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Bien-être animal
Les bovins ont aussi droit aux soins ostéopathiques

Sophie Fourdinier s’est lancée depuis peu dans l’ostéopathie bovine. Pratique méconnue et peu répandue, elle semble être très efficace sur les animaux de la ferme.

En aucun cas, Sophie Fourdinier ne remplace le métier de vétérinaire. Au contraire, il s'agit d'une complémentarité et d'apporter un diagnostique différent sur les problèmes des bovins. Elle exerce même en compagnie de vétérinaire.
En aucun cas, Sophie Fourdinier ne remplace le métier de vétérinaire. Au contraire, il s'agit d'une complémentarité et d'apporter un diagnostique différent sur les problèmes des bovins. Elle exerce même en compagnie de vétérinaire.
© D. A.

«Vous êtes une masseuse de vaches !?», «Une femme ? Qui masse des bovins ?» Voilà ce que l'on entend fréquemment de la part des éleveurs. Cependant, Sophie Fourdinier se bat avec ardeur pour démontrer les bienfaits de l’ostéopathie. Sous son air timide, cette jeune femme s’est installée à Avesnes-en-Bray en Seine-Maritime. Fille d’éleveur, elle a toujours voulu exercer un métier en lien avec les animaux. «J’ai passé mes concours pour devenir vétérinaire, malheureusement sans succès… Je me suis donc lancée dans l’ostéopathie pour les animaux, notamment les bovins. J’ai vécu auprès d’eux toute ma vie, ils me passionnent» affirme Sophie Fourdinier. Elle est donc partie à Rennes pour passer ses examens d'ostéopathe à Biopraxia, qu'elle a obtenu avec brio. 

Faisons un petit focus sur cette pratique médicinale : il s’agit d’une médecine ancestrale essentiellement manuelle qui est aujourd’hui couramment utilisée pour l’homme mais de plus en plus sur les animaux. Cette pratique est fondée sur l’unité du corps, c’est-à-dire sur le lien, les tensions et les blocages qui peuvent exister entre tous les éléments de l’organisme : les os, les muscles, les fascias, les organes et les tissus de soutien. Dans le cas des bovins, «il peut s’agir, par exemple, d’une vache qui boite suite à un chevauchement ; le point de départ est le dysfonctionnement d’une vertèbre lombaire, l’espace intervertébral est modifié et le nerf qui y passe est perturbé, les muscles sont alors moins bien innervés et ne fonctionnent plus normalement. Manipuler les tissus en regard de la vertèbre permettra à l’ensemble des structures perturbées de retrouver un bon fonctionnement», explique Sophie Fourdinier.

 

Une manifestation indolore pour l'animal

Les problèmes les plus fréquents  sont les troubles liés à la reproduction,  les troubles de la locomotion (des boiteries, des raideurs ou des tremblements), les troubles de la digestion (qui peuvent se manifester par des diarrhées, une baisse de production ou de la rumination), les troubles respiratoires et bien d’autres pathologies (vaches couchées, veaux qui ne boivent pas, etc). 

«L’ostéopathie bovine se pratique sur tous les bovins (vaches, veaux, taureaux, etc.), et tout au long de leur vie. Elle peut intervenir en traitement curatif ou à usage préventif. De petites manipulations permettent de lever tout un processus dysfonctionnel et il est rarement nécessaire de faire des manipulations musclées. Toute manipulation se fait de façon indolore pour l’animal et toujours avec sa coopération. Même si je préfère faire toutes les manipulations avec mes mains, une corde et un licol sont parfois nécessaires pour les manipulations des membres et des vertèbres cervicales», souligne-t-elle.

 

Un métier de découverte

Afin de venir en aide aux éleveurs, son champ d'action rayonne à 2 h autour de chez elle. «J'interviens en Seine-Maritime, dans l'Oise, dans la Somme et dans le Pas-de-Calais.» Et le résultat est au rendez-vous, les éleveurs sont plus que satisfaits des compétences et des bienfaits de l'ostéopathie. Qui plus est, Sophie Fourdinier souhaite évoluer dans le métier de l’ostéopathie en  étoffant son savoir à travers des formations. «C'est un métier rempli de découvertes et qui évolue constamment. Chaque année, je me ré-serve une à deux formations. Par exemple, j'ai suivi une formation sur les os. Ces derniers sont à la fois rigides et souples. Ils sont rigides grâce à leurs composants minéraux, mais ils sont également souples, grâce à leurs composants organiques. On peut donc trouver des nouvelles pratiques et techniques de soin grâce aux os», souligne-t-elle. Sophie Fourdinier prouve qu'une femme peut exercer sa passion  avec détermination dans un métier masculin où la force est de mise.

 

Le fascia*, kézaco ? 

Le terme fascia désigne d’une manière générale toutes les membranes fibro-élastiques qui parsèment le corps et composent donc «le système fascial». C’est un tissu tridimensionnel et continu pouvant être à la fois souple, fibreux, dense et lâche. Histologiquement, le fascia correspond à un feuillet de tissu conjonctif composé de fibres de collagène servant d’enveloppe qui s’adapte aux contraintes biomécaniques et physiologiques du corps humain. L’ensemble des fascias est en continuité et met en lien tous les éléments du corps permettant une interactivité entre les différentes structures du corps. Ainsi, ils sont présents dans de nombreux éléments anatomiques tels que : les os, le tissu adipeux, les capsules articulaires, les ligaments, les tendons, les vaisseaux sanguins, les nerfs.
Les fascias forment un continuum et un moyen de connexion avec l’ensemble de la structure. Ils s’étendent de la superficie à la profondeur et sont liés aux muscles, vaisseaux sanguins et lymphatiques, aux nerfs, aux organes… C’est dans un souci d’analyse globale et de relation d’interdépendance des structures du corps que l’ostéopathe aborde les fascias à la fois dans le diagnostic et dans le traitement ostéopathique. Les fascias permettent l’absorption des chocs, des contraintes liées à la posture, aux tensions ou encore aux dysfonctionnements articulaires recherchés par l’ostéopathe. De même, les cicatrices chirurgicales, superficielles ou profondes, peuvent créer des adhérences et entraîner des perturbations des mouvements des fascias. Comme sur chaque tissu vivant, l’ostéopathe va chercher à agir et à obtenir une réaction du fascia afin de permettre une meilleure efficacité de son action sur le patient.
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