Aller au contenu principal

Chantiers
Les agriculteurs redoublent d’efforts !

Les conditions climatiques n’épargnent pas les agriculteurs ni dans les champs ni sur les routes…

Les chantiers sont signalés par des panneaux explicites, incitant à la prudence.
Les chantiers sont signalés par des panneaux explicites, incitant à la prudence.
© AAP

En automne, il est fréquent que les conditions climatiques ne facilitent pas les travaux dans les champs. C’est particulièrement le cas cette année. Depuis quelques semaines, le temps s’est mis à la pluie et les averses, souvent de caractère orageux, n’arrêtent pas de tomber. Le département a ainsi reçu 80 mn en moyenne sur les quinze premiers jours d’octobre, ce qui d’habitude représente la quantité d’eau d’un mois d’octobre classique, selon Météo France.
Les agriculteurs profitent des périodes d’accalmie pour effectuer les travaux d’ensilage et les arrachages de pomme de terre et de betteraves. Dans ces conditions éprouvantes, se pose en plus le problème de la boue que dépose sur les routes communales et départementales le passage répété des engins agricoles entre les champs et le lieu de stockage. De plus, selon les endroits, suite au temps sec du mois de septembre, les terres ont du mal à absorber un si grand volume d’eau en si peu de temps, si bien que de la boue s’écoule sur les chaussées.

Les agriculteurs s’allient pour ne plus salir
Comme la très grande majorité des agriculteurs, Laurent Marest, l’un des associés du Gaec de la Place à Thieulloy-l’Abbaye, est conscient de sa responsabilité s’il arrive un accident à cause de la boue qu’il aurait déposé sur la route. Il a cinquante hectares de maïs à ensiler en deux ou trois jours. Ce mardi 16 octobre, l’entreprise de travaux agricole, retenu il y a plus d’un mois, est à pied d’œuvre. Neuf bennes sont nécessaires au transport. «Entre le maïs versé et les précipitations de la nuit dernière, il faut en plus gérer un autre problème, le nettoyage de la route», explique Laurent Marest. «J’ai placé plusieurs panneaux pour signaler le chantier et inciter les automobilistes à ralentir. Et dès que les conditions climatiques le permettront, je passerai la balayeuse», renchérit l’agriculteur, précisant que pour nettoyer efficacement la route la terre ne doit pas être trop sèche.
Le Gaec de la Place fait partie de la Cuma de la Fay qui regroupe une dizaine d’agriculteurs. «Nous avons acheté en 2008 une balayeuse», indique Romain Dubois, l’un des membres de la Cuma. «Au vu du prix de ce matériel, de l’ordre de 2 500 euros, et pour le peu d’utilisation que l’on en fait, bon nombre d’agriculteur achètent en commun une balayeuse», précise Jean-Philippe Trollé, animateur de la FdCuma de la Somme. «Aujourd’hui, une trentaine de Cuma dans la Somme en possèdent une voire deux».

Beaucoup de moyens déployés
Les automobilistes se plaignent des routes «crottées». On ne peut pourtant pas annuler ou reporter un chantier en attendant des conditions de travail optimales. «L’entreprise a un planning chargé, reculer un chantier c’est le voir reporter à une date lointaine au détriment de la qualité de la récolte. Cela, on ne peut pas se le permettre», souligne Laurent Marest. «Mais force est de constater qu’on a rarement vu autant de moyens déployés par les agriculteurs pour nettoyer les routes» Et de conclure, «il y a deux ans, à la veille de Noël, les automobilistes et les pouvoirs publics ont été bien contents de nous trouver pour les sortir des routes enneigées».

LA SIGNALISATION
Deux panneaux peuvent être utilisés pour inciter les véhicules à ralentir et maintenir ainsi leur trajectoire :
- le panneau avec un point d’exclamation signifiant danger et comportant la mention «boue» (type AK 14 + KM 9),
- le panneau «chaussée glissante» (type AK 4).
Ces panneaux sont à poser à au moins 150 mètres du chantier.On peut également poser des cônes ou des balises en amont et en aval du chantier.

ZOOM
La règlementation est très stricte
Selon l’article R116-2 du code de la voirie routière risquent une amende de cinquième classe, «ceux qui auront laissé écouler ou auront répandu ou jeté sur les voies publiques des substances susceptibles de nuire à la salubrité et à la sécurité publique ou d’incommoder le public». Sur les voies communales et les chemins ruraux, c’est le maire qui dispose des pouvoirs de police et qui, à ce titre, peut constater et sanctionner les atteintes portées à ces voies.
Concernant les chemins ruraux, l’article R.161-14 du Code Rural, précise qu’il est défendu d’y déposer des objets ou des produits divers susceptibles de porter atteinte à la sécurité de la circulation, notamment d’y jeter des pierres ou autres matières, d’y amener par des véhicules en provenance des champs riverains des amas de terre, d’abandonner sur la chaussée des produits tombés de chargements mal assurés, tels que fumier, pulpes, gravières, graviers, etc.
Plus grave encore, en cas d’accident dû à la route glissante, la responsabilité de l’agriculteur est engagée sur la base deux articles du Code Civil.
L’article 1382 stipule que «Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer».
Même si la faute n’est pas volontaire, l’agriculteur pourrait voir sa responsabilité engagée pour faute par omission.
L’article 1384 précise : «Toute personne est responsable, non seulement du dommage qu’elle cause par son propre fait, mais aussi de celui qui est causé par des personnes dont elle doit répondre ou des choses qu’elle a sous sa garde».
En conséquence, la responsabilité de l’agriculteur pourrait être engagée en sa qualité de gardien de la boue ou de toute substance répandue sur la chaussée par ses machines.
Attention, le fait de poser des panneaux de signalisation pour éviter les accidents n’est pas de nature à dégager toute la responsabilité de l’agriculteur. Mais ce geste de prévention sera pris en compte en cas de recours lors d’un accident.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Rencontres, dégustations et animations : le stand de la Somme attire petits  et grands au Sia.
La Somme à l’honneur au Salon international de l’agriculture 2026

Pour la 3e année consécutive, la Chambre d’agriculture de la Somme, en partenariat avec le Conseil départemental,…

À Mouflers, trois listes pour 96 habitants

À Mouflers, 96 habitants et certainement moins de 80 votants, remporter la mairie tient presque du concours de popularité… et…

Olivier Parcy : «Nous ne sommes pas récompensés financièrement des services que rend l’élevage à l’environnement. Pourtant, les prairies humides sont des puits de carbone.»
Olivier Parcy et ses charolaises portent la vallée de la Somme au sommet

En moyenne vallée de la Somme, une prairie fauchée des marais de Fontaine-sur-Somme a interpellé le jury départemental des…

quota sur la pêche du maquereau
Un quota sur la pêche du maquereau met le feu aux pontons

La décision envisagée par la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud de limiter à cinq maquereaux par jour…

Burger King Noriap
La « Gaufrette fries », une innovation de Noriap chez Burger King

La coopérative Noriap, Burger King France et Lamb Weston viennent de lancer un nouveau produit à base de pommes de terre…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde