le fruit de conversions de légumiers conventionnels, incités à se convertir. La région Hauts-de-France peut largement devenir un bassin majeur de production en France. A l’heure où les agriculteurs cherchent de la valeur ajoutée à développer dans leurs exploitations, par le biais notamment de la diversification, le légume de plein champ bio peut devenir une carte maîtresse de cette recherche.


Le saviez-vous ?

La définition des légumes de plein champ (LPC), selon Agreste, est la suivante : des cultures légumières sur des parcelles aussi affectées à d’autres cultures, en opposition aux parcelles maraîchères toujours consacrées à des cultures. Dans le cadre de l’étude réalisée par l’association Bio en Hauts-de-France, cette dernière a enrichi la définition en considérant les systèmes de production de LPC bio en Hauts-de-France, dans lesquels le légume est cultivé sur une surface relativement importante (> 0,5 hectare par légume), de façon fortement mécanisée et destiné principalement à un circuit de commercialisation long. De ce fait, la pomme de terre a été retenue dans les LPC.

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