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Les betteraviers se préparent à l’après quotas

La CGB met en garde les pouvoirs publics contre d’éventuelles importations de sucre supplémentaires.

Pas question pour Eric Lainé, président de la CGB, que la contribution climat énergie s’applique au bioéthanol.
Pas question pour Eric Lainé, président de la CGB, que la contribution climat énergie s’applique au bioéthanol.
© Gabriel Omnès


Alors qu’il reste encore trois campagnes à semer sous le régime actuel, les betteraviers se préparent à la sortie des quotas en 2017. Lors de leur assemblée générale qui s’est déroulée le 10 décembre à Paris, Eric Lainé, le président a insisté sur les efforts réalisés par la filière pour améliorer la productivité, réduire les coûts de production et mieux résister à la concurrence internationale.
La Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) compte beaucoup sur le progrès génétique pour doper les rendements grâce au programme Aker, la modernisation de la réception des betteraves pour limiter les interventions manuelles et éliminer le maximum de terre.

Maintien du cadre interprofessionnel
Ceci étant, la fin des quotas ne sonne pas le tocsin de l’organisation interprofessionnelle. La négociation des volumes et des prix continuera à se faire dans un cadre interprofessionnel et le prix de la betterave sera indexé sur le prix du sucre. Il n’en reste pas moins que les prix seront beaucoup plus volatils, selon la CGB.
Pour le syndicat, la fin des quotas entraînera très probablement une augmentation de la production de sucre dans l’Union européenne. «Cette situation aura pour conséquence un probable déséquilibre entre l’offre et la demande qui pèsera sur le marché de l’Union européenne», estime l’organisation syndicale et ce d’autant plus que l’Union européenne accorde des accès préférentiels à son marché intérieur, qu’il s’agisse des pays les moins avancés (PMA) ou des accords bilatéraux de libre-échange. «Des voies d’eau» préjudiciables, estime Alain Jeanroy, le directeur de la CGB.
Ainsi, depuis janvier 2013, près de 300 000 tonnes de sucre supplémentaire en suspension de droit de douane ont été perdues dans l’Union européenne à la suite de la signature d’un accord de libre-échange avec la Communauté andine (Pérou, Colombie) et avec l’Amérique centrale (Costa Rica, Salvador, Panama, Guatemala). Pas question d’en rajouter, a averti le président, Eric Lainé, à l’assemblée générale. La CGB redoute que les négociations engagées avec les Etats-Unis dans le cadre de l’accord transatlantique sur le sucre et sur l’éthanol, ou futures avec la Thaïlande, dont la production explose (et qui est devenue le deuxième exportateur mondial) débouchent sur de nouvelles concessions.
Parallèlement, la demande de sucre pourrait se replier en Europe, en raison de la croissance de la production d’isoglucose, dont le «développement devrait rester toutefois modéré» selon Alain Jeanroy.

L’éthanol sur la sellette
Reste donc l’éthanol qui «va jouer un rôle important dans l’équilibre des marchés». Sur ce sujet, la CGB est très attentive aux décisions qui pourraient être prises aussi bien sur le taux d’incorporation du bioéthanol dans les essences que sur la fiscalité. Il y a quelques jours le président de la République s’est prononcé en faveur d’un plafond de 7 %, un seuil sur lequel le Parlement et le Conseil des ministres seraient tombés d’accord, alors qu’un objectif de 10% avait été prévu.
Inquiétude également sur la fiscalité. En effet, la contribution climat énergie qui vient d’être créée en France s’applique au bioéthanol, contrairement à ce que stipulent les textes communautaires. Il n’en est pas question pour Eric Lainé. «Je vous le dis tout net aujourd’hui… nous mettrons en œuvre tous les moyens pour faire respecter le droit communautaire et surtout éviter de voir, au titre du carbone émis, des énergies biosourcées taxées comme des énergies fossiles», a averti le président, à l’adresse de Guillaume Garot, le ministre délégué à l’Agro-alimentaire qui ne s’est pas prononcé sur le sujet. Sa seule promesse a porté sur l’engagement de la France «à maintenir le niveau actuel de la production de biocarburants» ainsi que sa demande pour que l’éthanol soit considéré comme «un produit sensible» dans les négociations avec les Etats-Unis.

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