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Chasse
Les appelants de la baie de Somme pris pour cible par Pierre Rigaux

Un reportage vidéo tourné en baie de Somme il y a quelques jours mettant en scène le naturaliste youtubeur Pierre Rigaux critique la manière dont les chasseurs utilisent leurs appelants pour la chasse des migrateurs, au point d’en demander l’interdiction. Président de l’association des chasseurs de la baie de Somme, Nicolas Lottin lui répond… et l’invite à passer une nuit dans une hutte « pour voir, sans se crêper le chignon ». 

Reportage sur les appelants
La chasse au gibier d'eau avec l'utilisation d'appelants est dans le viseur de Pierre Rigaux qui souhaite son interdiction.
© Brut - Capture d'écran

Comme on pouvait s’en douter, la présence du naturaliste et activiste Pierre Rigaux en baie de Somme, fin août n’avait rien d’une visite de courtoisie envers les chasseurs qu’il y a croisé. Depuis quelques jours, un reportage réalisé par le journaliste Lucas Wicky et monté par Arnaud Dallet met en scène celui qui se présente comme « lanceur d’alerte » dans une charge en règle contre l’utilisation des appelants par les chasseurs de gibier d’eau du littoral picard.

Pierre Rigaux
Naturaliste, activiste, youtubeur, Pierre Rigaux est passé maître du bad buzz en jouant la carte de la provocation.

Dans ce reportage vidéo diffusé par le média en ligne Brut, Pierre Rigaux dénonce à partir d’images prises en baie de Somme une situation qu’il qualifie « d’aberrante » pour les appelants. Il décrit des canards domestiqués « attachés sur l’eau, toute la nuit, dans des cages minuscules, sur du grillage (…) se débattant pour partir ».

N’étant pas à une imprécision près, le naturaliste croit reconnaître dans les appelants utilisés « des oies, des foulques (sic) ». Il évoque ensuite « des milliers de hutte avec plusieurs chasseurs par hutte, et donc des milliers, des dizaines de milliers d’oiseaux utilisés dans des conditions de vie misérables ». Puis après quelques minutes, Pierre Rigaux en vient enfin au but : « Il faut qu’on arrive à faire interdire l’usage des appelants. Si on interdit cet usage, ça remet en cause ce mode de chasse et ce sera tant mieux parce que c’est un mode de chasse qui n’a aucun intérêt écologique ». Tournant en boucle sur les réseaux sociaux, la vidéo d’environ trois minutes « fait le buzz » et les choux gras d’autres activistes à l’image d’Hugo Clément ou de l’association L214.

Critique et confusion

Dans le reportage diffusé par Brut, le monde de la chasse ainsi pris pour cible a toutefois droit à la parole. Celui qui a été choisi par les auteurs de la vidéo est Nicolas Lottin, président de l’association des chasseurs de la baie de Somme : « J’ai été contacté hier (le 8 septembre, veille de la diffusion) pour répondre à quelques questions », confiait ce jeudi 9 septembre M. Lottin. Pierre Rigaux ? « Je ne le connais pas, même si j’ai déjà entendu parler de la façon dont il agit. C’est quelqu’un qui est dans la provocation. Je serai ravi de pouvoir l’inviter à passer une nuit à la hutte pour lui expliquer notre passion ».

Le président des chasseurs de la baie de Somme avoue « ne pas comprendre les tensions » qui ont entouré la venue de Pierre Rigaux sur le littoral picard : « Pas mal de gens de tous horizons viennent chaque année visiter la baie. Nous croisons des touristes, des ornithologues, et nous n’avons jamais de problème de cohabitation avec qui que ce soit », assure-t-il. L’évocation de l’utilisation de foulques comme appelant le fait sourire : « Des foulques ? Il dit ça ? Pas chez nous, en tous cas. Les formes (blettes) que l’on installe en plus des appelants sur nos mares sont noires. Ce sont peut-être ces blettes qu’il a confondues avec des foulques… »

Une complicité entre chasseurs et appelants

Sans détour et avec une passion certaine, Nicolas Lottin évoque comme il l’a fait dans le reportage de Brut l’utilité des appelants et l’attention qui leur est portée par ceux qui les élèvent : « Pour qu’un appelant chante, il doit être en bonne santé. S’il n’est pas en forme, on ne l’entendra pas. Ce ne sera pas un bon appelant ». Lorsque les canards appelants sont installés sur une mare, « on les pose sur un plateau pour qu’ils puissent se reposer ». La présence de cages, enfin ? « C’est pour éviter de se les faire enlever par un prédateur pendant la nuit », précise le chasseur.

Pour qu'un appelant chante, il doit être en bonne santé, Nicolas Lottin, chasseur

Nicolas Lottin explique élever des canards « depuis tout petit », suivant une tradition familiale. « C’est énormément de travail parce qu’il faut les entretenir aussi quand la chasse est fermée… » Au fil des années et des saisons, après une sélection rigoureuse, « une complicité s’installe entre le chasseur et ses appelants. Chez moi, certains ont même un prénom », décrit le président des chasseurs de la baie de Somme : « Fonction de la manière dont ils chantent, on sait dire ce qu’il se passe sur la mare ». Des gens qui maltraitent leurs animaux, les traitent de manière rude ? « Des abrutis, il y en a partout », soupire Nicolas Lottin, convaincu « de ne faire de mal à personne ».

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