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Les camping-caristes sauveront-ils l’agri-tourisme

Les camping-caristes devraient passer 500 000 nuitées dans notre région, dont près de la moitié dans la Somme. Une bonne nouvelle pour les agriculteurs qui accueillent à la ferme.

Parmi les activités, les camping-caristes «privilégient les visites de villes et de villages (87 %) et les balades à pied (80 %)».
Parmi les activités, les camping-caristes «privilégient les visites de villes et de villages (87 %) et les balades à pied (80 %)».
© Bienvenue à la ferme

L’appel du volant et les pédales qui trépignent d’impatience. «Après deux mois de confinement, les camping-caristes se montrent impatients de reprendre la route», assure Laurent Morice, fondateur de Camping-car Park, réseau européen des aires d’étapes pour camping-cars. En voilà enfin, une bonne nouvelle, pour la région, ses collectivités et les fermes engagées dans l’agri-tourisme, alors que l’activité touristique sera encore très encadrée cet été.
Dans son «baromètre du tourisme en camping-car au cours de la saison estivale»*, Camping-car Park décrit le camping-cariste, qui est souvent une personne retraitée, comme «un touriste prudent qui ne recherche pas les lieux les plus peuplés. Cet été, il a clairement fait le choix de rester en France et de consommer local pour soutenir l’économie française.»
Dans la Somme, la reprise de cette activités ce confirme. «Nous avons deux réservations pour ce week-end», annonce Xavier Delorme, gérant des Canards de la Germaine, à Sancourt. L’exploitation d’élevage de canards et ferme auberge, estampillée Bienvenue à la ferme, accueille des camping-caristes en plus des chambres d’hôtes. «Celles-ci sont totalement fermées et nous n’avons aucune demande pour les mois à venir. En avril, cela représente 9 000 de pertes, sans compter les achats que font habituellement nos hôtes dans notre boutique de produits de la ferme.»

«Une carte à jouer»
Ces deux premiers camping-cars sont un signe d’espoir. «Nous en accueillons environ quatre-cents chaque année, de Pâques à Toussaint.» Le stationnement est gratuit, et l’accès à l’aire de service, qui permet de vidanger et de faire le plein d’eau, est affiché à 2 €, mais ces touristes sont susceptibles d’acheter des produits, et de profiter des activités proposées à la ferme : location de poneys, de vélos, balade en calèche… Xavier Delorme positive : «L’agri-tourisme a une vraie carte  à jouer cette année, car les gens vont certainement rester en France, et voudrons passer du temps au vert.»
L’étude certifie ces propos : «cet été, 92 % des camping-caristes passeront leurs vacances en France», est-il noté. Trois raisons principales sont citées : «la fidélité à la destination France (35 %), la volonté de soutenir les commerçants, restaurateurs et artisans français dans la crise (29 %) et le souhait de ne pas trop s’éloigner de leur domicile (32 %)». En outre, 71 % accepteraient de se limiter aux départements limitrophes pour assurer un déconfinement progressif.

Une destination Somme séduisante
Et au palmarès des régions françaises, les Hauts-de-France s’annoncent comme la dixième destination des camping-caristes avec 3,2 % des intentions de vacances, derrière la Bretagne (19 %), la Nouvelle Aquitaine (17 %), l’Occitanie (16 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (14 %), la Normandie (7 %), les Pays de la Loire (6,5 %), la région Paca (6,4 %), le Grand Est (3,6 %) et la Bourgogne-Franche-Comté (3,4 %). Dans notre région, les camping-caristes affichent leur préférence pour la Somme (43 %), le Pas-de-Calais (27 %), le Nord (20 %), l’Aisne (5 %) et l’Oise (5 %).
Quand partiront-ils ? «Les camping-caristes français prévoient de partir très majoritairement en juin (71 %) et en septembre (85 %), et à un degré moindre en juillet (55 %) et en août (53 %), répond l’enquête. Cette tendance est plus marquée cette année afin, sans doute, d’éviter la foule en cette période post-confinement.» Quant à la durée de séjour, les camping-caristes partiront majoritairement entre trois et six semaines. De quoi profiter à fond des plaisirs qu’offrent les Hauts-de-France. Parmi les activités, ces vacanciers nomades «privilégient les visites de villes et de villages (87 %) et les balades à pied (80 %). Viennent ensuite les visites de musées et de sites du patrimoine (64 %), les balades à vélo (64 %) et l’achat de produits du terroir (59 %)».

25 M€ en région
L’étude fait ressortir une prévision de 16 millions de nuitées entre juin et septembre 2020. L’apport économique des camping-caristes à l’économie française au cours de la saison estivale est ainsi estimée à environ 800 millions d’euros. En Hauts-de-France, la prévision de 500 000 nuitées permettrait 25 millions d’euros de retombées économiques. «Un couple de camping-caristes dépense en moyenne 52 par jour : 40 pour les acteurs économiques locaux et 12 pour l’hébergement», est-il précisé.

*Ce baromètre a été réalisé du 1er au 22 avril auprès d’un échantillon représentatif de 7 600 camping-caristes français.

Bienvenue à la ferme : accueil aux petits oignons
254 exploitations françaises Bienvenue à la ferme proposent d’accueillir les camping-caristes chez eux. Toutes assurent «un accueil convivial de l’agriculteur ou d’un membre de sa famille, de vastes emplacements (35 m2 minimum), aménagés sur un sol stabilisé, dans un cadre de verdure protégé et ombragé à proximité du siège d’exploitation, ainsi que les équipements nécessaires à la vidange des eaux et à la recharge des batteries.» Poubelles, containers, tables et bancs de pique-nique sont généralement disponibles.
Dormir à la ferme est aussi (et surtout) l’occasion de découvrir le milieu agricole. Dominique et Xavier Delorme proposent une rencontre avec les animaux de la ferme : «émerveillez toute la famille et retrouvez votre âme d’enfant en caressant les chèvres et les poneys ou en leur distribuant de la nourriture. Baladez-vous à votre rythme au milieu de nos animaux ou profitez-en pour vivre un temps privilégié avec nous», écrivent-ils sur le site Bienvenue à la ferme.

En chiffres
500 000 camping-caristes français
16
millions de nuitées entre juin et septembre 2020 en France, dont 500 000 en Hauts-de-France
800
M€ de retombées économiques en France, soit 25 M€ en région
52 € : c’est ce qu’un couple de camping-caristes dépense en moyenne chaque jour, dont 40 € pour les acteurs économiques locaux et 12 € pour l’hébergement
2
mois préférés des camping-caristes : juin et septembre

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